CONTRE LAMBERT ET L'ARMÉE. S
le Parlement ^ déjà si mutilé ^ n'y avait même pas toutes ses forces; une nouYelle dissension s'opérait sourdement dans son sein. Plus souple que Haslerig^ couTaincu que larupture du Parlement avec l'armée perdait la Republique^ et Toulant^ à tout prix^ la sauver^ Vane s'était lié avec les officiers et leur prêtait son appui. C'est le propre des esprits subtils et chimériques de croire que le succès est toujours possiUe et de le chercher tour à tour dans les combinaisons les plus contraires. Vane qui^ au nom de l'intérêt de la République^ avait déjà sacrifié le peuple aux sectaires» se laissa aller cette fois à sacrifier le Parlement aux soldats^ prenant toujours plus bas ses appuis à mesure que sa cause était en plus grand déclin» et cherchant son salut même dans l'abandon de ses principes et de ses amis ^
Fleetwood, selon l'ordre qu'il en avait reçu, commu* niqua» aux officiers réunis chez lui» les résolutions du Parlement. Plusieurs regrettaient sincèrement et tous affectèrent de regretter la démarche qui menaçait la République d'un si grand péril. Il fut résolu qu'on n'insisterait pas sur la pétition des officiers de Lambert » et qu'on en rédigerait une autre» non-seulement plus modérée, mais qui ferait acte d'adhésion à l'autorité du Parlement et promettrait de le soutenir contre tous les perturbateurs de la République. On convint qu'un Conseil
1 Ludlow, Mémoires, t. II, p. 525'538; — Mistriss Hutcbinson, Mémoires, dans ma Collection^ t. II, p. 289; — Baker, Chronicle, p. 711; — Whitelocke, p. 683 ; — Bordeaux àMazarin et à Brienne, 13 et 20 octobre 1659 {Documents historiques, n" LIV).
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général des officiers se réunirait dans quatre jours pour discuter cette nouveOe adresse. Hais quand le Conseil se réunit^le projet qui lui fut présenté se trouTa tout autre que n'en avait été^ chei Fleetwood^ la première pensée. Le préambule était plein de protestations de fidélité à la République^ et désavouait^ au nom de Tarmée, toute atteinte à Taulorité^ à la liberté et à la dignité du Parlement; on ne protionçait plus aucun nom propre; on ne demandait plus pour Lambert^ Desborough^ ni aucun autre^ aucun titre ou pouvoir nouveau; mais on se plaignait que Tarmée eût été calomniée auprès de la Chambre; on justifiait les intentions de tous les officiers^ de ceux de Lambert comme de leurs camarades ; on réclamait le droit de pétition pour Tarmée aussi bien que pour le peuple ; on maintenait^ en principe^ le vœu que le commandement en chef cessât d'être temporaire y et que nul officier ne pût être privé de son emploi sans le jugement d'une cour martiale. On demandait enfin qu'à l'avenir quiconque donnerait au Parlement de fausses informations contre ses serviteurs de l'armée^ et sèmerait entre eux des méfiances, fût traduit en justice et sévèrement puni. Des réclamations s'élevèrent, au sein du Conseil, contre ce projet, mélange chocpiant d'hypocrisie et d'arrogance ; les colonels Okey, Hacker, Sanders et plusieurs autres le combattirent vivement; quelquesuns laissèrent même entrevoir qu'ils en écriraient au général Monk, comme ils le firent en effet, pour lui demander d'employer son influence à arrêter des prétentions et des démarches qui amèneraient, entre le Par-