‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 2)Chapitre 33 sur 109 · LIVRE I— PERPLEXITÉ · texte numérisé non relu

LIVRE I— PERPLEXITÉ

nait point d'inquiétude. Monk tenait d'une main ferme celle d'Ecosse^ et n'hé»tait pas à en répondre : oc J'ap- « prends avec chagrin^ x> écrivait-il à Thurloe*, « cpie « deux de mes officiers qui sont à Londres y le colonel a Âshfield et le lieutenant-colonel de mon propre régia ment^ font de la faction et vous tracassent. S'ils étaient a ici^ ils auraient bien peu d'importance^ pas plus que les a deux premiers officiers venus. Je voudrais que Son Al- « tesse leur enjoignit de retourner à leurs commandea ments. Quant à ce qu'ils disent que les troupes d'Ecosse « partagent leurs opinions^ je vous assure qu'ils se troma pent fort; il n'y a point de troupes plus tranquilles « que celles-ci^ et elles seront satisfaites de tout ce a qu'ordonneront Son Altesse et le Parlement. » Lockhart témoignait^ dans les corps qui formaient la garnison de Dunkerque^ la même confiance. Richard prenait lui-même des soins assidus pour plaire aux soldats; il passait des revues; il se montrait préoccupé de leur bien-être et de leur solde arriérée. Thurloe faisait^ à la Chambre des Communes % de continuels efforts pour en procurer le payement. Enfin ^ Mazarin chargeait Bordeaux de dire au Protecteur que^ s'il avait besoin d'appui^ celui de la France ne lui manquerait pas. Mais toutes ces forces^ tous ces témoignages rassuraient peu Richard^ et il avait raison. Étranger toute sa vie à Vavméey il n'avait sur elle aucune influence^ ni pour elle aucun attrait; par ses opinions^ par ses relations^ par ses

1 Le 32 mars 1659*

< Entre autres, le 9 avril 1659*

UK UICHARD CROMWELL. 111

mœurs^ il lui était même suspect; les vieux soldats no voyaient pas en lui un compagnon ; son titre et son pouvoir déplaisaient aux républicains ; les puritains austères le trouvaient peu croyant et licencieux; tous lui reprochaient son goût et ses faveurs pour les Cavaliers. Richard accréditait quelquefois lui-même ces accusations en s'en défendant avec une légèreté dédaigneuse ; il fit venir un jour à Whitehall un sous-officier qui s'était exprimé avec amertume à ce sujets et lui demandant raison de ses plaintes : a Est-ce qu'on voudrait^ » lui ditil^ a que je ne donnasse d'avancement qu'à des saints? « J'ai ici Dick Ingoldsby , qui ne sait ni prier ni prêcher, a et pourtant je me fierais bien plus à lui qu'à vous tous. » Les grands mécontents de l'armée^ les meneurs ambitieux des réunions de Wallingford-House^ Desboroiigh, Fleetwood^ Lambert, Kelsey, Sydenham, exploitaient, dans les régiments, ces impressions populaires, lis étaient, de plus, malgré leurs méfiances et leurs animosites mutuelles, entrés en relation secrète avec quelquesuns des chefs républicains de la Chambre des Communes, Ludlow, Scott, même Haslerig et Vane ; leurs intérêts révolutionnaires les rapprochaient en dépit de lcm*s luttes politiques ; et dans leur égale haine pour Charles Stuart, ils s'étaient promis, tout en se combattant sur le régime constitutionnel, de concerter au besoin leur action contre l'ennemi conmiun. Desborough était ton-jours, de tous> le plus rude et le plus acharné; à la faveur des liens de famille, il assiégeait tour à tour le Protecteur de ses menaces et de ses ofires, tantôt lui

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