‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 63 sur 113 · LIVRE TROISUiME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISUiME

leurs députés. Nul parlement ne pouvait être dissous ni ajourné y sans l'aveu des deux chambres^ que cinquante jours après sa réunion; et aux chambres seules appartenait le choix définitif de leur orateur (*). Au premier bruit de ce bill , le roi sortit du silence où il s'était renfermé ; il appela les deux chambres à Whitehall {*) : « J'ap- » prouve, leur dit-il , la fréquente convocation des » parlements; c'est, j'en conviens, le meilleur » moyen de maintenir, entre moi et mon peuple, » l'harmonie que je désire tant. Mais qu'on re« » mette à des shériffs, à des constables, et je ne y> sais à qui , le droit de faire mon office , c'est à y> quoi je ne puis consentir. » Les chambres ne virent, dans ces paroles, qu'un nouveau motif de presser l'adoption du bill; nul n'osait conseiller au roi de le refuser ; il se résigna , mais crut devoir à sa dignité de témoigner toute son humeur : « Après ce que je vous accorde , dit-il , je ne vois » pas ce que nous pourrions , vous me demander, » moi vous refuser. Jusqu'ici , à vrai dire , vous » m'avez peu encouragé à vous faire tant de grâce ; »vous ne vous êtes occupé que de ce qui vous » touche , nullement de moi et de la force du

(I) Rushworth, part. 3, t. I, p. 189.

(2; Le 23 janvier 1641. Pari. Hist., t. H, roi. 710-712.

iU RÉVOLUTION D'ANGLETERRE.

» royaume ; voas ayei mis le gaovernement en » pièces y et Je puis dire qu'il est presque hors des » gonds. Maintenant vous reconnaîtrez ^ j'espère , » que j'ai tenu tout ce que j'avais promis^ et vous » songerez à foire aussi votre devoir (*). »

Les chambres votèrent des Temerciements au roi^ et poursuivirent aussitôt la réforme, en demandant, par des motions successives, rabolition de la chambre étoilée , de la cour du nord , de la cour de haute commission ecclésiastique, de tous les tribunaux d'exception (*).

Nul ne repoussait ces propositions \ l'exposé des griefs tenait lieu de débat. Les hommes mêmes qui commençaient à craindre un mouvement déréglé et les arrière-pensées d'un parti n'auraient osé défendre des pouvoirs odieux par leurs actes et illégitimes au fond, bien que plusieurs fussent revêtus d'une existence légale. La réforme politique était un vœu tînanime , indépendant de toute condition sociale, de toute opinion religieuse; on ne s'inquiétait point encore d'en mesurer scrupuleusement les conséquences ni l'étendue. Tous y concouraient sans se demander compte de leurs intentions et de leurs motifs. Des hommes d'un

(*) Le 16 février 1641. Varl.Hist., t. Il, col. 716-717. (2) /6td.,C0l. 717, 722, 766.

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