‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 3)Chapitre 112 sur 132 · M£N££S DE CROMWELL · texte numérisé non relu

M£N££S DE CROMWELL

taqiôt a\ec eux et des membres du Parlement^ ou même ayec des ecclésiastiques^ presbytériens ou autres^ qu'il consultait conune sur un cas de conscience, de fréqueiits entretiens où il s'efforçait de les amener à se» Tues ; mais il rencontrait quelquefois des résist^çes ^uBsi franches que ses propres paroles étaient indiscrètes et emportées. Dans Tune de ces conférences, le docteur (Idward Calamy, prédicateur cher à la Cité, combattit vivement le système d'un pouvoir unique comme illégitime et impraticable ; « Pour illégitime, non, » dit Cromwell, c( car le salut du peuple est la suprême loi j a et pourquoi impraticable, je vous prie?— Parce que a c'est contre le vœu de la nation, » répondit Cal^my; a neuf hommes sur dix seront contre vous,— Mais si je « désarme les neuf, et si je mets Tépée dans la m^n m du dixième, est-ce que l'affaire ne sera pas faite ^? » Ces hardiesses d'un vainqueur tant de fois éprouvé entraînaient la plupart des assistants, mais en effrayaient aussi quelques-uns. Les sectaires passionnément mystiques, Harrison à leur tête, appartenaient à Cromv^ell j le Parlement n'était, à leurs yeu3^, qu'un pouvoir profane qui tenait la place du gouvernement de Christ, seul roi légitime, et ils attendaient, de la piété de CronivveU^ l'avènement du règne des saints, et de sa vaillance, l^ chute de l'Ante-Christ, c'est-à-dire du pape et des Turç^.

* Forster, Statesmen oftheCommonwealth, t. V, p.Ô2; — Lif» af Oliver Cromwell {5" é dit. Londi'eâ, 1743), p. 225;^Neal, Bist. ofthe Pimtans, t. IV, p. 374.

CONTHE L,E PARLEMENT (1652). 335

Les esprits libres^ les politiques mondains coniprenaîent que la lutte entre leur général et le Parlenient oe pouvait se prolonger et que le nioment approchait d'en finir. De nombreuses lettres arrivèrent des officiers de Tarmée d'Ecosse, promettant à Tarmée d'Angleterre leur adhésion. Dans Tarmée d'Irlande, les dispositions étaient moins unanimes ; Ludlow, qui n'avait pas cesgé d'y servir avec éclat, y exerçait une grande influence^ toute employée à entretenir l'esprit républicain, Trois officiers, le colonel Venables, le quartier-niaitre général Downing et le major Streater, se rendirent à Londres pour s'opposer aux desseins qu'ils entrevoyaient. Crom*well gagna ou ût taire Venables et Downing; mais Streater tint bon, et alla jusqu'à dire, dans une confé-» rence, « que le général cherchait sa propre grandeur j, « ce qui était trahir leur glorieuse cause pour laquelle « tant de sang avait été répandu, d Harrison repoussai cette accusation^ disant « qu'il était sûr qqe le général « ne se cherchait point lui-même et ne voulait qu'on- « vrir la voie an règne de Christ. » — a Eh bien! >> reprit Streater, a que Christ vienne avant Noël, sans qqpi U « viendra trop tard *, »

Le péril n'était pas si pressant que Streater le pan^^ sait; CromweU savait sentir les obstacles et prendre du temps pour les surmonter : au milieu de cette lutte si chaudement engagée, et sans doute pour la ral^ntii* on

* Forster, Statesmen ofthe Commonwealth, t. V, p. 44 ; — TheLife of 01. CromweU, p. 228 ;— Whitelocke, p. 553.

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