LIVRE II.— ACTE DE TYRANNIE
« VOUS en avez été exclu. — J'ai autant de droit que vous- « même, ou tout autre, à siéger dansTancien Parlement « rétabli, » lui répondit Prynne, o car j'ai écrit, agi et « souffert, plus que vous et plus que personne, pour la c( défense de ses droits. » Vane intervint et traita Prynne avec hauteur : « Comment pouvez-vous être ici? Je vous « engage, en ami, à vous retirer tranquillement; sans « quoi, on prendra quelque moyen de vous faire repentt tir de votre présomption. » Prynne maintint son droit plus rudement encore : « Vos paroles menaçantes, » dit-il à Yane, « sont bien peu d'accord avec la déclaration que « vous venez de publier, et qu'on m'a remise à la porte; « vous voulez, dites-vous, maintenir et garantir les « libertés de tous, libertés d'homme et libertés de chré- « tien ; si vous les violez envers moi qui, comme Ana glais, conmie chrétien et comme membre de ce Parci lement, ai tant souffert pour les défendre, ce sera d'un a triste augure pour votre nouvelle république, et vous a ne lui gagnerez guère l'amour du peuple. » Tant de fermeté déconcertait les plus hautains; ils passèrent dans une pièce voisine pour chercher entre eux quelque moyen de se débarrasser de cet hôte indomptable. En rentrant dans la salle, ils le trouvèrent toujours immo' bile à sa place. Répugnant à un acte de violence matérielle, ils prirent le parti de lever la séance et de s'ajourner au soir* Prynne sortit le dernier de la salle, et revint après le dîner; mais, comme il s'y attendait bien> il trouva toutes les avenues strictement gardées ; un vote de la Chambre était partout afTiché qui renouvelait l'ex*