‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 4)Chapitre 73 sur 116 · LIVRE SEPTIÈME. (1646-16/i · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME. (1646-16/i

» rite , je ne vois pas pourquoi je ne gouvernerais » pas aussi bien qu'eux le royaume (*). » C'était lui enfin qui , dans le comité chargé de Taffenre de Lilburne , avait suscité mille petits incidents pour qu'on le retînt en prison (*). Lilburne le dénonça formellen^ent aux agitateurs, en énumérant tous les emplois dont lui et lès siens s'étaient emparés (^). Les agitateurs à leur tour demandèrent aux chambres la liberté de Lilburne (^), à Fairfax celle de quatre soldats détenus seulement) direntils, pour quelques paroles injurieuses et menaçantes contre la personne <lu roi (*). Il fut même question entre Lilburne, Wildman et quelques autres , de se défeire de Gromwell par l'assassinat (^). Aucune tentative n'eut lieu; mais soit à cette occasion , soit par quelque autre cause , le conseil même des agitateurs devint suspect aux soldats : le lieutenant général y avait, disait-on , des créatures qui l'informaient de tout. Pour échapper à ce péril , plusieurs régiments nommèrent , sous

{*) Mémoires de Ha&tington , p. 326.

(^ Biographia BrUannica, à Fartîcle Lilburne, t. V, p. 2950, note II.

(*) rbid.y p. 2949, note EE.

(4) Bushworth, part. 4, t. Il, p. 790. ft /bid.,p. 808, 811.

(•) Mémoires deHoWis, p. 232. — Mémoires de Berkley, p. 193.

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le titre de nouveaux agents^ des agi tateilrs plus sArs y chaînés de surveiller les traîtres et de servir la bonne oause, n'importe en quel lieu et à qilel prix. Quelques officiers supérieurs^ quelques membres des ooniniunesy Rainsborough, Ewers^ Harrison ^ Robert Lilbunie (^)^ Scott ^ se portèrent les chefe de Hnsurreotidn ; et la SsU^tioii la pluâ violente , ainsi séparée du conseil général des offi-' ciers et des chambres^ comiUença à proclamer hautement ses maximes et ses desseins (') .

L'inquiétude s'empara de CromiVell : il voyait l'armée désunie , les rdyalîstes et les presbytériens épiant le nioment de profiter de ses discordes^ luimême attaqué par dés b(»nmes d'une volofilé intraitable^ jusque-là ses alliés les^ pluA fidèles^ ses plus utiles instruments^ De jour en jour les intentions du roi étaient plus suspectes : <^ J'ai » mpn jeu à jouer I » avait dit Charles à It*ett)n^.qdi le pressait de s'unir ouvertement à eux f); et toujours assidus auprès de lui ^ lord Lauderdale et lord Lanerk lui promettaient l'appui d'une armée écossaise^ s'il acceptait enfin leur alliance. D^à,

(!) Frère de JoIid et colonel d'un régiment d'infanterie.

{^) Vers le coannencenient du mois d'octobre 1647. Mémoires de Ludlow, t. I, p. 241. — Joumals of the kouse of Lords, 16 et 17 novembre 1647.

(3j Mémoires demistriss Hutchinson, t. II, p. 13:>.

drsait-oti^ les bdses du traité étaient convenues j| et même en Ecosse , où le crédil de Hamilton remportait sur celui d'Argyle , des trotipeë inàtchaient vefs la frontière (^); De leur cdté^ lés cavaliers anglais , Gapel ) Langdate^ Musgrave^ ptépa-^ raient sous main une insurrection : « Soyes assuré^ nr avait dit le roi à Gapel, que bientôt les detlx » nations seront en guerre ; lés Écossais se prô- ^ mettent le concours de tous les presbytériens » anglais : que nos amis se tiennent donc prêtë et » en armés; sinon ^ que ce soit Tun ou l'autre parti » qui triompheynous aurons bien peu à y gagner (*}. » En même temps^ la situation de l'armée cantonnée autour de Londres devenait critique; la cité oppo^ sait à toutes les demandes d'argent pour la solde ime inertie invincible ; les officiers ne savaient commentgouvemer des troupes qu'ils ne pouvaient Jiayer (^) /Partout circulaieiit les plus hardis pamphlets révélant tantôt leb desseins des soldats contre le roi^ tantôt les négociations du roi àvee lèsgéné^ raux. En vain Pairfex avait réclamé et obtenu sAns

(') Clarendon, Hist. of the rehell.y t. VIH, p. 343.*— Rashworth , pért. 4, t. II, p. 786, 810.

(2) Clarendon , msl.ôfthe rebeU., l. Vlil, p. 341.

(5) Rashworth, part. 4, t. 11 , p. 804, 81.5, 829, 8.3t-840. — Whitelocke, p. 274.

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pdine rétablissement d'une censure rigoureuse (^); en vain Croœwell s'était porté auprès de la cité l'interprète des besoins de Tarmée; en vain il avait déployé toutes les ressources de la raison et de la ruse pour persuader aux fenatiques qu'il feUait se contenir pour se faire payer par les modérés; aux. modérés que, pour don tenir les fanatiques , il fallait les payer (^) ; en vain même il était parvenu à faire nommer^ parmi les nouv^srax agents des soldats , quelques uns de ses afiidés (^) ; ses efforts demeuraient sans résultat ; sa prudence même tournait contre lui ; il s'était ménagé dans tous les partis des intelligences ^ des moyens d'action y et partout une fermentation désordonnée^ indomptable y menaçait de déjouer ses calculs, de ruiner son influence. Tant d'habileté n'avait abouti qu'à cl^arger sa situation d'embarras et de périls. Dans cette perplexité, un des espions qû^il avait à Hampton^Gourt, jusque dans la chambre du roi ^^ lui fit donner avis que, ce jour même, partait du château une lettre adressée à la reine, et qui contenait les vrais desseins de Charles envers Tarmée

(*) Par une ordonnance du ao septembre 16147. Pari. Hist,, t. III, col. 779-781. — BnshworUi, part. 4, t. H, p. 799. (3) Rnshworlh, part. 4, t. II, p. S8S-884. (3) Mémoires de Huntington, p. 326.

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