IM
» l'obéissanoe de leur légitime sonveniiii; 3* paroe qq^
» désirable, ne serait propre qaHi f éloigner encore da-
» vantage; enfin, 4* parce que des sujets rebelles, qui » peuvent d'un moment à l'autre se donner la paix, et » assurer leur parfaite tranquillité pour les temps à » Tenir, en acceptant le rétablissement de leur ancienne^ » constitution, sous la garantie des puissances mariH- » mes. et parbite amnistie pour le passé, n*ont pas be- 9 soin d'un armistice. »
Lorsque les premières conférences eurent été ouvertes à Reichenbach (17 juin), M. de Hertzberg fit ce qu'il put pour les entraver par son opiniâtreté à demander que la Prusse obtint la cession de Dantsig et de Thom, cession pour laquelle la Pologne eAt obtenu de rAutriche la rétrocession de la Galicie, et l'Autriche elle-même eût conservé Belgrade, Orsowa et la partie de la Croatie enlevée aux Turcs. Quant aux Pays-Bas, M. de Hertzberg demandait que Léopold leur accordât, outre Famnistie promise, leur ancienne constitution, pourvu que le peuple rentrit de bon gré sous la domination de ^ TAutriche, selon le conseil que le roi de Prusse lui donnerait ; l'ancienne constitution serait alors garantie par les deux puissances mari^ime^ et par r{)mpire^ a^qii^l le cercle 4^ Bourgogne appartenait. Ces propositions furent combattues avec chaleur par les négociateurs autrichiens; non-seulement ils ne voulaient pais favoriser un accroissement de la puissance prussienne, maïs ils craignaient aussi d'irriter Catherine II; ils soutenaient enfin que l'article des préliminaires l'elatif aux Pa]f8-Bas devait être entièrement supprimé, parce qu^ les agiras de c^ pmiims étaient m dehors du sujet
des négociatiœis.
Tandis Léopold cntanait me oomapendoioe dipeote avec le m de Prusse, il avait ouvert aussi «ne
négociation séparée avec rAnc^leterre. Il obtint le concours du cabinet de Saint-James en insinuant qu'une guerre malheureuse le fôrcerait à abandonner h la France une partie des provinces belges pour qu'elle l^At à recouvrer le reste* Frédérie-Guillaume, se voyant alors menaeé de perdre Tappui des puissances maritimes, donna Tordre formel à M. de Hertzberg de terminer les négociations dans le sens indiqué par l'Angleterre. Cette injonction tiàta le dénoument du eongrès.
Le 97 jutUett les plénipotentiaires des diffireates cours convinrent d'un armistice entre rAutriche et h
V Porte Ottomane, fondé sur le strict état de possession avant la guerre. Cette convention , rédigée sous forme de déclaroUioriy séparait entièrement la question des Pays-Bas de f^lle de Tarmistioe; mais Frédério-GuUlaume promettait qu'il continuerait d'agir toujours do concert avee ses alliés dsns tout ce quHls décMmient à régard des provinces belges.
Or le$ plénipotentiaires d'Angleterre et de Hollande avaient garanti un engagement conçu en ces termes i « S. M. apostolique est disposée à accorder à ses sujeU » belgiques une amnistie générale, ainsi qu'à leur foire » quelques concessions qui n'altéreraient pas essen- » tiellement la constitution telle qu'elle a été lors du » commencement du règne passé, mais le tout, daniç 1$ » cas seulement qu'ils rentrent de bon gré sous la do^ » mination de leur légitime souveraini qu'au contraire. » ces dispositions favorables de S. H* sipo^tolique a » leur égard demeureront sans aucun effet, et qu'elle se » bornera uniquement à conserver la constitution des
» provinces respectives, si, contre toute attente, ils la » mettaient dans la nécessité indispensable de les forcer
V à l*obéissancey moyennant les troupes que Sa Majesté » fera mettre en marche, afin de donner plus d^effica* » cité aux mesures conciliatoires que les trois hautes » cours alliées voudront bien se prêter à exécuter sans » perte do temps, et de prévenir, par là même, l'emploi » de la force que la bonté de Sa Majesté n'envisage
V qu*avec regret. » De son côté, Léopold dut promettre à Retchenbach de conclure une trêve avec les Turcs, d'entamer, par la médiation des puissances maritimes, des négociations de paix, dont la base serait IVtat de possession avant la guerre, et de donner un équivalent à la Prusse, si la Porte Ottomane lui foisatt à lui-même quelque cession. Il s'engageait aussi à ne prêter aucun secours à Catherine II, dans le cas où les efforts qui seraient tentés pour conclure la paix entre la Russie et la Porte resteraient sans succès (i). Lorsque cette eonveutiott eut été signée, Léopold se hata d'en proliter pour récupérer la Belgique et pacifier la Hongrie : une armée de trente mille hommes, sous le commandement du feld-maréchal Bender, reçut ordre de se diriger vers
■ le Luxembourg, et soixante mille soldats furent cantonnés dans les environs de Bude.
La convention de Reichenbach, conclue à Tinsu des Belges, de même que le traité du 10 janvier, fut Tarrêt
(I) Après la suspension des hostilités, il s'écoula encore on an avant la réconciliation définilive de l'Autriche et de la Porte; la paix ne fut conclue ù Szistove que le 4 août 1791. Par ce traité, I.éopold renonçait h toutes ses couqiiùlfs, ne gardant que Chuczim et son territoire, h titre de dépôt, jusqu'à la conclusion de la paix outre la Russie cl la Porte. Dés le 11 août 1791, des préliminaires furent arrêtés entre ces deux puissances ; ils furent suivis d'uo traité délinilif , signé k Jassy, le 9 jau- Tfor 179».
de mort de leur révolution , car le parti dominant n'avait plus dès lors aucun appui. La défection de la Prusse e( de la Hollande était due non-seulement à raseendaut de la Grande-Bretagne» qui voulait sauver rëquilibre, mais aussi à des négociations mystérieuses, à un système de compensations réciproques. — Faites nos affaires aux Pays-Bas, avait dit le baron de Spielmann à Tambassadeur de la république batave, et nous fenms les vôtres* — D'après cette invitation, Tamba^ . sadeur hollandais demanda, entre autres» la reslitutioa des forts de Lillo et deXiefkenshoek et le renouvellement du traité de Vienne de 1731, relatif à la compagnie des Indes. Sur le premier point, le prince de Kaunitz répondit gracieusement (4 août) que si la négociation confiée à Tintervention amicale de la république avait une Issue favorable, pour les intérêts de Pempereur, celui-ci serait disposé à entrer dans un arrangement propre à réunir la convenance et la sûreté parfaites des deux parties. Sur le second point» M. de Kaunitz fut plus explicite : a Pour ce qui regarde le » commerce des Indes orientales» disait-il» les excep- » tiens qui avaient eu lieu à cet égard depuis quelque » temps provenaient de la persuasion que les intérêts » actuels des compagnies anglaise et hollandaise, non- » seulement ne pouvaient être compromis par Texis- » tence d'un commerce direct des Pays-Bas aux Indes» » borné tant dans le nombre des vaisseaux que par » Tabandon de toute vue d^établissement territorial, » mais qu'ils pourraient même retirer quelque avantage • » d'un pavillon neutre et ami dans des circonstances » de guerre maritime; mais que, si toutefois on s'était » absolument trompé dans cette idée, S. M. apostolique » se porterait volontiers à satisfaire les désirs des deux
— iM —
» puissances maritimes sur cet article. » Les puissances étaient aussi pleinement rassurées quant aux mesures de répi^ssion annoncée» par Léopold. Cesl ainsi qne M* Van Reede éerivaii an §fmé piensieBoalre de HoHasde qàSm des enwféê antriehieDs l*avaîi asaiiré que son maître n^avait attoun reasentiment contre les Belges; que, s'il ne voulait pas accorder d^armistice, et que s'il faisait avancer des troupes, c'était purement une affaire de dignité; d\in aMtre côté^ ajoutait M. Van Hfiede» le diplenale aoIrioliieB awl si bien eonpiria quVtt ne povtait pas négocier avec suooës en se bat^ tant, qu^l avait promis, dans le eas où les négociations s'entameraient de la part de la Hollande, que le roi» par un billet à M. de Bender, lui ordonnerait de sua« pendre les hostilités.
CUAPITBfi V.
LA COLLACË (iAND.
(bbpom lb iê mm hmqu'a» i3 amt.)
Efforu foaY«rMiaaii btlgtyowr nffcfmir «t éMolMliM. — MmI»
festalioiis populaires. — Les états de Flandre et la bande imfnrmlê,
— Organisation démocratique arrêtée par la collace de Gaïul ; opposition des <*lais; émente; trioraphe de la collace. — Les élats de Flandre veulent faire transférer ie duc d'Ursei h Bruxelles « il r<t délivré par les volontaires de Gand ; sa protestation au siycl dos traitements barbares qu'il a éprouvés. — Réorganisation du dépiirtement général de la guerre. — Ordonnance des élats de iJrabant conli-e les bandes infci nales. — Situatron de Tai'méc; suecès obtenus par la ««Poulie de Kœiiler ; désastres de Taile gauebe. Les Avlrf^ èbieos se rendent aaltres dn Umboerg. — Dnaonries vient en Sel* giqae; ses projets. — Déelaralion de rissemblée national* de Franee
- M sa)rt dn pêÉgtBgt de» trMipeft anirldiienne» par Givel. — te «6ii- Ifrii liè^ CM f nfdtwS dies néselatioBs d« eoiigrte de ReiîBlwnbtdi.
— Dans sa ]^erpleiité, il s'adresse siniullanéinent à ia nation, aurtfî de Prosse et an général La Fajrette. — Van Eupen à La Haye; détails snr son entrevue avec le grand pensionnaire de Hollande. — Négoeîatïôns entre les démocrates réfugiés à Lille et la cour de Vienne; sentiments de Vonck. — Le cx)ngTès belge décrète \tn ewprunl foiré de dix millions de florins cl fait battre monnaiCk Convocation de députés extraordinaires ù Bruxelles.
