EFFETS DU PROCES DE CHARLES
réprobation; les chaires retentirent de malédictions contre les sectaires anarchiques et sacrilèges; le clergé de la Haye se rendit en corps auprès de Charles H, et lui exprima solennellement sa douleur et son horreur. Le sentiment du peuple répondait à ces manifestations de l'Église; les détails du procès et de la mort de Charles I*"^ étaient recueilUs et propagés avec un pieux respect; une femme de la Haye accoucha et momiit, saisie d'efTroi, en les entendant raconter. Les représentants ou les partisans des meurtriers royaux rencontraient, dans les rues, Taversion et Finsulte; par instinct populaire, par conscience chrétienne, par sagesse politique, la Hollande protestante et répubUcaine repoussait toute apparence d'indulgence pour cet acte inouï, plein de péril social comme d'iniquité *.
Dans les pays catholiques, en Espagne, en Portugal, en Italie, dans T Allemagne méridionale, l'impression fut de nature différente, mais non pas moins forte. Le clergé et le peuple virent, dans le sort de Charles P', la conséquence naturelle de l'hérésie, et un coup delà justice de Dieu qui punit les uns par les autres, quand ils se séparent de son ÉgUse , les peuples et les rois. L'attentat excita une aversion profonde, avec moins de surprise que dans l'Europe protestante, et peut-être aussi avec moins de sympathie et de douleur.
En France , les impressions étaient plus mêlées : au
1 Clarendon , Hist. of the Rébellion, 1. xii, cl; — Wicquefort , Histoire des Provinces-Umes, t. IV, p. 155;— Whitelocke, p. 386-390.