‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 3)Chapitre 88 sur 132 · L'ANGLETERRE ET LES PROVINCES-UNIES. 2H · texte numérisé non relu

L'ANGLETERRE ET LES PROVINCES-UNIES. 2H

deux nations la conviction qu'ils lui portaient une sympathie sincère. Mais en même temps, dominés par un orgueil mêlé .de rancune, ils écoutèrent et débattirent ses propositions avec Tentêtement hautain d'un i)ouvoir confiant dans sa force et ardent à se venger d'un mécompte qu'il prend pour une injure. Dans l'un et l'autre pays, les sentiments populaires concouraient avec cette disposition du gouvernement anglais ; en Hollande, soit esprit orangiste, soit rivalité nationale, le peuple s'attendait à la guerre et se montrait plus porté à la désirer qu'à la craindre ; les pêcheurs des bouches de la Meuse racontaient, avec une patriotique confiance, leurs visions de grandes armées navales qui avaient apparu dans l'air, au-dessus de leurs côtes, se livrant de grands combats, d'où ils pronostiquaient le triomphe du pavillon hollandais. À Londres, la multitude était encore plus animée : elle entendait parler tous les jours de procédés hostiles, sur mer, entre des bâtiments anglais et des bâtiments hollandais; c'étaient tantôt des affronts et des pertes que le commerce anglais avait subis, tantôt des réparations hardies qu'il s'était données lui-même, aux dépens de ses rivaux ; et plus d'une fois, sur le bruit de ces nouvelles vraies ou fausses, la populace se porta vers la maison que les ambassadeurs hollandais occupaient à Chekea, si disposée à les insulter que le Parlement se crut obligé d'y envoyer une garde pour leur sûreté '.

1 Jovrnah ofthe House of comynons, t. VII , p. 45, 53-54, 56, 58,

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