‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 2)Chapitre 63 sur 109 · LIVRE II.— LES FILS DE CROMWELL · texte numérisé non relu

LIVRE II.— LES FILS DE CROMWELL

préoccupé surtout de sa sûreté^ s'appliquait à supprimer toutes les affaires^ toutes les questions qu'il n'était pas absolument obligé d'afiCtt>nter^ et ne demandait qu'à vivre en paix avec ses voisins^ pour vivre et durer cbez lui^ malgré ses ennemis.

Cette fermeté au dedans^ cette prudence intelligente au dehors^ ne demeurèrent point sans effets et le Parlement vit disparaître quelques-uns des embarras et des périls qui l'avaient assailli à son retour.

Les deux fils de Cromwell se soumirent pleinement. Les procédés furent durs envers Richard qui mettait , il estvrai^ à rester à Whitehall^ une obstination nécessaire peut-être à sa sûreté^ mais peu digne pour lui-même et déplaisante pour ses vainqueurs. La Chambre lui fltre^ porter, par Saint-John et Pickering, l'ordre d'en sortir. Ils lui demandèrent en même temps un état de ses dettes et la signature d'un acte de soumission. Richard leur remit un état des dettes qu'il avait trouvées à la mort de son père, et qui s'élevaient à 29,640 livres sterl.; il y joignit l'état de sa fortune, qui ne lui laissait, toutes charges payées, qu'un revenu annuel de 1,299 livres sterl., sur lequel il avait encore à payer, pour ses dettes propres, un capital de 3,000 livres sterl. « Vos commissaires, » écrivit-il au Parlement, « ont été chargés de me demana der jusqu'à quel point je donne mon adhésion au « gouvernement actuel de cette République : ma cona duite passée a manifesté, je pense, ma soumission à la a volonté de Dieu^ et aussi combien j'estime la paix de a mon pays au-dessus de mes propres intérêts.... Comp-

a tant, comme tout autre homme , sur la protection du € gouyemement actuel, je me tiens pour obligé de vivre a tranquille sous ses lois, et de faire tout ce qui dépendra « de moi pour que les personnes sur qui je puis avoir a quelque influence en fassent autant. x> La Chambre se déclara satisfaite ^ renvoya l'état des dettes à Texamen de son comité des finances, chargea un comité spécial de lui proposer, « pour Richard Cromwell, fils atné de « feu le lord général Cromwell, » un établissement convenable , et lui alloua en attendant une somme de 2,000 livres sterL , en l'invitant de nouveau à quitter WhiMiaU. Richard y restait toujours, soit faiblesse d'âme à se séparer des derniers restes de sa grandeur, ou n'ayant que son ancien palais pour asile contre les créanciers qui venaient incessamment réclamer de lui, non-seulement le payement de ses dettes, mais aussi ce qui restait encore dû sur les frais des obsèques de son père. Au bout de six semaines ', sur le rapport de Has* lerig, la Chambre reprit la question, renvoya a un comité spécial 1 examen de ce qu'il y avait encore à payer pour les obsèques de Cromwell, en le mettant à la charge de la République, affranchit Richard, pendant six mois, de toute arrestation pour dettes , et lui enjoignit , sous cette garantie , de quitter WhUehall dans six jours. Richard en sortit cette fois. Comme on emportait ses meubles personnels, il recommanda spécialement à ses gens deux vieilles malles placées dans sa chambre ; un de ses

1 Le 35 mai 1659.

t Le ijuillet 1659.

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