LIVRE I.— RÉACTION CONTRE LE
désigné et investi de tous les poavoirs nécessaires pour une complète et sévère instruction*.
De toutes les mesures que la Chambre pouvait adopter dans cette occasion^ celle-là était peut-être la plus périlleuse, car c'était une menace plutôt qu'un coup, et une menace suspendue sur la tête, non pas du major général Butler seul, mais de tous les officiers qui avaient servi CromweU et sa tyrannie. La réaction contre ce régime devenait de plus en plus passionnée; la hitte entre la Chambre des Communes et l'armée était flagrante. Les presbytériens, puissants dans la Chambre, lui firent prendre des résolutions qui réveillèrent encore d'autres animosités. Elle ordonna la stricte exécution des actes qui interdisaient l'usage de la liturgie et tout le culte de l'Église anglicane ; elle chargea deux de ses membres de chercher des moyens efficaces pour supprimer toute réunion des papistes, des quakers, des antitrinitaires, des juifs. Les libres penseurs n'étaient pas plus ménagés que les sectaires; le républicain Nevil avait tenu, disait-on, en matière de foi, quelques propos peu orthodoxes ou. peu respectueux ; on l'accusait entre autres d'avoir dit a que la lecture de Cicéron le touchait plus que celle de la Bible; » il fut dénoncé dans la Chambre des Communes * comme suspect d'impiété et d'athéisme, et ses amis eurent grand'peine à obtenir ' qu'on laissât tomber cette accusation. On voulut avoir un jour
* JoumaU ofthe h. ofC, t. VII, p. 636-637; — Burton, Diary, t. IV, p. 403-412 ; — Clarendon, StatePapers, t. III. p. 454 ; — Bordeaux à Maznririy 24 avril J659 {Documents historiques^ n® XXII}.
• U 16 février 1659. — » Le 26 février 1659.