‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 2)Chapitre 84 sur 109 · LIVRE II.— OFFRES DE CONDÊ · texte numérisé non relu

LIVRE II.— OFFRES DE CONDÊ

Willis, OU par leur propre mollesse, ou paralysés par les mesures du Parlement, la plupart des chefs royalistes étaient restés immobiles, et que personne n'osait plus engager les princes à passer en Angleterre. Une chance pourtant subsistait encore ; dans le comté de Chester, un simple gentilhomme presbytérien, sir George Booth, plus hardi que ses associés, ou averti trop tard qu'ils ajournaient leur dessein, avait levé l'étendard royal et engagé la lutte contre la répubUque. On ne savait pas bien quelles étaient ses forces, mais on espérait que son exemple ranimerait les courages : « Je ne crois pas possible, » disait Hyde * , a que nos amis restent partout « inertes et souffrent que toutes les forces ennemies « soient dirigées contre sir George Booth ; il serait dé- « plorable que le parti sur lequel le roi comptait plus a que sur tout autre ne mît pas un seul homme en « mouvement, au milieu de circonstances si propices. » Charles résolut de ne pas renoncer à son plan, et laissant le duc d'York à Boulogne, avec des instructions sur la conduite à tenir en Angleterre quand le moment d'y passer arriverait, il quitta Calais pour errer sur les côtes de Normandie et de Brelagne, en attendant des nouvelles de sir George Booth et les moyens d'aller le rejoindre. Il était à peine parti lorsqu'une lettre lui vint de la reine sa mère, l'informant que Turenne, alors à Amiens, dé- ' sirait s'entretenir avec lui. En l'absence du roi, le duc d'York se rendit à Amiens. Turenne, l'oyaliste en Angleterre comme en France, lui proposa de mettre à leur

1 Le 5 septembre 1659.

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