LE PRINCE ROBERT
aucun revenu permanent ni assuré. H chercha et . trouva, dans la flotte commandée par le prince Rohert, des ressources précaires, mais quelquefois abondantes ; elle se promena dans la Manche, dans la mer du Nord, tout autour de l'Angleterre, faisant sur le commerce de la République, et souvent au hasard sur le commerce de tous les peuples, des prises nombreuses et riches ; ce fut une flotte de corsaires sous pavillon royal , cliargés de pourvoir aux dépenses du roi proscrit. Des armateurs particuliers, anglais, écossais, français, hollandais^ demandèrent à s'associer, en armant à leurs frais des bfttiments, à cette vie d'aventures et de profits; l'autorisation leur fut aisément accordée , ou vendue ; des ordres de Charles 11 réglèrent ce service et le partage de ses produits; un quinzième de la valeur de toutes les prises fut attribuée au roi , un dixième à l'amiral ; le restant fut divisé en trois parts, une pour les propriétaires du bâtiment, une pour les fournisseurs des vivres et objets d'entretien, la troisième pour l'équipage, selon le rang et l'emploi de chaque homme, depuis l'amiral jusqu'au simple matelot. Toute sûreté commerciale et personnelle disparut de ces mers; elles devinrent une arène de déprédations incessantes, véritable guerre privée à laquelle les vaisseaux mêmes du roi de France et des États généraux de Hollande^ en déguisant leurs pavillons, ne laissaient pas quelquefois de prendre part K
*■ CUrendon, HisL ofthê RebeUion, 1. xi, c. 24, 36, 14^153;—