‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 4)Chapitre 63 sur 116 · II · texte numérisé non relu

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1! irouva les chdmbres en proie aux plu* brusques alternatives de colère et de peur, de fermeté et de faiblesse. Aux premières nouvelles de Tenlêvement du roi, l'épouvante avait été générale; Skippon, que les presbytériens s'obstinaient à regarder comme un des leurs, demanda d'un ton lamentable un jeûne solennel pour obtenir du Seigneur que Tharmonie se rétaUtt entre le parlement et l'armée ; et en attendant on vota , d'une part, qu'un fort à-compte serait payé sur les arré* rages; de Tautre, que la déclaration qui avmt traité de séditieux le premier projet dci pétition des officiers serait rapportée et biffée des régis • très ('). De nouveaux renseignements, en excitant l'indignation, rendirent aux chambres quelque courage ; on reçut des con^missaires le récit détaillé des scènes de Holmby; on eut connaissance de ia lettre de Joyc« à Cromwell ; on crut môme savoir précisément quel jour, au quartier général, dans une conférence de quelques officiers et des ppin^^ cipaux agitateurs, à l'instigation de Cromweli, avait été conçu et arrêté cet audacieux coup de

p. 24-25. — Mémoires de Warwick, p. 252. — Mémoires deFatrr«x, p. 40S-410.

{^, Le 5 juin Î6I7. VaH. IHsi , t. UI, c<A, .%S2, 597. — il<%io<r« dfrHoMîs, p. Î39.

main (-). Quand le lieutenant g<méral reparut dans la cambre, les soupçons éclatèrent ; il les repoussa avec passion y prenant à témoin Dieu , les anges et les bommes y qu'avant ee jour Joyce lui était aussi étranger que la lumière du soleil à Tenfent dans le sein de sa mère (*). Cependant HoUis^ Glynn^ Grimslone^ fermement convaincus, cherchaient partout des preuves, décidés à saisir le premier incid^it pour demander son ârrestati<m. Un matin, peu avant l'ouverture de la séance , deux offiders vinrent trouver Grimstone : a Naguère , lui dirent- »ils, dans une réunion d'offîciers, on examinait » s'il ne conviendrait pas d'épurer l'armée pour » n'avoir que des gens sur qui l'on put compter : y> — Je suis sûr de l'armée, a dit le lieutenant i> gtoéral ; mais il y a un autre corps qu'il est bien » plus urgent d'épurer, la chambre de^ communes; 9 et l'armée seule peut le £are. — Répéteriez- 9 vous vousHnémes ces paroles à la chambre? leur » dananda Grimstone. — Nous scmimes tout prêts ; » et ils l'accompagnèrent à Westminster. La séance était ouverte, un débat entamé : « Memsieur l'ora* » tedr, dit Grimstone en entrant, je supplie la «> chambre d'ordonner que le débat soit suspendu ;

(>) Le 30 mai, selon Hollîs, p. 129.

O Harrifl, TÀfe of CremuM^ p. 97, dam la note.

33A RÉVOLUTION DAMGLETEHRE.

» j'ai à Fentretenir d'une question bien plus pres^ » santé ^ Men plus grave ; il s'agît de sa propre » liberté y de sa propre existence; » et il accusa CiTom well j présent à la séance y de méditer conbre la chambre l'emploi de la force armée : « Mes » témoins sont là, dit-il; je demande qu'ils soient «introduits. » Les deux officiers parurent, et renouvelèrent leur déclaration. A peine ils s'étaient retirés , Cromv^ell se leva ; et tombant à genoux , fondant en larmes y avec une véhémence de paroles y de sanglots et de gestes qui saisit d'émotion'ou de surprise tous les assistants, il se répandit en pieuses invocations, en ferventes prières, appelant sur sa tète, si quelque homme dans tout le royaume était plus fidèle que lui à la chambre, toutes les condamnations du Seigneur. Puis, se relevant, il parla plus de deux heures, du parlement, du roi , de Tannée , de ses ennemis , de ses amis, de lui-même; abordant et mêlant toutes choses, humUe et audacieux, verbeux et pas* sionné, répétant surtout à la chambre qu'on l'in* quiétait à tort , qu'on la compromettait sans motif, que, sauf quelques hommes dont les regards se tournaient vers la terre d'Egypte, officiers et sol« dats, tous lui étaient dévoués et fociles à retenir sous sa loi. Tel fut enfin son succès que, lorsqu'il

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se rassit y l'ascendant avait passé à ses amis, et que y <c s'ils l'eussent voulu, » disait trente ans après Grimstone lui-même, « la cliambre nous eût » envoyés à la Tour, mes officiers et moi , comme » calomniateurs (^). »

Mais Cromwell était trop sensé pour tenir à la veng^nce, et trop clairvoyant pour s'abuser sur la valeur de son succès. Il comprit à Tinstant que de telles scènes ne pouvaient se reproduire; et, la soir même de ce grand triomphe, il quitta Londres secrètement, se rendit à l'armée réunie à Triploe? Heath f), près de Cambridge; et cessant, avec les presbytériens et les chambres , des ménagements désormais impossibles, même à son hypocrisie, il se mit ouvertement à la télé des indépendants et des soldats.

Quelques jours après son arrivée , l'armée était en marche sur Londres ; un engagement solennel de soutenir jusqu'au bout leur cause avait été souscrit par tous les régiments ; sous le nom d'^timbte représentation y ils avaient adressé aux chambres (^) , non plus seulement le tableau de leurs propres griefs , mais l'expression hautaine de leurs

(i) Buroet, Hist. de mon t&f»ps, 1. 1, p. 93-95, dans ma Collection, <>} Le 10 Juin 1647. Mémoiret de HolKs, p. 133. (3) Le 14 juin 1617.

3S0 HÊVOLUTION JD'A^GLETI^fi£.

vœux 8ur les affaires publiques , la coo^itulioa du parlement y les élections ^ le droit de pétition ^ la réforme générale de TËtat (^)« Enfin, à ces de-* mandes jusque-là inouïes ébat joint un projet d'accusation contre onze membres des communes^ Hollis f Stapleton , Maynard , etc. (') , ennemis de Varmée, disait-^on^ et seuls auteurs des fatales méprises où tombait sur son compte le parler ment.

Les presbytériens avaient prévu le coup^ et cbeN cbé d'avance à s'en défendre. Depuis quinze jours ils mettaient tout en œuvre pour animer en leur feveur le peuple de la cité : il se plaignait des droits perçus sur le sel et la viande, on les abolit (^); les apprentis avaient réclamé contre la supprcs? sien des fêles religieuses , de Noël surtout , jadis jour de gaieté pour toute l'Angleterre ; on institua des jours de récréation publique pour 1^ remplacer (^) . Un cri général continuait de s'éle-

(1) Ho8hworth, part. 4, t. I^ p. 564.

(^) Denzil Hollis, sir Philippe Stapleton, sir William Lewis, sir John Clotworthy^ sir William Walter, sir John Maynard^ Glyna , Aiitaiiie NIchola, le major général Massey,,et les colonels Walter I^ng et Harley. (Rusbwortb , part. 4, t. I, p. 570.)

(3) Les 11 et 25 juin. Wbitelocke, p. 255. — Rusbworth, part. 4, r. I, p. 592.

(«) Le 8 juin. />aW. Hâlv, t. lll, coL 594. •-- Whiteiocke, p. 243, 254. — Rushviorth, part 4» 1. 1, p. 460, 5i8.

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