Les r^vcfrs àa tobi% de ittài, joints aux mouvemenU
des démocrates, avaient sérieusement alarmé les hommes qui s'étaient emparés du pouvoir en lielgique; mais bientôt its avaient repris courage et employé tous tèol^ éfforts pour raffermir leur domination ébranlée» Cne circalaire du 28 juin» émanée des «Mb féMVMUU
enjoignit aux assemblées provinciales de faire prêter par leurs membres, par mi\ dos conseils de justice, par tous les magistrats et officiers , le serment d'observer le traité d'union» Queiques jours auparavant (46 juin) le 'congrès avait publié ime dédaralion pour démentir le bruit que Ton négociait un accommodement avec le roi Léopold : « Le congrès, disait-on, D toujours ferme dans ses principes, et plus inviolable- » ment attaché que jamais à Tamour de la patrie, » de rindépendanee et de la Uberlé, croit convenable • » de désabuser le public à cet égard* et de déclarer » hautement que ces bruits sont faux et calomnieux, » enfantés par des séditieux et traîtres à la patrie, » pour ralentir le zèle patriotique des braves volon- » taires, et de tous ceux qui se dévouent si héroïque- » ment au maintien de notre indépendance, et que, » loin de songer à s'occuper d'une réconciliation si » destructive de notre liberté, il ne cesse et ne cessera > d'employer tous les moyens de vaincre nos ennemis, » et mettra tout en œuvre, afin de procurer à la nation a le bonheur qu'elle doit attendre de ses efforts et des » fruits de ses travaux (I). » En effet, tous les moyens étaient mis en œuvre pour envenimer la haine du peuple contre les Impériaux. De son côté, le département de la guerre avait publié récemment une décia-
(1) Voici une autre proclamalion , répandue dix jours avant Touvcrturc des coufcrcnccs de Reichenbach. « Extrait d une lettre ministcricUe dt BefHn, 11 est arrivé ce matin une «starctte au congrès souverain , «m risr4tlil#nmiv«lle , que S. M. prusiiwiiie, infomée des «ireiasUooes de la journée da S8 du noie de mi derâier» avait dooBé ordM an général Scblieffea , de oMTcher avee ses troupes vera nos frontières. Des lettres partienlières portent que ees tronpes sont an nombre de 7,000 konmns « qu'elles sont déjà en mon? ement , et qu*oa fait des magasins sor noa frontières. «
ration constataut qu'uu capitaine autrichien avait pro« mis à ses soldats que, s'il avait le bonheur de les eonduire à Nivelles, il leur fertil mnger des hosiMB en guise de pain de flKnrition (4). Cette nenoe était
rendue publique « pour donner aux habitants des provinces de rUnion une idée des horreurs, des impiétés et des exécrations auxquelles ils seraient exposés, si les AstricWens rentraiffiii dans le paya. » Om exhortait en conséquence tons les bons citoyens, an dom de la re* ligion et de la patrie, de s'armer pour la défense de leurs foyers, et de se résoudre à mourir plutôt que de retomber au pouvoir de leurs ennemis. Cette dernière proclamation contribua surtout à soulever les campagnes, à faire remplir les listes de souscriptions nationales, à provoquer l'envoi de dons patriotiques au congrès. Presque chaque jour on voyait arriver à Bruxelles plusieurs milliers d'hommes, la plupart bien armés, à pied ou à cheval, pour rendre hommage aux étals et se mettre à leur disposition. <c Le 9 juin, lisonsnous dans im journal du temps, le chapitre d*Anderlecht, le curé et les gens de loi, avec plus de quinze cents villageois armés, arrivèrent à Bruxelles au bruit d'une musique militaire; un char de triomphe, attelé de six chevaux, était au centre de la troupe; des eniants superiwment vêtus portaient différents emblèmes: Tun^ an milieu du char, tenait un bAton, au bout duquel était le chapeau de la liberté; un autre élevait le portrait de Van der Noot ; un troisième tenait les armes du Brabant; mais le principal ornement du char était un Christ qui en dominait la partie supérieure.
(1) Ce propos aUribuc au capitaine KctclbuUer, da régiment de Wurtemberg , fui dénoiti. . r- •
Quatre petits canons de carton doré étaient au bord du càar, et quatre eafants habillés en volontaires, ayaai nk le tm âox canons, une pluie de louis d'or en Mft fortia Mi lira de boalel»; c'est au dm que bit la fmnmé prar racq Msitira de quatve cmoos. Les villageois d'Ohain, de Duysbourg et de Tervueren, avec ceux de Yossem et de Nereyssche , au nombre de àfiOO hommes, tous bien armés et exercés, ont égaie* ami mérité les appbadiaseBients de la ville. — Les idUageois dt SMâl-lossfi4oii*Noode H d'Ee^enhove* M BSfldm de 2,0M hommes Meii eiseneés, leurs s»« gseurs et leurs curés à la tétc, sont aussi venus offrir leurs secours aux états et au congrès. — En6n plus de di& mille de ces bons et vàiiiaots villageois ont ïïmafH la «iile de kart aoofamiatimM et de leurs crie 4e: WîumUkÊiêatSf nhe k €ongrè$ se ue e r a la , ctte H m H
L'enthousiasme patriotique n'était pas moins grand dans la plupart des autres provinces. C'est ainsi que rassemUeeproviaciale^iu Uaina ut adopta à cette époque des aMisaresdigaee des répuUîqaes de l^antiqoité : die décuéta» le M jaui» qa^mi mgistre semit oafert poar y kisefire les aeois des citoyeos qui eurent bîea mérité de la patrie, soit en la défendant par les armes, soit en Taidant par des dons ou par d'autres actions généreuses ; les ocaas de ceux ifui aéraient perda la vie pour tai défease de lear pays seraieni <^leBieat îascrits dus es VBffùsn^ aaee la dite et le geare de lear nert , et 00 devait «B fermer en outre un tableau paiticnlier ; à ravenir il ne «erait accordé aucune grâce ou distinctioUy aucun emploi, sans consulter ce registre, pour jecoonaltre les services reodjis fs^ les a^piiaats on par leurs ancêtres dans la présente .léwehitîeB; leae
les ans on célébrerait la fête du recouvrement de la liberté et le registre dûtti il est question ci-dessy^ serait alors exposé aux yeaxde tous lescîtojeas; enfa lorn les nmlNres des étals devaient immeltre qu!ib sacrifieraieoty an besoiiiy leors biens et lenr m pour maintenir rindépendance du pays. Les habitants du comté répondirent à l'appel de leurs représentants; Binche, Soignies, Atb, Ënghien, Braine-le-Comtet Saint-Ghislain, tous les villages du plat pays, enroyè* rent leurs liabitants à Mons pour téon^iier de lenr déTOoement à la patrie et pour engager les états s'emparer définitivement de la souveraineté (1). Mais l'assemblée resta fidèle à son manifeste du 21 décembre, c'est-à-dire qu'elle continua à exeroer prammir^ wient Tautorité suprême dans la provinoe.
En Flandre, les états» encore étourdis par la réoento entreprise des démocrates à Gourtrai, semblaient crain* dre une nouvelle attaque et se tenaient sur leurs gardes. Une ordonnance du 15 juin fit connaître que les fugitifs, qui se tenaient en France» projetaient une seconde tentative et faisaient recruter, sur les fro»» tières^ des gens crédules, pour prendre les armes contre leurs concitoyens; voulant intimider les malveillants, les états déclaraient coupables de haute trahison tous ceux qui avaient pris les armes contre la république ou qui avaient engagé les autres à le faire : ils devaient être punis de mort; en outre, une prime de cent écus était promise à ceux qui dénoncerment aux magistrats, dans les huit jours, les noms et de* meures des personnes qui s'étaient mêlées directement
(1) VMé DQThtar ftil «nonni €dal ^ OMibtttU «vee It plut d*4Birgfo k oondmion da intnifetto du Htinant.
ou indirectement à rinvasion du 28 mai. Quelques jours après (26 juin), on répandit le bruit que les hommes recrutés par les vouckistes étaient des vagabonds, des bandite, des Tolears, qui ameut formé le projet d^nc«Bdier les fermes el de massacrer les bons pairie* tes. Les états s'attribuaient la gloire d^avoir dispersé cette bande infernale : plus de deux cents ont été faits prisonniers, disaient-ils, quelques-uns pendus, d'autres fouettés et enfermés dans la maison de force. Ils annoncèrent néanmoins qne les ennemis devaient encore faire one tentative avant le 14 juillet» Jour ou les Fran- ^ çais, en consolidant leur liberté dans la fêle de la fédération, enlèveraient tout espoir aux Autrichiens (1). Les fidèles citoyens étaient requis en conséquence de veiller avec la plus grande attention jusqu'au 14 pour repousser les blmdes de pt<lait<i| si eUea osaîe^ senter.
Cependant la lutte entre les conservateurs et leS démocrates n'avait jamais été plus vive dans la Flandre, et elle avait pour théâtre la ville de Gand môme. Le 96 juin, la coUaee avait publié un projet d'administra- v. tien, en trente-sept articles, calqpé sur lesthéories^des ^ publicistes français les plus avancés.
