‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 62 sur 113 · LIVRE TROfSifcME. (I6à · texte numérisé non relu

LIVRE TROfSifcME. (I6à

rokine j incapables ou efFrayés de décider seuls la moindre question , s'en référaient à lui de toutes choses; sans qu'il prit la peiné de le demander* Un prêtre catholique j Goodmann^ avait été condamné à mort ; le roi ^ qui n'osait lui foire grflce ^ mit sa vie à la disposition des communes , seul moyen de le sauver, car, malgré leur passion^ elles ne se.mon traient point avides de sang (*). Le peuple avait pris en haine la mère de la Reine , Marie de Médîcis , alors réfugiée à Londres ^ chaque jour la multitude entourait sa maison , l'accablant d'in* suites et de menaces. Ce fut aux communes qu'on s'adressa pour savoir si elle pouvait rester en Angleterre, et comment on devait veiller à sa sûreté. Elles répondirent qu'il convenait qu'elle partit , votèrent 10,(K)0 livros sterling pour son voyage^ et leur vœu fut aussitôt accompli (*). Les arrêts des tribunaux, depuis longtemps rendus et exécutés , tombaient sous leur juridiction^ comme les a£Ëaires privées du roi et de la cour. La condamnation de Prynne, Burton, Bastwick, Leighton^ Lilbutne , fut déclarée illégale ^ et leur mise en liberté or^

(*) En «vrier 1641. Pari. Hkt,^ t. H, coL 7i«, 713, 713. — Staite^TrUdSy t. IV, col. 59-63.

(2) En mai 1641. Pari. Hist., t. II , col. 788, 7^3. — lity, MM. du Long-Pari. <, 1. 1, p. 209, dans ma CollecHM.

172 UKVOUJTION OA^^GLETERRIi.

doanée (*), avec une large indemnité, que pourtant ils ne reçurent jamais : sort commun des mérites anciens , bientôt effacés par des mérites et des besoins nouveaux. La joie publique fut leur seule récompense : au bruit de leur retour, une foule immense se porta au-devant d'eux ; partout, sur leur passage, les rues furent pavoisées, les routes jonchées de romarin et de laurier (*). Les transports du peuple , l'abattement du roi , tout poussait les communes à prendre seules les rênes de l'État , tout concourait à les ériger en pouvoir souverain.

Leur premier essai dans la réforme des institutions proclama , sinon leur souveraineté , du moins leur complète indépendance. Un bill fut proposé (^), qui prescrivait, de trois en trois ans au plus tard, la convocation d'un parlement. Si le roi ne le convoquait pas , douze pairs , réunis à Westminster, pouvaient l'appeler sans son concours. Au défont des pairs, les shériffs et les officiers municipaux étaient tenus de procéder aux élections. Si les shériffs négligeaient d'y pourvoir, les citoyens avaient droit de s'assembler et d'élire

(>) Le 7 novembre 1640. Pari. Hist.^ l. II, col. 639, 731. (*) May, Hist. du Long-Pari.^ 1. 1, p. 157, dans ma CoUectiim. — Whitelocke, p. 37.

(3) Le 19 janvier 1641.

Page 1