‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 2)Chapitre 46 sur 109 · LIVRE I.— DISSOLUTION DE LA · texte numérisé non relu

LIVRE I.— DISSOLUTION DE LA

tenus de rentrer, que nul ne pourrait s'éloigner sans la permission de la Chambre, que la porte de la salle serait fermée, et que tous les étrangers recevraient Tordre d'évacuer le vestibule qui la précédait. Ces mesures prescrites, un violent tumulte, sans débat, s'éleva dans rassemblée; une foule de membres, la plupart par passion sincère, quelques-uns pour couvrir leur connivence dans l'attentat, mirent en avant les motions les plus énergiques : on demanda que quiconque entraverait, par la force, la Chambre ou quelqu'un de ses membres, fût déclaré traître; que tout acte, tout vote adoptés par un nombre quelconque de membres de la Chambre, quand d'autres membres de la Chambre en seraient violemment éloignés, fussent essentiellement nuls; et d'autres propositions, parfaitement naturelles et légitimes en droit, mais que cependant la Chambre, dans un juste sentiment de son impuissance comme de sa dignité, ne convertit pas en résolutions positives. Sommées une seconde fois, par l'huissier, de se rendre à la barre de la Chambre des Lords, les Communes n'en tinrent pas plus de compte, et accompagnant eh corps leur orateur jusqu'à son carrosse, en présence des soldats postés à la porte du Parlement, elles s'ajournèrent au lundi suivant, 25 avril, à huit heures du matin, pour reprendre leurs travaux ^ .

Dès le soir, l'ordonnance de dissolution fut publiée;

* JoumaU of the h, of C, t. VII, p. 644 ; — Pari, hist., t. XXI, p. 349-358; — Burton, Diary, t. IV, p. 482-486 ; --Somers's Tracts^ t. VI, p. 519.

i CHAMBRE DES COMMUNES (33 avril 1659.) 1?9

des cadenas furent apposés sur les portes de la Chambre des Communes^ et des gardes places dans la cour des requêtes avec ordre d'interdire Tentrée à quiconque se présenterait. Comme si Dieu^ pour les punir de leurs discordes^ eût voulu briser, à la même heure et du même coup, les images du pouvoir et de la liberté, la monarchie tentée par Cromwell et le seul Parlement librement élu depuis la mort de Charles I" tombèrent ensemUe, et le fantôme de la république, évoqué par Tarmée, vint se replacer entre TAngleterre et la royauté •.

1 Ludlow, Mémoireê, dans ma Collection, t. Il, p. 443 :— Burton, IHary, t. IV, p. 483 ;— Wbilelocke^ p. 677.

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