MAZARIN SE DÉCIDE A
toutes les autorités françaises élevèrent les plu^ instantes réclamations; en valu le duc de Vendôme, grand amiral, écrivit à Tamiral Blake, au conseil d'État républicain, au Parlement même *; ilsrépondirentque les lettres démarque données par le gouvernement français avaient causé et causaient encore au commerce anglais les plus grands dommages, qu'ils avaient résolu d'en obtenir oq d'en prendre réparation, et ils refusèrent de relâcher les bâtiments saisis *. Évidemment le Parlement ne voulait pas acheter la reconnaissance de la République au prix que Mazarin voulait lui en faire payer ; il était décidé à maintenir, entre la France et l'Espagne, sa flottante neutralité, et penchant toujours vers l'Espagne , il saisissait volontiers les occasions de faire sentir à la Francç gqn pouvoir de lui nuire. Don Alonzo de Cardenas entretenait avec soin, à Londres, cette disposition; l^ démarches et les envoyés de Mazarin lui avaient causé de vives inquiétudes ; il en avait exactement informé sa cour en la pressant de faire, de son côté, au Parlement les avances et les concessions nécessaires pour prévenir, entre l'Angleterre et la France, tout rapprochement. Tantôt il travaillait à faire entrer TEspagne dans une alliance intime avec les deux républiques protestantes de Londres et de la Haye contre la France et le Portugal; tantôt il demandait à sa cour de seconder
* Le 23 septembre 1652. — Manuscrite de Brienne {Bihliotkèque impériale).
' Le 12 décembre 1652; — JoumaU oftheHouse ofcommons, t.YII. p. 175, 195; ^!U;—RohertBlalce, p. 208-210.
KECONNAITRB LA RÉPUBUQUE (picbmbrb 1652). 968
l9$ Anglais dans une entreprise sur Calais, à charge par eux d'aider les Espagnols dans les sièges de Gravelines, Dunkerque et Mardyke. Enflu il entreprit de conclure^ entre l'Espagne et la République d'Angleterre, un traité formel d'amitié qui liât sûrement les deux États; et le 90 septembre 465â il envoya à Madrid un projet en yiqgt-quatre articles, déjà présenté par lui, le 13, au conseil d'État républicain, qui se montrait assez enclin . à t'acceptera
Pressé par ces périls, Hazarin se décida enfin à reconnaître la République sans en recueillir, à l'heure mâme, le fruit : le ^ décembre 1652, M. de Bordeaux^ conseiller d'État et intendant de Picardie, reçut la mismu de porter au Parlement une lettre du roi et de rétablir les relations offlcielles des deux États. La résolution fut prise et exécutée sans liardicsse ni bonne grâce, d'un air à la fois hautain et embarrassé. Les instructions de M. de Bordeaux portaient formellement qu'il n'était point ambassadeur, et il avait ordre de le déclarer en arrivant; elles semblaient faire, des intérêts commerciaux des deux pays et de la restitution des sept vaisseaux pris en allant à Dunkerque, l'objet presque unique de sa mission ; elles lui recommandaient, a la vérité, « de ne rien dire qui fasse rupture ni qui offense les Anglais, pour ne leur donner aucun prétexte de se
1 Lettres de Cardehas à Philippe IV (23 janvier, 5, 15 et 25 fé- Trier, 19 juillet, 12 et 20 septembre 1652 ; — Délibérations du conseil d*Èiat de Madrid, sur les dépêches de Car détins (14 août). (Archives de Simancas^ Documents historiques, iio XXT.