‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 2)Chapitre 92 sur 109 · SE REND AUX PTRÉNÉES · texte numérisé non relu

SE REND AUX PTRÉNÉES

(( rite que celui que des sujets eussent fait le procès à et leur roi et Teussent exécuté à mort^ et que la Repua blique d'Angleterre s'établissant ^ c'était une puissance « à redouter pour tous ses Toisins, puisque^ sans exagéa ration j elle serait cent fois plus considérable que n'était « celle des rois d'Angleterre. » Hais Mazarin qui^ après tant d'épreuves^ touchait au triomphe de sa politique^ la Fronde et l'Espagne Taincues^ la paix rétablie au dedans et au dehors^ la royauté française élevée au-dessus de ses sujets rebelles^ de ses rivaux^ et en possession de l'ascendant européen^ Mazarin était décidé à ne point se laisser distraire de cette grande œuvre, et à écarter toute complication, toute entreprise qui eût pu en aggraver la difficulté ou en compromettre le succès. Il était d'ailleurs, par prudence, sinon par respect du droit, peu enclin à intervenir dans les aifedres intérieures des autres États, et son bon sens lui faisait penser que la république d'Angleterre tomberait probablement d'ellemême, tandis que, si des étrangers tentaient de la renverser, l'entreprise serait bien plus difficile que ne le prétendaient les royalistes anglais : <( J'ai dit à don « Louis, écriyaitril*, que je souhaiterais fort que les « choses fussent disposées en la manière que le roi « d'Angleterre croyait, et que si son rétablissement dé - 0 pendait d'un secours de quatre à cinq mille hommes, « je ne doutais pas que le roi Catholique ne les lui fît a fournir sans aucun délai, puisque la paix qui allait

* Le 16 novembre 1659.

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c( être conclue le mettait en état de le faire sans en rece- « voir le moindre préjudice, et que je ne croyais pas « que Sa Majesté Catholique voulût partager avec qui (( que ce soit la gloire du rétablissement du roi d' Anglece terre. » 11 refusa de voir le roi lui-même; et lorsque le ministre de Charles à Madrid, sir Henri Bennett, essaya d'entrer inopinément chez le cardinal pour lui arracher une audience qu^il n'avait pu en obtenir, Mazarin lui fit péremptoirement fermer sa porte : a Je lui envoyai a dire par Besmeaux ^ que je ne pouvais pas le recevoir, « ayant eu sujet d'appréhender qu'un procédé si extrace ordinaire n'eût été concerté avec don Louis, afin de c( donner à M. Lockhart quelque ombrage qui pût c( causer du changement dans nos affaires avec la Répu- « blique d'Angleterre'. »

Lockhart en effet était là en même temps que Charles II, toujours vigilant, adroit et fier, et bien mieux traité que le roi. Don Louis de Haro le recevait en audience avouée'* et s'entretenait avec lui des moyens de rétabhr la paix entre les deux États. Mazarin l'admettait dans son intimité familière, lui rendait de bons offices auprès des Espagnols, lui communiquait même quelques-unes des lettres qu'il recevait d'Angleterre sur la situation et les

1 Le 30 août 1659.

' CleLTendon^ Hist.oftheRehell.t L xvi, c. 45-74; Staté-PaperSf t. III, p. 560-562, 569, 572-573; — Lettres du cardinal Mazarin sur les négociations pour UTrailé des Pyrénées, t. I, p. 92, 151; t. II, p. 194, 199, 252;— Mémoire* de Jacques II, dans ma Collection, t.ll, p. 8; — L'ahhé Montagne au cardinal Mazariti, 28 septembre 1659; — Bordeaux à Mazarin, 29 septembre 1659 {Documents historiques, n» L).

8 Le 22 août 1659.

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