‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 2)Chapitre 20 sur 109 · LIVRE I.— COMPOSITION · texte numérisé non relu

LIVRE I.— COMPOSITION

a pour tout ce qae tous ferez en ce sens. » Les royalistes n'obéissaient pas tous à cette impulsion : par probité^ par fierté^ par crainte des propos amers que^ malgré les intentions du roi^ ces défections apparentes faisaient tenir dans la petite cour exilée^ beaucoup se refusèrent à prendre au Parlement^ et même aux élections^ une part active : « J'ai fait ce que j'ai pu^ » écrivait à Hyde un de ses plus intimes correspondants % a pour décider nos a amis à suivre^ quant à l'entrée dans la Chambre^ vos a dernières instructions ; mais tous ne sauriez imaginer « à quel point beaucoup d'entre eux sont inintelligents c( et entêtés contre leur plus pressant intérêt. J'ose dire « que^ si le parti du roi avait été actifs il aurait pu gou- « verner le Parlement. » Les Cavaliers furent loin d'exercer tant de puissance ; ils n'entrèrent dans le Parlement qu'en petit nombre^ et ils n'y entrèrent qu'en se déguisant; mais ils y firent entrer beaucoup d'honmies nouveaux, étrangers à la guerre civile, monarchiques au fond quoique simplement anus de l'ordre en apparence, sans résolution préméditée en faveur du roi, mais libres de tout engagement et de tout penchant, soit pour la république, soit pour le Protecteur *.

À tout prendre, et malgré un certain nombre d'élec* tions irrégulières et contestées, l'assemblée fut librement élue et composée d'hommes la plupart indépendants; parmi ses 564 membres, on comptait environ BO repu-

1 Le 13 février 1659.

a Clarendon, State-Papers, t. III, p. 424, 434;— Bordeaux; à Afa« «artn, 2 janvier 1659.

blicaïDS décidés, 100 à IW membres flottants entre le Protecteur et la république, 72 jurisconsultes, 100 officiers ou employés du (touvcmement, et 900 personnes d'opinion neutre ou cachée. A ce résultat des élections, le Protecteur et ses conseillers ne se montrèrent ni confiants, ni découragés : « Nos ennemis daTis le Parlement « sont nombreux et iiardis outre mesure, b écrivait lord Faulconbridge à Henri Croniwell', «mais contre-balan- « ces plus qu'au double par le jiarli modéré ; en sorte H (jne, si les résultats sont lents et difficiles à obtenir, « nous ne voyons |tas, quant à présent, grand sujet de « crainte. » Thurloe, en général |>eu [H)rté à l'espénmcc, se montrait encore moins ulariné, et s'animait même à l'approche de la lutte, comme un vieux partisan à la fois soucieux et aguerri : a 11 y a , dans la Chambre des Communes, Bdisait-il',<(un tel mélange que personne ne peut

u savoir de quel côté penchera la majorité Ce sera

u une scène très-agitée ; mais je me persuade que Dieu « bénira le courage et les résolutions fortes, et que les

I découragements mélancoliques lui déplaisent. Je puis u dire par expérience tpio, dans tout le cours de ma vie, « je n'ai jamais siiiiiement jugé des choses ijuand j'avais (I l'esprit triste et abattu; toutes les mesures (jue j'ai u prises étant dans cette disitosition, je les ai désapprou- « vées et regrettées plus timl ; aussi ai-je décidé en nioi- « même que je ne ferais rien et ne m'arrêterais à au-

II cune résolution tant que je me sentirais mélancolique.

« Le 15 tévr

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