(I) Ce projet , imaginé par quelque cerveau brûlé ou par quelque espion aux abois , se trouve expliqué plus clairemenl daus une brochare tie 9 pages iu-S» ayant pour titre : «« Copie d'une lettre authentique, écrite de Lille, le 26 juin 1790, à un grand personnage à BntaelUê , iur la découverte d'tm projet d» eontr* wiv ol uii éH en frame et -m Brabam, pvt Im pattiotêê hoOanâÊk, la •rUtœraln françttiê, let défMcraUê brabançons, «ont le eomeil de Vienne éloMi à Pans aam TWIerie*. > b*aprè8 les co&fldrnee8 faites à Vwlm de celte lettre , on anit la eerlitade polHiqoe qo^one fois la naison d*Aotriche rétablie dans les Pays-Bas » la ctitre-riroliitloB an .Franee ne liendrait à rien*
/ Tout pouvoir» disait rassemblée gamtoise, réside ori« ginairemeot dans le people. Tons oeox à qui k peuple confie le pouYoir de gouverner la répaUiqne sont de simples mandataires du peuple et partant ses comptables en tout temps. Le peuple gantois a le dj oit essentiel et exclusif de s'administrer par ses représentants, légalement établis» et de disposer dn régime intérieur de la ville. Par conséquent» il appartieni à la coUace» qui re^ présente le peuple de Gand, de nommer le magistrat et de lui prescrire les conditions et les réserves que réclame le bien-être de la cité. — Voulant user de ce droit, l'assemblée démocratique décrétait ensuite que le magis^ trat de Gand serait renouvelé tous les ans» an mois de juillet^ par la cdlace; que treiie citoyens notables ipoûrterg) de la ville» âgés de trente ans et jouissant d'une réputation intacte, seraient nommés échevins du banc supérieur ou de la heure, et treize autres citoyens, réunissant les mêmes conditions» seraient nommés écbevins du banc inférieur on des pareham; que ces personnes seraient rééKgibles tous les ans; qne le magistrat aurait comme autrefois la direction de la police» ainsi que l'administration de la justice locale et des finances, mais non le droit de promulguer ou de révo- .quer des ordonnances politiques» sans le consentement • exprès de la coUace; que» pour remplir les charges de la ville» tant celles qui étaient à la disposition dn cidevant souverain que celles qui étaient k la disposition du magistrat, la collace proposerait trois candidats» parmi lesquels le magistrat en choisirait un sans délai; que tous les fonctionnaires de la ville, y compris le grand bailli » jureraient fidâité au peuple et à la commune de Gand; enfin, qu'à paiitir de Tan 1792» on procéderait tous les deux ans» le premier diman*
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cbe de mars, aa choix d'une nouvelle collace (I).
Celte ordonnance alarma vivement les états; ils en* joignirent le même jour aux éohevins de continoer leur service jusqu'à ce qu*il fût constaté que la coUaee avait
le pouvoir de renouveler la magistrature de la cité; en même temps, ils publièrent une circulaire qui contestait à la collace le droit de faire l'ordonnance d'organisation de la magistratare mnnioiiAle; on se fondait non-aenlement sur la concession Caroline, anak aussi snr nn placard dn 15 septembre 47K5 qui défendait d'établir une corporation quelconque sans TautorisatioQ du souverain. Or rassemblée provinciale avait déclaré elle-même antérieurement que la concession Caroline était entachée de tyrannie, et, d'un aut^e côté» b sonvorain avait été frappé de déchéance. La coUace répondit dans ce sens, en offrant d'ouvrir des conférences pour vider le conflit, ou de s'en rapporter aux tribunaux. L'assemblée provinciale refusa l'un et l'autre et se plaignit amèrement de l'expression « représentants provisoires » qui se trouvait dans la r^mse de la coUace et qu'elle biffa avant de mettre le document dans ses archives. Au surplus, les états de Flandre « suivant l'exemple de ceux de Brabant » avaient déjà usé de toute leur influence pour appeler, les masses ignorantes à leur secours; bientôt Gand olErit le même spectacle que Bruxelles. On voyait ao« courir, oonduits par leura curés ou leurs vicairas, les bons paysans flamands; plus de trente mille arriviipeaft le même jour ponr rendre hommage aux états; et cet exemple fut suivi par les volontaires d'Ypres et de Bruges* Le magisttat du franc de Bruges eovoya mémo
(1) Koy. dmi Im MMm éê r«MilMt éê BmtàUê, t. XI ; me ■tUesde M. Hmwmi inr la «oUtee.
an curés de son ressort une ivalructioii pour engager tous les kabitaiito c à se lier exchiahreiBeiit, par aer* » ment de Mëké, h lenrs hantes finiasanoet lea étata
» d'Oost-Flandre, comme vrais représentants do pen- » pie; à s'obliger, de plus, à ne jamais coopérer direo ji tement ni indirectement à quelques coupables com- » plots, cabales, conspirations ou coiyuratious» tendant 9 à déprimer, diviser ou annuler le suprême pouYoir w de leursdites hautes puissancea, les arigneura étata» » ou à substituer aux anciennes lois constitutionnelles » de la patrie, de nouveaux règlements dirigés vers la » subversion de la religiou romaine, catholique et apos* » toUque, et de la constitution de FÉtat. » G^te for* mulOt que Fou dirait empruntée au moyen Age, Ait aignée par un nombre immense d'babitanta. Du reste, la presse conservatrice n'avait pas de termes assez forts pour stigmatiser les nouveaux vonckistes, a Nos sei- » gneurs les états, disait VAmi des Belges^ sont les seuls » et légitimes- représentants du peuple. Quiconque B oaerait récuser ce principe incontestable serait par » Ik même félon et criminel de lèse^répubKque. > Malgré ces démonstrations et ces menaces, la collace, appuyée par la majorité des Gantois, se montrait inébranlable; le peuple finit même par se lasser de Tobstination des étata et se souleva en faveur de Taa^ semblée démocratique. I^a 83 juillet, le lieu d# ita aéanoea' fut envahi (1), et ceux qui conduisaient lea ^ insurgés, un boulanger nommé Van de Yelde et deux négociants, déclarèrent que la bourgeoisie s'impatientait du refus que faisaient les états d'ouvrir des confé^ renées et qu'elle rédamait b publication immédiate de
(1) La collacti se réunissait au marché au Vendredi dans le bÀliment conna sous le nom d« CoUaHê-Zoiâêf.
Tordonnance d'organisation. La collace assura que les conférences devaient commencer incessamment et parvint ainsi à éloigner la multitude; mais la nouvelle arriva presque aussitôt que les états persévéraient dans leur refus. La eoUace, poussée k bout, répliqua qa^dle ne répondait pas des conséquences de cette obstination et résolut de s'entendre avec le magistrat seul. Mais il était trop tard. A peine les commissaires des deux partis avaient^ils ouvert h séanœqn'nnefonle immense^ beaucoup plus menaçante que le matin» reflua vers rhôtel de ville; elle avait à sa téte les mêmes orateurs. Bientôt on fut obligé d'ouvrir les portes de l'hôtel au peuple irrité et de lui promettre que tout s'arrangerait à son gré, s'il voulait attendre quelques jours. La foule s*7 refusa hautement : « La volonté du peuple, criailon , est de voir publier Torganisation sans délai. » Les états, qui se trouvaient aussi réunis à l'hôtel de ville « ne pouvaient songer à repousser la force par la force; ils n'en avaient aucune à leur disposition. Obligés de céder, ils donnèrent d'abord un acte par lequel la • coUaoe était autorisée à renouveler le magistrat selon son bon plaisir. Hais cette concession était insuffisante: € Il faut que l'ordonnance d'organisation soit publiée, » répétait la foule Les états durent la satisfaire; l'ordonnance tant désirée fut alors promulguée solennellement au perron de l'hôtel de ville et le boulanger Van de Velde, couronné de lauriers , fut conduit en triomphe par tonte la cité à la lueur des torches, m son des cloches , au bruit du canon , et aux cris de : Vive la collace! vive le tiers état! Le lendemain, la col- • lace renouvela le magistrat, d'après le mode prescrit par Tordonnance d'organisation, et peu de jours après, elle envoya six député aux états de Flandre.
étals avaient plié devant leurs adversaires, mais en se promettant de les humilier à leur tour. Pendant la nuit même qui suivit cette journée tumultueuse* leur colère tomba sur un des chefs du parti démocratique, sur le duc d'Ursel. On a vu que ce seigneur» amené de force à Tabbaye de Baudeloo» avait été Tobjet de poursuites criminelles. Pendant cinq semaines on eut recours à tous les moyens pour le trouver coupable; mais le conseil de Flandre, ne pouvant y partir et honteux peut-être de tremper dans cette procédure inique, rendit enfin un arrêt qui déclarait le duc libre. Les états ne respectèrent pas cette sentence ; de concert avec ceux de Brabant , et sous le faux prétexte du repos public et pour des raisons parti" culières et secrètes à eux eofMUtei, ils défendirent la publication du jugement rendu par le conseil et ordonnèrent aux vol<»tatre8 » chargés de la garde du prisonnier, de l'epousser la force par la force, dans le cas où Ton voudrait rompre son arrêt ou coopérer à son évasion. Le duc resta donc emprisonné clans Tabbaye; mais sa captivité devint moins dure» car il lui fut permis de vivre avec sa famille qui l'avait rejoint. Cependant le déni de justice , dont était victime lliomme qui avait fait les plus grands sacrifices en faveur du pays , avait indigné les démocrates de Gand. Pour étouffer leurs murmures, les états, ajoutant la lâcheté à tous leurs autres torto» résolurent de foire transférer leur prisonnier ^ Bruxelles, où la populace fanatisée demandait sa tête. Cinquante séides, conduits parle député Elias et par le baron Coppens, sont chargés de consommer cette trahison. Pendant la nuit du 22 juillet, ils montent à l'appartement du duc et lui notiiient Tordre des états. Le duc répond qu'on ne remmènera que mort;
qu^îl nhm mkm mourir dans cette chambre, en se défendant, que de la main des vils assassins qni l'attendent sur la route de Bruxelles. Les larmes, les cris de la duchesse et de ses enfants, rîen nVmeut les séides des états ; la duchesse tombe évmiome ; Coppens l'écarté brutalement et s^afance vers le duc. Celui-ci met répëe li la flEiain, maïs il est aussitôt eutouré, tratné par les cheveux sur les escaliers, et jeté meurtri, sanglant et presque nu dans une voiture que l'abbé de Baudeloo avait fait préparer secrètement (i). C'en était fait (Mrobablement du duc d'Ursel si les volontaires^ avertis k temps de soa enlèfenent» ne s'étaient hâtés de fermer les portes delavi]le,etii*avaientforeé€oppeiisà ramener sa victime à l'abbaye, et les états à exécuter l'arrêt du conseil. Redevenu libre, le duc dénonça luimême au public cet attentat sans exemple. Cette protestation, adressée le 18 août de Douai aux états de Ffaindre» était conçue en ces termes : « le n'examinerai » pas à présent, messieurs, si le congrès et les états » de Brabant ont suscité la persécution inouïe et les j> traitements barbares que vous m'avez fait éprouver; 9 il Sttflit que vous en ayes été les exécuteurs; et vous » en répoodreac (S). Le manifeste de la Flandra, qui s rappelle les infractions dites à la constitutioii par la » maison d'Autriche, depuis trois siècles, n'en a pas » pu citer une de cette nature; et vous, messieurs, » *vous êtes au bout de six mois devenus plus entrepre- » nants. J'ai quitté ma patrie, tous mes amis; et même *
(1) Koy. le Mwrfynhgê Mgifu», p. 80.
