‹ Histoire de la RestaurationChapitre 249 sur 256 · LIVRE XIX. — LA REVOLUTION DE 1830. 49D · texte numérisé non relu

LIVRE XIX. — LA REVOLUTION DE 1830. 49D

avait aimé y mais il ajouta que ses ministres avaient été encore plus imbéciles que perfides; qu'il cédait à la nécessité qui avait obligé depuis six jours à tant d'actes précipités; qu'enfin il devait vouloir le salut de la France. Ce discours leva bien des scrupules. On remarqua parmi les adhérents le duc de Mortemart.

Cependant Charles X poursuivait sa route vers Texil^ n'ayant sauvé que sa dignité du naufrage de sa couronne. A Maintenon il s'était séparé des troupes et n'avait gardé qu'une escorte. Il voyageait lentement, accompagné par le maréchal Maison et les commissaires. Il semblait, comme Napoléon en 1815, prêter l'oreille au bruit espéré d'un mouvement en sa faveur. Mais aux respects témoignés d'abord à l'infortune de la famille royale se mêlèrent bientôt quelques manifestations d'une autre nature. Les gardes nationales du Cotentin étaient très-animées contre Baguse et Polignac. Â Yalognes, le Roi dut faire ses adieux aux gardes du corps qui l'avaient suivi. Le cortège trèsréduit s'embarqua le 16 à Cherbourg sur deux bâtiments américains, frétés, par le capitaine Dumont d'Urville. Charles X se fit conduire en Angleterre à Spithead.

Sur les sept ministres signataires des ordonnances, trois, Montbel, d'Haussez et Capelle, avaient réussi à gagner la frontière. Les quatre autres avaient été arrêtés et emprisonnés, Polignac à Saint-Lô, Peyronnet, Chantelauze et Guernon-Ranville à Tours.

Les puissances n'avaient pas encore eu le temps de reconnaître le nouveau gouvernement, mais cette

reconnaissance avait été habilement préparée, et Ton pouvait préjuger leurs dispositions par celles de leurs représentants à Paris.

La révolution de 1830 était consommée. Le règne de Louis^Philippe commençait. .

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