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tude ni emportement. Il ne se montra point pressé d'être reconnu par elles, ni empressé d'établir, auprès d'elles, les représentants de la République. Non qu'il ne ressentît à cet égard aucune impatience; il fit sonder plusieurs fois les agents étrangers qui restaient encore en Angleterre , Croullé , Cardenas , Joachim , tantôt pour savoir d'eux comment seraient reçus , à leurs cours, les ministres que la République pourrait y envoyer, tantôt pour leur ftdre entendre qu'ils ne pouvaient continuer eux-mêmes de résider à Londres s^ils ne recevaient, de leurs gouvernements, de nouvelles lettres de créance qui les accréditassent auprès du Parlement*. Le vif désir d'être reconnu perçait de temps en temps par des voies indirectes : « On a imprimé ici, écrirait Croullé à Mazarin, que les conseillers d'État de France avaient traité avec les marchands anglais sur le sujet des affaires qu'ils poursuivent, et avaient par là reconnu le Parlement comme représentatif de la République. Je souhaite qu'ils se veuillent contenter de cette reconnaissance imaginaire *. » Le Parlement ne s'en contenta point , il continua au contraire de se montrer, à cet égard, exigeant et patient à la fois, décidé à attendre
1 Lettres de Croullé à Mazarin (15 novembre et 6 décembre 1649, 7 novembre 1650) ;—de Servien à Croullé (6 novembre 1649) {Archives des Affaires étrangères de France); — de Cardeûas à Philippe IV (20 juin et 13 août 1649); Délibération du conseil d'État de Madrid sur la reconnaissance de la République d'Angleterre (9 octobre 1649 [Archives de Simancas) [Documents historiques, no« VI et IX).
« Le 23 août 1649 [Archives des Affaires étrangères de France), T. I. 14
ÎIO ATT^TVDK DV PARLEMENT REPUBLICAIN
la reconnaissance de la République aussi longtemps qti'elle ne serait pas complète, et délibérant à diverses reprises, et avec une susceptibilité jalouse, sur les formes qui devaient être obser>ées dans ses relations avec les gouvernements étrangers ^ Mais son atti^ tude était tranquille autant que flère ; il déclara pu^ bliqtlement son intention de maintenir tous les traités existants entre TAngleterre et les autres États * ; il recommanda au conseil d^tat d'entretenir partout dés consuls afin que les bonnes relations d'afl^ires ne fussent pas interrompues'; il conserva en France un agent officieux > nommé Augier, qui veillait ac^ tlvement aux intérêts anglais*; il resta eu i^pports fréquents et bienveillants^ à Londres , avec quelquesuns des ministres étrangers^ tels que l^pagtiol Cardeiias et le Hollandais Joacbim, qui n'avaient pas encore reçu de nouvelles lettres de créance^ mais dont il connaissait les bonnes dispositions. A travers de nombreuses marques d'inexpérience et quelques velléités d'arrogance, la conduite des meneurs républicains^ en fait de politique extérieure, indiquait autant de réserve que de fierté, une prudence intelligente, et le désir de
* Les 24 mai 1660, l»»^ janvier et 7 août 1651, 8 janrier 16^2; — JoxM-naU of the Home of rommons, t. VI, p. 416, 617, 618 ; t. VII, p. 64.
« Le 17 avril 1649 ;— Thurloe, State-Papers, 1. 1, p. 185. ' Le 14 décembre 1649; — Journals of the Hoxise of commons, t. VI, p. 333.
* Le 5 février 1649; — Jomnah of the Hovfte of commons, t. VI, p. 1.32, 494.
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rester* en pait au dehors pour ne pas aggraver, au dedanô^ les difficultés et les charges de leur gouvernement.
8ur un seul point ils entrèrent, sans ménagement et à tout risque, dans une action forte et même violente* Dès le mois de juin 1648, une portion considérable de la flotte> onze \aisseaux s'étaient soulevés contre le Parlement et étaient allés en Hollande se mettre aux ôrdreë du prince de Galles pour servir la cause du roi prisonnier. Au mois d'octobre suivant^ le prince Robert fttt nomhié amiral de cette flotte royale ; étranger jus^ que-là à la mer, il était d'une bravoure iKipulaire, nrdeht aux aventures, sans crainte de la vfé dure et incertaine, famiUer et hbéral avec ses inférieurs ; il plut aux matelots comme aux soldats, et il continua sur mer^ contre la RépubUque, la même guerre acharnée» errante et pillarde qu'il avait faite sur teire au Parlement. Charles II vivait dans une détresse profonde; l'argent lui manquait pour aider son parti, |k)Ui^ payer ses serviteurs, pour envoyer un messager à la reine sa mère> pour se mettre lui-même en voyage» Son l>eau* frère, le prince d'Orange, ne |)ouvail> malgré la plus généreuse amitié, suffire à tous ses besoins ; quelques^ uns des princes du continent, le duc de Lorraine, la reine de Stiède, le roi de Pologne, le czar de Russie, lui firent quelques prêts ou quelqties présents ; ses fidèles amis d'Angleterre lui envoyaient une part de ce que leur laissaient les confiscations ou les séquestres; mais ces secottrs étaient promptement épuisés ; Charles n'avait