(2) En 4791 te due présentti ta oonseil de Flandre une reqoéla tendant à faire condamiier les membres des étals, doDt il avait à se plaindre, à lui payer à iUrt d^tmmide honorobU, âne aomma de 300«000 florins.
» les députés des états, instruits de$ eonpkits qn'on
D ne se lassait pas de faire contre moi , m'en ont vive- » ment sollicité. Ainsi, un citoyen qui a rendu des » services à sa {Mairie» qui Ini a sacrifié son état et le 9 fniil de toute sa vie* ne trouffepliisde «écurilédans 9 votre province, et est réduit à la dierdier aiUenrst » Ainsi, quoique je fosse sous la protection des lois, » et sous la sauvegarde du peuple, je n'étais pas à » Tabri de vos violences! Est-ce là , messieurs, la con- » fiance que vous voulez inspirer aux iiabildots. et i|ue » vous ordonnez aux curés de prêcher à leurs fmrois^ . » siens? Vous prétendez illustjrer voti» administeation» » en écartant ceux qui se sont toujours montrés zélés » à défendre les droits du peuple, et qui ont le plus » d'intérêt à la prospérité du pays. Puisque je suis » échappé à vos peiwutions» puisque vous agaves pu » étouffer ma voix» je la ferai encore entendre; vous » n'avez rien respecté à mon é^^ard» et moif je «'éparip » gnerai rien pour me procurer la r^ration qui n'esl j> due, et pour développer votre conduite aux yeux de » la nation. Lorsque j'ai vu que le peuple était trompé » sur ses plus grands intérêts, que de prétendus secrets » lui cachaient su destluée, et que des vues partiou» » Uères d'ambition ou de cupidité succédaient au pa» » triotisme, qui avait opéré la plus juste <les réi^ilu^ » tiens, j'ai quitté la place que je tenais aux états de » Brabant; je me suis éloigné de tout, et je me suis » retiré eu Flandre , pour y vivre tranquille ; mais la » vengeance implacable de ceux qui se sont M^anés » de l'autorité » m'a poursuivi dans ma retraite; voua > avez adopté leurs sentiments, messieurs, et vous itous » êtes prêtés avec le plus grand zèle à Jes servir.. » Ici
le duc rappelle les i^.cid^uts 4u j^om ^ le^orcAOr
stances de la trahison dont il avait failli être victime. « le vous cite dès à présent au tribunal de tous les
> dtoyensy continue-t-il; ils ont droit de vous deman- » der compte de Fusage que vous feites de l'autorité, » et, par un juste retour sur eux-mêmes, ils doivent » trembler au récit de pareilles atrocités. Osez donc » vous justifier publiquement; osez dire ouvertement » le sujet de ma détention , et n'alléguez plus les cir- » constances, ou les rai$tms à vous connues; ce sont là 1 les expressions des tyrans; osez dire ensuite qui vous » a donné le droit de violer les lois et la constitution, » d'exercer des vexations arbitraires; osez enfin pu- » blier mon procès, je le demande moi-même; nommez
> mes accusateurs; articulez un seul fait, une seule » preuve. Jusqu'à présent rien n*est connu que votre » injustice et votre violence; si vous vous taisez, mes- » sieurs, c'est alors qu'on verra que vous avez des » rainons à vous connues, que vous rougii iez de faire
> connaître au public; ou bien tâchez, messieui'S, de » faire comprendre à la nation que vous devez être » au-dessus des lois ; que les décrets des juges ne » doivent être respectés que lorsqu'ils sont conformes » à vos vues; que vous avez le droit de disposer arbi- » trairement de la liberté, de la vie et de riionnenr » des citoyens; et qu'enfin, ceux qui n'adoptent pas » vos principes méritent d'être exterminés par tous les a moyens possibles. »
Décidé à ne pas fléchir devant les prières ou les injonctions de l'Autriche, le congres avait senti la nécessité de s'occuper plus activement de l'armée. Le 12 juin , le département général de la guerre avait été réorganisé sur les bases suivantes : il devait être composé d^m certain nombre d*oflBciers ou d^autres per-
sonnes désignées par le congrès ; son président, renouvelé tous les mois, serait un membre du congrès, et sou vice-présideot , le général ea chef des troupes na* tionales. Les membres da département devaient travailler, dans rhdtel même du congrès, à qui ils donneraient des avis et des conseils; ils proposeraient aussi les résolutions relatives à l'armée; ils veilleraient à rexacte et prompte exécution des ordres, et maintiendraient la discipline (i). Un autre arrêté, rendu quelques jours après (19 juin)» décréta de nouveau que tons les corps, an lien d^étre soumis à la province on ils avaient été levés, devaient appartenir indistinctement à r Union et ne dépendre que du congrès. Les états des provinces étaient chargés aussi de présider à la formation de compagnies de volontaires dans tout le pays; pour que les volontaires d'une même province fussent toujours unis et reçussent la même organisation, tons les corps devaient dépendre de l'état-major, résidant dans le chef-lieu ; les volontaires ne recevraient pas de solde» tant qu'ils ne seraient pas mobilisés, mais la province devait leur fournir armes, gibernes et munitions; les habitants des campagnes devaient être invités à entrer dans le corps des volontaires des villes» bourgs ou gros villages, et, pour leur facilité, les exercices devaient même avoir lieu le dimanche aprèsmidi. Tous les volontaires devaient jurer d'être fidèles à la nation et aux états quila repriienieni. Les états de
(1) Le nouveau département de lu guerre fut mis eu activité le 2 jaîl* lel ei composé de MM. le comte de Baillet de Geâves, président pour le iDoif de juillet , le eoniBUUideor de Nieaport, le eomte dCYres, le géaé* ral Dirix« le eomle de Mérode et le TÎeomte de Patin. — Après avoir renoneé aux foaetioiis qnll renpliesait à La Haye, eomnie représentant de l*empereor , le eomte de Mérode était rentré dans ion pays et avait repris sa plaee dans les étals de Hainaat dont il était menlve.
Brabant» pour résister ênx bamée$ énfmuiei, prirent
aussi à cette époque (4 juillet) un règlement dont quelques articles DHTitent d'être connus. Il était ordonné aux magistrats et gens de lois des villfs et vil* lages» situés sur les frontièi^es» de placer dans le clocher un veilleur, chargé de sonner le tocsin dès qu'il • apprendrait rapproche de quelque troupe ennemie ou bande de gens sans aveu; aussitôt que le tocsin se ferait entendre dans un endroit, on devait le sonner immédiatement dans toutes les paroisses voisines pour qu'il retentit dan» tout le pays. Chaque habitant devait ilors se mettre sous les armes avec fusîl^ poudre el gros plomb, on à défaut de ces armes, avec tridents , fourches ou bâtons pour attaquer et chasser Tennemi.
La déroute du mois de mai avait eu pour résultat, comme on Ta vu, un mouvement rétrograde de la part des Belges* Le commandant en chef, Schœnfeld» avait établi son quartier général à Andoy , position avnuta« geuse pour couvrir Namnr; son aile gauche se dirigeait de là sur Andenne et longeait la Meuse jusque près de Huy ; son aile droite s'étendait le long de la même rivière depuis le village de Dave jusqu'à celui du Bac-du -Prince, près de la ville de Givet. Le commandement de cette colonne avait été retiré au comte dnCbfttel et confié au cohmel Koehler. Comme Tarmée patriotique ne s'élevait pas. à plus de 20,000 hommes , on avait invité les volontaires à prendre des engagements de trois semaines ou quarante jours ; plusieurs villes et un grand nombre de villages répondirent k cet appel , mais ces si^ts novices, livrés en quelque sorte à eux-mêmes, ne furent le plus souvent qu^un embarras. Schœnfeld, que ses admirateurs compamient à Fabius* restait dans riuaction, au lieu de
s*ett'orcer de relever le moral de ses troupes et de ramener la victoire sous les drapeaux belges; retiré à Andojt il ne s'occupait que de l'êtes et fermait les yeux sur k plus déplorabte Hcenoe (1). La conduite de Koehler était tonte Affiêrente; oehii<ci èervalt loyalement la cause qu'il avait embrassée.
La colonne, dont ce brave Anglais avait le commandement et dont le centre était à fionvignes, se composait dea régiments de Namur et de Bruges» d'un bataillon do régiment de Weat-Flandre , d'on de celui d'Anvers» des chasseurs de Lorangeois et de Mameflls , des Canaris, de quelques autres compagnies de volontaires, et des dragons de Flandre et de Cumptigh ; en tout 7tOûO hommes. Ils avaient devant eux 5,000 Autrichiens, Ions floldats faits et aguerris, commandés par w grand nombre d'officiers braYOs et instruits; leur général était le marquis de'Gorti, qui avait son quar* tier à Falmagne. Le premier soin de Koehler fut de fortifier les bords de la Meuse jusqu'à Givet par des batteries, des redoutes et d'autres ouvrages militaires; aprèa avoir rétabli ensnité me discipline sévère dans sa colonne, il résolut de harceler continnellement rennemi, éparpillé le long de la Meuse, dans de petits
(1) « Andoy préseiilait Tai^pect d'un véritable camp de plaisance. Le général eu chef et ses aides de camp ocoupoienl entièrement le chftteau appartenant à de Bioulx. Là le général et son étnt-mojor donnaient des fêles fréquentées plus particulièrement par les dames chanoinesses et la noblesge. MM. de Qoarré et Dellialie , ses deux premiers aides de camp, f^iiti^Rt lof bMinfiiM és9 nions. Le peuple pouvait tinpleiiient M rt»* taurer et se rafraîchir dans d« oombreiues guingeites établies sous des tentes. Aussi le camp étail-il devenu en très-peu de temps la proBMOide ftiTorite des habitants de Namur des deux setes. Lee oflteierSf s'oceq» pant peu de leurs soldaU, j passaient leurs jomées fort agréable* ment... » M4mif99 de M. Waller.
