GOUVERNEMENT DE CROMWELL
de jeûne et de prières publiques dans tout le pays pour demander pardon à Dieu des ^chismes^ des hérésies^ des blasphèmes qui s'élevaient de toutes parts, et de la mollesse du pouvoir civil à les réprimer; la déclaration qui l'ordonnait fut l'objet d'un vif et long débat ^ où reparurent les dissentiments, les prétentions et les alarmes de toutes les Églises et de toutes les sectes que Cromwell avait contraintes au silence ou à la tolérance. La fermentation religieuse se joignait de nouveau à la fermentation politique, et la liberté de conscience se sentait en péril comme la révolution : « Toutes les querelles a s'échauffent parmi nos ennemis, » écrivait Mordaunt à Hyde*; a rien ne peut rétablir leurs affaires, sinon a quelque folle tentative de notre part. Il y a quelques <ir téméraires qui voudraient se lancer dans l'action; a mais trois royaumes sont trop précieux pour qu'on se c( hasarde si légèrement*. »
Comme Mordaunt, Thurloe aussi croyait que les conspirations et les insurrections des Cavaliers pouvaient seules sauver le gouvernement du Protecteur; et comme il n^avait pas plus de scrupules que d'illusions, il faisait tous ses efforts, non-seulement pour y faire croire, mais pour les provoquer : a 11 veut absolument un complot, » écrivait à Hyde l'un de ses amis^; a il remue ciel et
*■ Les 30 mars, 3, 4 et 5 avril 1659.
« Le 14 avril 1659.
» Burton, Diary, t. III, p. 403, 296. 501; t. IV, p. 300, 388-349,— JowmaU ofthe h. ofC, t. VII. p. 622-625; — Clarendon, State-Papers, t. III, p. 450, 454.
* Le 13 avril 1659.