‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 2)Chapitre 83 sur 109 · LIVRE II.— MESURES DU PARLEMENT · texte numérisé non relu

LIVRE II.— MESURES DU PARLEMENT

bien. » Le m«yor Harley, mandé d'abord devant le Parlement^ puis au Conseil d'État^ pour menées séditieuses, répondit à ceux qui Tinterrogeaient sur le complot royaliste : c( Le Parlement a d'autres ennemis auxquels il a ferait bien de songer; il y a, dans Tarmée, des officiers « qui se préparent à le dissoudre.» — «Nommez-les,» lui demanda Fleetwood avec colère. — « Votre seigneurie a est à la tête de la conspiration, » répondit Harley qui fut aussitôt envoyé en prison. Mais les royalistes n'étaient pas tous aussi hardis, ni aussi obstinés ; parmi les grands seigneurs surtout, plusieurs s'intimidaient et se montraient disposés à saisir tout prétexte de se tenir à l'écart. Willis, bien informé de cet état intérieur du parti, en profita pour servir les républicains qui le payaient, en tirant d'un pas hasardeux quelques-uns au moins des royalistes qu'il trahissait. Il soutint et fit prévaloir, dans le petit comité où il siégeait toujours, l'opinion qu'en présence des découvertes qu'avait faites et des mesures qu'avait prises le pouvoir, l'insurrection devait être ajournée. Avec plus ou moins d'empressement, les lords Oxford , Bruce , Northampton , Faulconbridge , Willoughby, se rendirent à ce conseil ; et Willis, se hâtant d'en donner avis à Bruxelles, conjura le Roi de s'abstenir de toute démarche prématurée et d'inutiles périls K Charles savait la trahison de Willis ; le secrétaire in-

< Jowmals of the h. ofC, t. VII, p. 705, 707, 715, 716, 717, 720, 721, 723, 726, 728, 729. 730-731 j — Clarendon, Hist, of theRebell, 1. XVI, c. 28-33; State-Papers, t. III, p. 516, 519, 524, 531-534;— Mémoires de Jacques II, t. II, p. 4, dans ma Collection; — Bordeaux à MazaHn, 29 juillet et 7 août 1659 {Documents historique*, n* XL VI).

CONTRE LES ROTALISTES. 908

time de Tburloe, Samuel Morland^ Ten avait naguère fait instruire, probablement à l'instigation de Thurloe lui-même, et en lui en envoyant les preuves certaines. Au milieu des crises et des ténèbres révolutionnaires, c'est le soin des hommes à la fois importants, habiles et subalternes de rendre des services à toutes les causes et de se ménager des protecteurs dans tous les camps. Charles, convaincu après avoir longtemps douté, s'empressa de transmettre à ses amis à Londres la révélation qu'il venait de recevoir, et ne tenant, pour luimême, aucun compte des conseils de Willis, il quitta Bruxelles pour se rendre à Calais^ domiant à son frère, le duc d'York, Tordre d'aller de son côté à Boulogne, et décidés l'un et l'autre à passer en Angleterre dès qu'ils apprendraient que l'insurrection avait éclaté. Charles partit secrètement avec son médecin, le docteur Quartermaine, pour unique compagnon, et en humeur facile et gaie, quoique sans grande confiance dans le succès. Au moment de son départ, Condé, encore en exil ets'ennuyant à Bruxelles, lui avait offert de se mettre en personne à son service, ou de lui donner du moins quelques troupes avec le comte de Harsin pour les commander. Charles rencontra Marsin dans le premier village où il passa la nuit; il n'y avait qu'un lit dans leur misérable auberge : le roi contraignit Marsin à le prendre, et coucha sur une botte de paille ; arrivé à Calais, où le duc * d'York vint le trouver, ils apprirent aussitôt que l'insurrection générale avait manqué, que, sur les avis de

* Au commencement d'août 1659.

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