postes faibles et détachés les uns des antres : ces attaques léitéiécs devaient avoir pour but de ranimer les troupes et de les tenir en baleine* La première attaqoe de Koehler contre les Impériaux, retranchés sur la montagne d'Anseremme, fut malheureuse; mais il prit sa revanche quelques jours après. Espérant de forcer le passage de la Meuse dans les environs du château de Freyr, les Autrichiens avaient construit une batte» rie qui dominait celle des patriotes. Pour faire éehouer ce projet» Koehler passa la Meuse à Hoidat, le i7 juin à quatre heures du matin , avec le régiment de Namur et la compagnie des Canaris; les patriotes chassèrent les Impériaux de poste en poste jusqu'à la dernière hauteur» dont ils s'emparèrent tambour battant. Mal- . heureusement ils s'abandonnèrent me trop d'ardeur à la poursuite de rennemi; ils s^aventurèreat dans la plaine et permirent ainsi aux dragons autrichiens de les prendre en ûanc; après un moment de confusion, les patriotes , contents d'avoir détruit la batterie qui les inquiétait» réussirent à opérer leur retraite eu bon ordre {i). Le congrès récompensa cette action en nommant Koehler général-major* Presque chaque jour» l'intrépide colonne de Bouvignes se signalait dans des expéditions périlleuses. H faut citer particulièrement la prise de Poilvache, vaste ruine située sur la crête d'un rocher» défendu par la Meuse ; l'attaque de la censé d'Ordenne» et surtout la prise de la censé d'Her* bichen et de la redoute élevée» près de Dinant» audessus de la montagne» dont le pic, connu sous le nom
(1) « Le vicomte Vilain XIIII , dit le bulletin officiel de Tannée de la république, a beaucoup contribué au succès de ceUe attaque par la fer> meté; une bombe d^obasier creva dans s«a mains ti oq le ernl perda , vais heiireuaenieiit eet aeeident ii*a pas en de salles fltehcases. t*
fabuleux de Roche à ikiyard, forme ta hase. U s'agissait de passer la Meuse sons le feu de rennemi et de grini*» emoHe par une gorge si* rapide qu'elle puraiSBait inaccessible. Ilette difficile expédition Ait confiée Mx Canaris et au régiment de West-Flandre; une compagnie de chasseurs «levait défendre le chemin qui est au pied de la montagne, pour empêcher rennemi de conper les patriotes, et trois compagnies dn régiment de Namar courraient les bateaux de passage et la communication aussi bien que. la retraite. Les Canaris et hi régiment de West-Flandre passèrent la Meuse à onze heures du soir sur deux bateaux vis-à-vis de la Boche à Bayard, L'ennemi tirait de tous côtés et ne faisait' pas attention à la gorge dans laquelle les patriotes s'étaient engagés; Tobscnrité rempèchait d*ail* leurs de distinguer ce qui se passait. Parvenvs an sommet du roc, les patriotes tombèrent à la baïonnette sur les Impériaux, tuèrent ou prirent les soldats qu'ils rencontrèrent, s'emparèrent de la redoute et mirent le fén dans tous les ouvrages. Cette première expédition adievée, le major Dnmoncean marcha droit ayec ses Canaris sur une pièce de canon qui tirait' snr eux à cartouches, mit les Impériaux en fuite et s'empara de la censé d'flerbichen. A la pointe du jour, les patriotes descendirent la gorge et repassèrent la Meuse.
A Taile gauche, commandée par Schœnfeld, on ne pon?ait signaler que des revers. Une province entière, le Limbourg, venait d'être enlevée à la révolution. Vers la fin de juillet, nne poiti^née d'Autrichiens, commandée pai' le capitaine d'Asper (1), avait surpris et battu les patriotes, beaucoup supérieurs en nombre, et s'était
• (I • Il < t,'!il fi'ùj'o «l'Kiig, Viin 11(K.l)i'orrk , «jiii siégeait au coix^^vcs. Ce ciijiituiiii* cU'xiiil frlil-inarcclial cl !ul Uw i\ Wagmiii.
emparée de la petite ville de Hervé. Cependant les patriotes reviennent de leur surprise, et, après avoir ra^ m l^fort de 1,000 homoies, marchât, le S août,
HlWT^ 6t pénètrent daas la ville aprèa une attaque qui dure pli» de deux heuree. Ib acemateiit lea habitants d'avoir soutenu lea Impériaux; ih leur imputaient môme la mort de leur chef (le colonel de Resteigne); aussi exercèrent-ils d'horribles représailles i la ville entière fut livrée au pillage, lea babitanta fuailiéa et aabréa ma pitié« Maia UeetAt lea patriotes , ayant veQQ la noQvelIe qne dem oorpa ennemis a'evnnçaient, se découragent de nouveau; aoit trahison, soit Mehelé, ils sortent de Hervé, le 15 août, et se retirant de Tautre côté de la Meuse, abandonnent la province à TAutriche. Ce fut encore Koebler qui s'efforça de faire onbliw eat écbee par une nouvelle attaque dirigée eontre la m^ntagno d'Anaeremmei il réussit à détruire tous les ouvrages de Tenuemî, après un eombat acharné, dans lequel le régiment de Wurtemberg et les dragons impériaux firent des {certes considérables.
baron de BlecKam , colouel de Wwtimbêfg et audinn oommandant de Namur, était an nralire des merts» Les députée dn congrèi evainnt mis à prii la tète de cet officier, auquel on reprochait non-seule^ meut la conduite qu'il avait tenue à Namur, mais aussi d'avoir fait massacrer de sang-froid quatre prisonniers
belges emmenéa daus camp« Lorsque, sur l'ordre de Koebler» sa dépouille mortelle arriva k Namur» pour y reoevoir lea honneurs funèbres» elle fut arradiée des plains des soldats et servit pendl^nt toute une Jonr^* qéç de jouet à la populace (!)•
(1) « A rarrivé« da caisson reafenDtnt le cadavre du colonel , on le
~ Mi ~
Cependant le rapprochement qui s'était opéré entre Léopold et Frédéric-GuiHaume n'alarnwit pas seulement les Belges, il inquiétait aus«i les Frfiiiçaia*l« bruit ét^it répaqdu qae lÀQfùïi nvmt dit an OMmaiHiae pmweQ : < £DtendoiiSfm>iift d'abord, puis nous nous — ^^roBS entondre aux émeutiers de France. » En présence de la coalition prochaine des rpis absolus, la révolution belge devait préoccuper plu^ vivement lei ^prits en France. Un homme, destiné à jouer bientèl un grand rôle dans les deux paya, le colonel Dnmou* alors attaché au ministère des affaires étrangères, avait déjà sollicité à différentes reprises la mission d'aller étudier la situation politique des belges. Dès le 2 mai, il écrivait à La Fayette qu'il était temps de ^ ^'occuper à fon^tdes affaires de^ Paysr^Bas, parce qu'il
a^it appria que le roi de Prus^ avait offert k l^pold
conduisit dans la cour de l'hôtel, situé sur la Grand'Place, appartenant k, M. le barpn i^e Peuly, royaliste émigré; le conimandanl de la place, M. de Cuvelier de Champion , y était logé. Les amis du cplo^el , par il en avait, se félieitaienl de la mesope qui semUaH avoir pour objet de aoottPiire aox avanies populaires lee restes mortels dNin brave lÀié mx le ebapp de btlaUte i luMs 11 n^n fui pM iM« On MiMSfa diiie toQle li viUe <|o*Qa nVitU jQuii; di| sfieeinçje «ndavre sfuiKla^l, celui du eohnel de Bleel^tmi la popplacc se porta eit foale sa? la GrandTlace. Vers deux heures de relevée, on fit sortir , sans aacun obstacle , le caisson de la coup ; dès qu'il fut àu milieu de la place , deux «qployés de la ville monlrèrenl au peuple le cadavre dont |a tète était encore mutilée. Ils eurent la lâcheté de lui appliquer de nombreux sonfllels ; ils eurent même riiifamie de lui e()U[)er une oreille et de l'envoyer à une (lame de la ville, dont avant la sortie des troupes antriehieooes, le colonel fréquentait habituellement la société. Après que la populacf fui rassasiée de cet odieux sp^laçie, ou conduisit le ca^^di vre au couvent des a^eoUets , qui le firent enterrer le soir dans leur Jardin, sans lui rendre en ce moment aucun devoir religieux. • Tels sont les détails rapportée par M. Watler, téasoin oonlaire de ee drfme.
de lui garantir cotte confrt^e , dans lo cas d'une pacification générale. Le 51 du même mois, il répétait à La Fayette que la Belgique était le point où il pouvait être v le pins atile m roi Louis XYI et à sa patrie. « Il n'y a » pins nn moment à perdre, ajoutait-il , et je yons prie 9 de déterminer de suite M. de Montmorin à me laisser » partir. C'est avec vous que je conviendrai de tout ce » que je traiterai; je me placerai sous votre direction, » et je vous prouverai mon tendre attachement... Vous » êtes persuadé comme moi que les deux révolutions, ^ » quoique marchant en ordre inverse, ont trop d*ana- » logie, pour que le sort bon ou mauvais des Flamands » n'influe pas sur le nuire. » Enfin, le i" juillet, Dumouriez, lassé des hésitations de La Fayette et cédant à son impatience, lui écrit qu'il est attendu le 10 à Bruxelles et qu'il se décide à partir. « J'aime M. de » Montmorin de tout mon cœur, dit-iU nous » voyons l'affaire des Pays-Bas en sens contraire, et je i» crains que son opinion ne le compromette, s'il ne la j» modère pas. Il voit la politique en ministre et en » ancien ministre. 11 a voué à la cause belgique une » haine qui lui exagère les torts du congrès ; il fait » des vceux trop prononcés pour le succès des Autri- . » chiens, et l'influence de M. de Mercy est trop mar- » quée. Sous quinze jours, le système politique chan- » géra , et la nation ne peut voir qu'avec soup<.^n et ji méfiance l'adhérence trop forte des ministres à l'an- ». cien système. M. de Montmorin fait son métier « et » quoique je sois d'opinion contraire à la sienne, je ne j) le blâme point; mais votre position est entièrement » différente et presque opposée ; vous êtes l'hcmnie de » la nation; vous devez et pouvez seul veiller à ses » dangers extérieurs» et aucune démarche à cet égard
— ii5 —
» ne peut vous rompronieltre (i). » Dnmonriez, présenté au congrès, le jugea, dit-il dans ses Mémoires, au-dessous de sa misuoii; Van der Noot lui parai m ^ Mazanielio, Van Eupeà un fourbe hypocrite, et toua les deux les iastruments et les jouets des cours de la Haye et de Berlin (2). Le congrès lui permit d'aller prendre connaissance de Tétat de Tarmée : il la trouva remplie de courage, mais manquant d'armes, d'habits, de vhnres, de munitioBs, d'argent, d'officiers et de
(1) JféffMMTM deLa FayeUe. — Domoaries, dont las rasaources nï'étaient pas grandes alors, aoiioiiçall en même temps an général qu'ù son arrivée h Bruxelles , il tirerait sor lai une lettre de ehanfçe de
6,000 livres.
(2) A celle époque même , la popularité de Van der Noot ôtait à son apogée; le ii juillet, sa fôte avait été célébrée à Bruxelles avec une allégresse délirante, u Jamais gouverneur général des Pays-Bas, dil la relation onifielle , n'a reçu des marques aussi éclatantes de Tamour du jxMiplo.., Le malin, a|)iès avoir reçu les félicilations des autorités en général , des députés des dincrentes corporations ont été le complimenter : ruprès-midi il recul les complimeats des cinq serments en corps. Le cortège était des plus brillanis; les élèTes de Tècole mOitaîre ouTraient la marcbe, suivis par les membres des einq serments, dont ehacnn était aeeompagné d*ane très-belle musique; Teoftit alors une qsantité de Jeunes demoiselles éléganmieni habillées, portant différente emblèmes et suivies d^n délaqhement de Tolontaires. Le eortége était fermé par nn ebar de triomphe, attelé de six beaux chevaux, au-devant duquel on voyait le lion belgique, d'après nature, et sur le derrière, les armes de Van der Noot. Plusieurs demoiselles étaient assises sur ce char et portaient différents emblèmes. Suivaient les volontaires de la ville de Malines en unifornu;, ainsi qu'un grand nombre de volontaires de Bruxtlîos, à pied tl à cheval; ils avaient à leur suile un char de triomphe sur leqnel plusieurs enfants étaient placés, et dont 1 un tenait le portrait de II. Van der Noot. Toutes les rues et les fenêtres des maisons étaient remplies d'une multitude innombrable de peuple qui, ptti* ses applaudissements continuels, témoignait combien lui étaient agréables les honneurs qu'on rendait à ce citoyen. Le soir toute la Tille fut illuminée. » M. Waller affirme que Van der Noot reçut k Toccaslon de sa fête un cadeau de iWfiOO florins à eharge du trésor de TÉlét.
— au —
diicipUne; ScbœnfeU lui parut ami un foorbe» car 0 ne lui cacba même pas que le lort de la Belgique dépendait du congrès de Reichenbacb. Poussé par son
ambition, Duinouriez oiTrit, dit-ou, au congrès, de prendre le commandement de l'armée belge; mais il fut éoQuduit, parce que révoquer &chœnfeld« c'eût été, aux yimx de bien dm gi»nst m brouiller am la Pniaaêv, et b Hollande. Dumouriez était venu en Belgique avae Tespoir d'y opérer une grande diversion qui pût dé* tourner le cabinet de Vienne de s'occuper tôt ou tard de la révolution française; il s'assura, dit-il lui-même, qu'il n'y avait aucun avantage à tirer pour la France d*un pareil cbaos. Toutefois, avant son départ, il remit deux mémoires au gouvernement belge; Fun politique, pour lui prouver qu'il était trompé par les puissances étrangères; l'autre militaire, pour indiquer le système à suivre dans la guerre avec l'Autriche. Vers la même éptHpi» rassemblée constituante de France elle-même eut encore Focoasion de s'occuper indirectement de la révolution belge Le directoire du département des Ardennes dénonça, le 27 juillet, à l'assemblée nationale, une lettre de M. de Bouillé qui l'informait, d'après les ordres du roi, qu'un corps d'Autricbiens avait la permission de passer la Meuse à Givet pour se rendre par le territoire français dans les Pays-Bas. Kœhler, à qui cette nouvelle avait été aussi transmise, s'était empressé de renforcer le poste du Bac au-Prince; et, de son côté, la municipalité de Givet, décidée à s'opposer par la force à cette, violation du territoire français, avait fait braquer autour de la ville une trentaine de canons. L'assemblée constitimnte s'était empressée de nommer six commissaires chargés de demander des explications aux ministres sur le fait
— îlô —
dénoncé par le directoire dtt département des Ardennes; ils répondirent que la mesure attaquée était reflet d'une disposition réciproque contenue dans deux conventions passées avec Marie- Thérèse en el I77t* Mais» la 28, rassemblée déclara que le pas* sage d'ancunes tronpês étrangères ne peutail être accordé sur le territoire de France qu'en vertu d'un décret législatif sanctionné par le roi.
Quelques jours à peine s'étaient écoulés depuis le voyage de Dumonriez à Bruxelles, et déjà le congrès aivait acciiiia la certitude qn^il était abandonné par la y Prusse et les Provinces^Uiiies. Ce ftat, le 6 aoAt an ma*» tin, qu'il connut une partie de la vérité par des lettrés de ses agents à Berlin et à La Haye, lesquelles annonçaient la conclusion des préliminaires de Reichenbach. La dépêche de MM. de Bonsies et O'Heam, envoyés à Berlin y était surfont désespérante : c Ifons eroyons* » sons très^hnmble correction, disaient^^ils, qm mus
% ne saurions trop ménager la France, dont l'alliance » nous pourrait être plus avantageuse que celle de la » Prusse » Le congrès, voulant faire face au danger, / s'adressa, dans sa perplenUé, tout à la fois à la nation, an roi de Pmsse et à la France. En oommnniqoant les dépêches de Berlin et de La Haye ann assemUées provinciales , le congrès leur disait : « Nous avions espéré » que la guerre entre la Prusse et la Hongrie aui*ait as-* » suré notre sort, ou que les préliminaires en auraient . a été les garants ; mais la Providence n*a paa vonlu noua a donner les bfena de la liberté pour si pèn de peines
(1) Ce qui ponmii jaiqo'à on certain point' expliquer raveoglemenl prolongé du eongtès, c'est que le texte ofliclel des préliminaii es ne Ait pas même oommoniqné ttnx agents d« goiVertfSBMttt belge. Iltf n^en reçurent des copies qu^io mois d^octobre.
j» et nous n'en sommes pas dignes encore; nous ne » l'apprécions pas assez, el n'en couoattrons la va- ■» leur que par le prix qu'elle nous aura coûté..... » Rappelez, tnesseigneurs, à vos concitoyens leurs verj> tus et leurs fautes; rappelez-leur les services qu'ils » sont venus otlVir et les motifs qui les ont guidés; » rappelez-leur les victoires merveilleuses que nous » avons remportées, afin qu'ils unissent le courage et » le zèle patriotique à la confiance dans un Dieu de » justice et vengeur des opprimés qui nous a si visi» » blement protégés : qu'ils s'exercent dans le manie- » ment des armes, et s'appiéU iit à voler au secours de j> rÉtat, si tant est, ce que nous ne croyons pas, » qu'abandonnés à nous-mêmes, nous dussions seuls 9 défendre notre cause; elle est juste : apprenons à » Tunivers entier que nous sommes encore Beiges, et » que ce n*est point en vain que nous avons placé » notre confiance en Dieu. Défendons ses autels, il » protégera nos foyers (i). » L'adresse au roi de Prusse contrastait par son humilité avec ce fier appel aux armes : t Permettez, disait le congrès, qu'une natiDu » généreuse et loyale remette une troisième fois sous » les yeux de Votre Majesté les litres sacrés, ceilains, » incontestables, sur lesquels elle a fondé en droit la » reprise de sa liberté, qu'elle a reconquise de fait, » par sa propre énergie. Permettez, sire, qu'elle vous » exprime avec une humble franchise, que c'est sous » vos augustes auspices , qu'elle en a osé former le >. » plan, et que le nom de Votre Majesté a inspiré le » noble courage de l'exécuter. Oui, sire, les promesses
(1) Dœwneniit paliUquet el dipiomatiquM sur la révolution b9lg€, p. .296.
• q«e YotmM^jdstéa faiteg paitim niisisli^ le oonUi » de Hert£berg,it M. Henri Van der Nool, dont aoua
> conservons encore la note telle qu'elle a été dressée » par le ministre baron Van Keede, et envoyée à La j> Haye et à Londres, avec l'addition verbale et secrète,
• écrite de 8on aveu et de son approbation» nous onl ji toojoan servi de.tiase. Nona ttucm vn depnia fham m à*me fois des promesses plus amples encore en » notre faveur, signées de votre main royale. Dans D celles-là, Votre Majesté nous donnait une entière conj» fiance de son appuis si nous parvenions un jour k a faire la révolntion nons-roémes, et à nons mettre en » libené; par eeiles^t Votre Majesté promettail for« w mellemeot qo'die n'abandonnerait jamais les Belges, y> et que, si elle faisait la paix avec rAutriche, elle y> nous aiderait par tous les moyens qui seraient en son j» pouvoir ; par les unes et par les autres, qu'elle no/ a permettrait jamais que la maison d'Antriehe noua a snfajnguàt par la force. Nos dentés ont en rhoanenr » de recevoir de la boncèe même de Votre Majesté oea » consolantes dispositions, de même que de ses minis* D très. La paix est faite, Sire, au moins les prélimis naires sont signés; le roi Léopold demande que » nons soyons ses sojets; il n'y a aucun droit, comme a il est démpntré dans , nos différents manifeste^ adr« » toot dans le manifeste du Brabant et notre acte » d'union. 11 demande les bons oÛices de Votre Ma- » jesté auxquels notre liberté et nous, permettez. Sire, 9 que ia confiance tranche le mot, au^^qœis nous avons « un droit acquia. U nous rendra notre constitution, » c'est^Hlire, le pacte inaugural, qui n'a jamais eaisté » avec lui, et que notre dernier sonvmin avait rompu » lui-même. U enverra des troupes pour nous subju-
» gÊÊT par forée* 8i wms refnsoi» d'acquiescer à ce 1 quMl n*a pas droit de demander» — Smit-il possi-
» ble, Sire , que Votre Majesté oubliât les Belges au » point de donner à Tinjuslice le pouvoir de les éera- *» ser; les Belges, Sire, qui vous étaient si saintement » dévoués; le^ Belges» à qui Votre Majesté a daigné B ouvrir de si belles espérances; qui, en toutes leurs » démarches et du premier pas vers leur révolution, • jusqu'à l'heure d'aujourd'hui, n'ont suivi d'autre » impulsion que celle qu'ils recevaient de Votre Mail jesté Cette cour, dont la politique insidieuse
» ramène constamment sur Tauguste maison de Votre • » Majesté les malheurs d'une guerre périodique, ne » nous asservira que pour porter dans vos États les
» fruits de tous les maux qu'elle aura pu nous faire
» Ce ne sera donc pas notre cause seule que vous plai-
> derez, Sire, c'est celle de votre peuple et de votre 3 auguste maison. Vous éteres à nos ennemis Fenvie de » vous nuire, en leur en étant les moyens; la fertilité » de notre sol amènera l'abondance à votre peuple, » car nous et nos arrière-neveux, nous nous souvien- B drons toujours, qu'en épousant notre cause, Votre » Majesté nous auita conservé nos champs, et le plaisir » de les cultiver sous Tombre de la paix et T^de de » la liberté. Nous ne susciterons pas la crainte de nos » voisins, ni leur envie ; nos richesses sont dans notre 9 sein ; un commerce plus étendu serait notre ruine; les » fruits de notre sol, dont nous ne consommons qu'un » tiers, bien administrés» suffiront toujours pour nous
> enrichir, sans courir les dangers de la mer, et sans ■ autre commerce que celui que la possession nous » donne. EnGn, Sire, il dépend de Votre Majesté de B répandre le bonheur sur nos provinces; de le com-
3) muniquer à votre peuple et à tous nos voisins ; d'être » l'arbitre de Tempire et l'ange de paix d'une grande » partie de r£urope. Et quel qu'ait été notre juste dé* ; » sir, que dans les préliminaires signés*, notre indépen^ » danceeât été stipulée, nous avons trop de confiance, ï et trop de motifs de l'avoir, en la bonté et la justice » de Votre Majesté pour craindre que notre cause ne r> soit décidée en notre faveur, dans les négociations ul-* » térièures,ou que Votre Majesté puisse gagner sur son . » cœur de nous abandonner, ou, ce qui nous frapperait » plus que la mort même, que Votre Majesté se laissât » jamais induire à seconder nos ennemis, en leur - A accordant le fatal pouvoir de venir nous égorger et » dévaster nos belles provinces... (4) > Ënfin la fraction modérée du congrès, celle qui avait voulu rétablir Tunion dans Tentrevue de Douai, vit dans le décrétée rassemblée constituante du 28 juillet une occasion pour faire auprès de La Fayette une nouvelle tentative de rapprochement. La lettre suivante lui fut adressée, par rassemblée belge : c Nous avons vu avec la plus » grande satisfaction et pas moins de recounaiësance, » le décret de rassemblée nationale qui révoque ^la » permission qu'une politique insidieuse était parve- » nue à arracher au meilleur des rois en faveur des » Autrichiens, pour les mettre en pouvoir de com- » battre mieuxr la liberté des Français et la nôtre en » séjournant sur leur territoire. Nous ne doutons pas » que ce ne soit en partie l'effet de vos nobles efforts et » nous vous offrons les sentiments les plus justes de » notre gratitude, vous priant, monsieur, de seconder » par votre appui les vœux de la nation que nous re-
(1) Bétumi 49t n^Oûiaiiom$, rte., p. SOS.
• présentons, dont H* de Thiennes est porteur et inter- » prête. De tout temps les Etats belgiques ont eu des j» relations politiques avec tes Français, et l'histoire » nous oflre plusieurs traités qui ont lié les deux ua-
• tioBs; pttisfiioos-noaft pajrvenir à yen ajouter un, quî^ a fixant le sort de notre liberté, ruinerait à jamais le » despotisme oppresseur de nos vastes et riches con-
• trées! Vous y pouvez contribuer infiniment, mona sieur» tant par vos talents que par le grand mérite a que vous vous êtes aequis anprte de la nation fran- » çaise. Noua sommes en peine» monsieur» de ne pon- 9 voir vous obliger par Télargissement du général » Van der Mersch. lU'devable à la nation, oomplable » devant elle, il n'est pas en notre pouvoir d'inlerrom- » pre le cours de la justi( e qui serait depuis lou^emps » en activité, si M. Van der Merscb n'y avait mis <ka a obstaclea luinnéme» et ai les égards que nous avons » pour lui ne nous avaient pas empéefa^ de les fran- » chir. Nous en avons donné des preuves à M. Dumou- » riez, et nous ne doutons pas qu'il ne vous les rende » avec la conviction qu'il en a sentie» et dont il est cona "venu avec nous. H. de Thiennes vous communiquera » nos sentiments par rapport à cet excellent et habile a bomme(l). j> Il s'en fallait de beaucoup cependant que cette tentative d'accommodement avec le parti constitutionnel de France fût approuvée par les exag<'rés du parti oligarchiquebelge; leurs attaques dans la presse redoublèrent roâmeoontre rassembléeconstituante, contre la démocratie et contre le philosophisme. Mais dès ce moment aussi le parti représenté par La Fayette prit
(1) Mimairêi de La Fayette. ~ La eireulafre aux assemblées prerineiales, redresse aa roi de Pmsse ekla lettre à La Fayette portent la même date » eelle du S todt.
— tu
la résolution d'abandonner les Belges à leur sort ; on ne voit même pas que le commandant de la garde uationiàle ait répondu à la dernière lettre qui lui avait été idrçMé^ par le congrès. Pm «e» Mémoires, il accuse. •Dumoimes de s'être m/Ué dans un projet avec lea chefs aristocratiques, où il ne s'était pas oublié lui-même; et il ajoute qu'il reçut très-froidement le mémoire rédigé par Diimouriez sur sa mission, « parce qu'il acheva de se convaincre que la révolution belge n'était qu'une '^ intrigue de Taristpcratie et du clergé» où les intérêts du peuple étaient oubliés» et où il n'apercevait aacim principe de liberté et des droits des nations. »
La préoccupation incessante du congrès était alors de rassurer la nation sur l'esprit qui l'animait et de la préparer en même temps k résister aux pn^Umioairei de ^ichenbacb. C'est pourquoi il désavoua de nouyeaut le 8 aoAt, les bruits qui couraient sur de préteuo* dues négociations avec le cabinet de Vienne, par suite de la paix conclue entre TAutriche et la Prusse. L'assemblée déclarait que rien n'était plus faux a ne dou- 9 tant j[>as que toutes les provinces ne fussent plus que 9 jauiai# décidées h rester même plus étroitemeut unies 9 pour soutenir leur indépendance, qui n'était at^ 9 tachée, ni aux préliminaires, ni même à la paix que » pouvaient cunchire les cours étrangères, et qu'il n'é- » tait au pouvoir du congrès de traiter avec aucune » puissance (lUx dépens de l'indépendance et de la
9 liberté des provinces de l'union. » Yau Ëupen» qui avait la direction des affaires extérieures et qui puisait même sans contrôle pour cet objet dans les coitres de la république (i), résolut de partir lui-même pour La
(i) Quelque temps tuptniTant U avait été aotoriaé i| MfP <Ufi|ç w-
Haye, et de tenter un dernier effort auprès du grand pensionnaire pour faire déclarer l'indépendance de ]a Belgique par les puissances médiatrices. Ce fut le H aoÂt qoe le secrétaire d'État de rUnioa s'aboucha avec M. Vaa de Spîegel. Gelni-ei tâcha de lai faire comprendre que les changements survenus dans la situation de l'Europe depuis la mort de Joseph II, nécessitaient le retour des Pays-Bas à la maison d'Autriche; que, s'il eût éclaté une guerre générale, ou même une rupture entre TAutriche et la Prusse (ce qui serait probablement arrivé, si Joseph avait vécu plus. > longtemps), une des suites d'un pareil événement aurait pu être la reconnaissance de Findépendance de la Belgique; mais qu'à présent que les bases de la paix étaient posées» il ne restait plus rien de possible qu'une soumission» et» pour commencer» une prompte entrée en négociation avec les ministres des puissances alliées qui prendraient le plus grand soin de la sûreté publique et particulière des Pays-Bas. — Il ne faut pas croire à une soumission, répondit Van £upen, et nous préférons att^dre les événements; les Belges ne craignent rien; leur armée s'élèvera bientôt à 40 mille hommes, qui empêcheront bien les Autrichiens de passer la Meuse ; et ils sont enfin résolus de se défendre jusqu'au dernier soupir. — Le grand pensionnaire proposa de commencer une négociation ; mais Van Eupen vimbiit que Ton reconnût préalablement l'indépendance dêi Belges. M. Van de Spiegel répliqua qu'il pouvait fort bien entrer en négociation, et, nonobstant cela» demander tout ce qu'il lui plairait» fût-ce même
erètenent dToiM somnie de S00,000 florine, sans étire obUgé d*eB Adre constater Teoploi.
indépendance, landis que cette indépendance une fois reconmie, les choses étaient natureilomeni terniioée» par ce fait» el toute négociatioft de?eDait superflne*. Mais Van Enpen persista à être qu'il fisUait oonoeneer
et finir par la reconnaissance de l'indépendance de la Belgique, et que, si les négociations étaient superflues dans ce cas, elles Tétaient bien plus dans le cas contraire. M. Yan de Spiegd nous apprend lui-même (1) que cette conversation dura longtemps, et» quoiqu'il ' n'épargnât rien pour convaincre son interlocirteur, qu'elle resta sans eifet.
Les sentiments des Belges démocrates, réfugiés au delà des frontiè|res, s'étaient modiûésdans un autre sens. Les dernières persécutions exercées contre ks progressistes, persécutions qui aboutirent à une rupture définitive, avaient relevé les espéraftces de l'agent des archiducs à Lille. Dès ce moment, les instances de M. Wildt étaient devenues plus pressantes ; et comme il s'était convaincu que Yonck et ses amis les plus intimes ne renonceraient jamais à l'espoir de constituer une Belgique indépendante, il les éloigna des conférenees qu'il avait avec ceux, que l'exil et la persécution avaient exaspérés contre leurs vainqueurs. M. Wildt obtint ainsi connaissance, au mois de juillet, des conditions que ces derniers mettaient à leur réc<mciliation avec le souvenin..Ils demandaient le partage du pouvoir législatif entre le rot et les états généraux, une répartition équitable des charges publiques, et la liberté de la presse; les états généraux, renouvelés tous les deux ans par moitié, devaient être élus directement par les citoyens et se réunir chaque année dans la capitale : le
(1) RitumédeênégoeiëtioiM, etc., p. 313.
Tûla devait avoir lien par Me» n^n plus par ordre ; les
trois ordres «taient cependant maintenus, mais avec doublement du tiers état. A cette épotnie, la situa-
iioa de Léopold était dtyà assea^ houm pour qne, tout eo iNQceptavt i'appiii d^s 4éiiiocratea« le» arcliiduqa leur fiaseot répondre en ternies vegiies et nm n'enga**
geaient à rien* Lorsque les prélimipaires de d^^ichepi' buch lurent enfui sii^nés, Kaunitz écrivit uuîî archiducs qu'il ne pouvait plus être question du plan
d'aprèa leaquel M» Wildt avait tjravaiiié» Il e»t certain néanmoins que la conversion de quelque» démocrates îuPuents fut trèsoutile k la cour de Vienne; car ce fut
sur le parti progressif que Léopold s'appuya pour re^ . lever son trône en Belgique. Au surplus, la situation des partis est assez bien appréciée, quoique avec trop de rancune, dans le rapport adressé à Léopold sur les ociations de Wildt avec le parti démocratiqiie (l) ; c )l poqs parait, diaaient les arcbîducs, que roQ peut p considérer la nation belgique comn\p divisée actuelle- » ment en trois partis: iMes états ou les aristocrates » et leqrs adUérents, dont les prêtres, les moines et la » vile populace ^ont les satellites, Ce parti cherche par a toqs les mojens possibles k soutentir rindépeudanoe» a et marque Téloignement le plus acbariié pour une » réconciliation avec Votre Majesté. — 2" Les démo^ B crates, opposés aii\ « lats dans le commencement de n la révolution, plus arrêtés que ceux-ci au système de ^ ripdépeudançe » et qui p'oiit vraisemblablement A cbangé d'opinion et témoigné un désir de retour vers » le ^souverain, que par la faiblesse de leur parti, et i> par r^spoir de se vepger des aristocrates^ — S'' Le
(1) Fpy. les pièees justiâea|iv«8 <ie YJiùtçirt Stl^U» S-
» gros de la nation qui n'est ni aristocrate ni démo- . » crate» qui n'entend rien au sens de ces dénomina*w tions, qui se prête oéanihoms et «'enflamme même 9 aux iDAionations fanatique» des prêtres, mais dont en 9 général le désir dominant flemblereit deyoir être le » maintien de ses anciennes constitutions, ainsi que » le repos et la tranquillité. » Les archiducs oubliaient dans cette nomenclature les citoyens groupés autour de Vonck, jBelges de eœnr, opposés à la domination des états mais contraires aussi à une restauration (i).
<1) U pièce suivante, publiée «a nolf ifDoAt à l'oeetuios d*op
noDvenii complot démocratique dans le Hainaot, émanait de eeUiB firaetiou du parti progressif r « f.es Belges démocrates à leurs caneito^em d'OtUnde, de la West-Flandre , de Chimay, du Limbourg, de la Gueldre , du Borinage , en Hainaut , de Srhooritge , d'Opbrakel. ... Joi-^iiez vus forces aux nôtres ; écartez pour le moment la cause de Léopold , et ne songeons plus qu'à renverser le trône de ces étals imbéciles... Partout où nous serons vainqueurs nous ne casserons ni ne changerons pas les magistrats ; nous ne nnoiestcruns ni les Qouvents, ni les ecclésiastique^ » ui les uobles; nous ne loucberons ni à leurs propriétés , ni k leurs droits d'aneune manières noua ne nons réserverons ni eomilés, ni ministère ;'nous n^inrons parmi nous ni agents plénipotentiaires, ni exeellenees, ni ministres, des Van der Noot. JLà 0^ le peuple asra èboisi ses représentapts , toute uutru inlinenea el autorité eessera de suite. De cette manière nous IravaUierons partout pour que le peuple s'assemble , afin que par ee moyen toute la nation et tout le peuple de toutes les provinces soient représentés dans une seule assemblée , ef nous le ferons de la manière suivante ; 1" Nous ferons convoquer parmi les magistrats des villes el villages respectifs toutes les personnes établies ou chefs de ménage (qui représentent ainsi leur fauiillc; et celfe convocation se fera {>ar paroisses. 2'* Nous requerrons les électeurs des, villes et villnges qu'ils clioisissenl un centenier pour chaque centaine du nombre d'individus qui composent leur uasemblée. ^ Las «auleniers des paroisses s'assembleront ensuite dan» • la eapiiale de la province, et ehoisironi à raison de eUaque eantaioe dont rassemblée sera composée, quatre personnes, un ecclésiastique et qii noble pour deux bourfeois. 4« Ces parsonnerainsi élues fonuerout les états de la provineu. S* Lorsqaa toutas las pfovîneaa auruat ahoiii
Tout annonçait cependant que la nation se prc^parait à «ne résistance énergique. congrès avait fait connaître, dès le 51 juillet, aux assemblées provinciales q«e realretîea de rarmée» l'équipeaient spcoes8Îf des noQVfllIes troapest les armes el les monitioiiB oonmiaiidées, enfin les dépenses de tonte espèce exigeaient par semaine nne somme de 400,000 florins; les états étaient instamment requis, vu l'épuisement du trésor de la république, de l'aire parvenir au congrès les sommes nécessaires pour deux mois, ce qui faisait trois millions et demi à répartir entre les provinces. Pressé par les circonstances, le congrès décréta, te 15 août, l'ouvei ture d'un emprunt forcé de dix millions de florins, argent de change, qui devait être également réparti entre les ditférentes provinces sur le pied de leur contribution dans Tentretien de Tancienne cour. L'emprunt était divisé en 10,000 billets de i,000 florins chacun, portant un intérêt de 4 1/2 pour cent : toute personne possédant, en biens meubles, immeubles, rentes, obligations, actions, crédits, ou autres biens quelconques, la valeur de 50,000 florins de Brabant, Àait tenue de prendre un billet ou action ; celui qui possédait 150,000 florins était obligé d'en prendre deux ; tout ecclésiastique jouissant d*un revenu net de 5,000 florins devait aussi prendre une action, et il devait en prendre deux si son revenu était de 6,000 flo-
leurs états , tous ces états particuliers s'uniront on une seule assemblée et composeront ainsi les états généraux ou représcMitants communs de imitet les province» belgii|iieB... Ce «éntl des proTiiMfes belgi-
queiT Mra lé pouvoir de former on conseil d*État on ministère, nne diembre ées comptes et des flntmes... Snspendei donc Jusque^ toute résistance tffMfifs dê M Hn^ priiiimUiim H wmHim féiH dflftjNMViftifvloii AjMirf(n)yeNil»pew t|^r uniquement de conceiPt avec nom , «f«fr les vrais déftaeeurs du pays... »
rins; enfin la même obligation était imposée à tout homme en place auquel son office rapportait le môme menu. Voulant déployer la puissance souveraine, le congrès avait rendu» le 44 août» un édit pour fakre battre monnaie à son effigie, mais avec cette légende . pieuse : Damini ut regnum sur la face, et ifm dominos tUur gentium sur le revers; les pièces de cuivre seules eurent un caractère national et populaire : elles représentairatd'un côlé le lion belge portant sur une pique le chapeau de la liberté» et de Tautre, on lisait entre deux branches de lauriers : ad usum fœékraiï JMgii, 1790 (1). Quelques jours après, le congrès, toujours dans le but d'alimenter le trésor de la république, soumit à l'avis des provinces un autre projet d'emprunt de quinze cent mille florins en or et ai^nt non monnayés. « Ce projet» disait le congrès» renferme plusieurs m avantages. D^abord, il fera rentrer- dans la eireula-^ » tien un numéraire considérable, qui se trouve ense- » veli dans de vieilles vaisselles ét pièces d'argenterie » peu utiles aux propriétaires, en second lieu, il pro- » curera des fonds sans frais, puisque le bénéfice des Ji monnaies qui seront frappées avec ces matièros d'or » où d'argent suffira pour en payer les intérêts; en » troisième lieu, il nous procurera les moyens d'ali- » menter la monnaie de l'État, et de répandre dans le » public une bonne quantité de pièces fi*appées au » coin de la république» ce qui ne peut qu*étre avan- » tagenx pour notre caose. » Mais la mesure la plus grave adoptée par le pouvoir exécutif de TUnion dans
(!) Om afail déjà mis en ciroiilalton des pièaes dTargent. D*ttB 9àlé oa TOjail le lion belge *vee rinsoripUoa saiftatc « Mon «po arg : prw / fmdi BetgrîJWL Le revers présentell den» ntliii mies leiuuit lu ftdsceaa de flèebes tvee eeUe Mgeade Iwrbire : in wmkm ssAis.
ces circonstances critiqueSt fat Tinvitation adressée MX états des provinces d'envoyer, ponr le 23 août, à BraxeUes, quelques dépnlés extraordinaires autoriséi à siéger tant anx états généraux qu'an congrès. La circulaire portait qu'il serait lait dès la première séance un rapport sur les relations du gouvernement avec les cours étrangères, sur leurs dispositions présu^ mées ou connues à Tëgard des Belges» sur les forces» les moyens^ les rassources et les espërwMses de la répo» blique.