‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 65 sur 113 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

débat (^). Un biil fut proposé , qui déclarait les ecclésiastiques incapables de toute fonction civile, excluant ainsi les évoques de la chambre des pairs; mais, pour le faire adopter aux communes (^) , le parti presbytérien fut contraint de promettre qu'on n'irait pas plus loin ; Hampden n'obtint qu a ce prix la voix de lord Fàlkland {% et le bill, parvenu aux pairs, n'en fut pas moins rejeté (*). Furieux de ce mécompte, les presbytériens demandèrent tout à coup la destruction des évéchés , des doyennés , des chapitres (^) ; mais la résistance fut si vive qu'ils se décidèrent à ajourner leur motion. Une fois les deux chambres semblèrent d'accord pour réprimer les désordres qui éclataient de toutes parts dans le culte public, et en maintenir les formes légales (^); mais, deux jours après , leurs divisions avaient reparu. De leur seule autorité, sans en informer même les lords, les communes envoyèrent des commissaires dans les comtés pour faire enlever soudainement

(*) Baillie, LetlerSy t. I, p. 244. — Qarcndoû, Hist. ofthereheU., t. II, p. 61 .

P) Les 9 et 11 mars 1641.

(^) Clarendon, IlisL oftherehelL, t. H, p. 114-118.

(<) Les 24 mai et 7 juin 1641. ParL Hist., t. Il, col. 794-814.

(5) Le 27 mai 1641. Pari. Hist.y col. 814. — Clarendon, Hist. of therebelL, t. II, p. 120-122.

(«) Le 16 janvier 1641. Neal, îHst. ofthe Purit,, t. II, p. 339. I. 12

des églises les images , autels j crucifix ^ tous les restes de l'idolâtrie (*) ; et ces envoyés sanctionnèrent, par leur présence, les passions populaires dont Texplosion les avait devancés. De leur côté, les lords, apprenant que la secte des indépendants avait repris publiquement ses assemblées {^% mandèrent les chefe à la barre (^)> et les tancèpent, bien que timidement. Aucune opinion^ aucune intention^ en cette matière ^ n'était vraiment dominante et nationale. Parmi les partisans de l'épiscopat, les uns y en petit nombre, mais animés par Ténergie de la foi ou l'obstination de l'intérêt personnel, soutenaient ses prétentions au droit divin*; les autres, le regardant comme une institution humaine, jugeaient cette institution essentielle à la monarchie, et croyaient 1er trône compromis si le pouvoir des évéques subissait de graves atteintes; d'autres, et ceux-ci étaient nombreux, auraient volonti^s exclu les évéques des affaires puhliquea , mais en les maintenant à la tête de l'Eglise, comme la tradition , les lois et les convenances de rÉtat leur semblaient l'exiger. Dans le parti contraire, les avis n'étaient pas moins divers ; quel-

(») Le 23 jaavier 1641. Neal, HisL ofthe PurU,, t. U, p. 343.

(2j Le 18 janvier 1641.

(3) Le 19 janvier 1641. Nej^l, HisL ofihe PurU., t. Il, p. 342.

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ques uns tenaient à Tépiscopat par leurs habi* tades, quoique leurs opinions lui fussent peu fovorables; au gré de beaucoup, et des plus éclairés, nulle constitution de TÉglise n'était de droit divin ni absolument légitime ; elle pouvait varier selon les lieux , les temps ; le parlement était toujours maître de la changer , et Tintérêt public devait seul décider du sort de Fépiscopaty dont aucun principe ne commandait l'abolition ni le maintien. Mais le peuple presbytérien et ses ministres voyaient, dans le régime épiscopal, une idolâtrie condamnée par l'Évangile, rhéritier et Tavant-coureur du papisme ; ils repoussaient, avec l'indignation de la foi, sa liturgie , les formes de son culte , ses conséquences les plus lointaines, et réclamaient , pour la constitution républicaine de TËglise , le droit divin que les évêques avaient usurpé.

Quelque temps, et après les premiers succès de la réforme politique , ces dissidences entravèrent la marche du parlement. Dès que les questions religieuses étaient en débat, les adversaires de la cour, jusque-là unanimes, se divisaient, se combattaient même; la majorité variait souvent; et aucun parti ne se montrait qui fût en toute occasion animé d'un même esprit, dévoué aux mêmes

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desseins, et capable de tout maîtriser, Pym y Hampden , les principaux chefs du parti politique, ménageaient avec soin les presbytériens, soutenaient même leurs motions les plus hatdtes; cependant on savait qu'ils ne partageaient point leurs passions fenatiques , qu'ils avaient plutôt à cœur de réduire le pouvoir temporel des évoques que de changer la constitution de TÉglise (*) , et que, dans la chambre haute , parmi les lords les plus populaires , elle comptait de nombreux partisans. Quelques hommes prudents conseillèrent au roi de mettre à profit ces dissensions secrètes, et de prévenir l'union des réformateurs politiques et religieux , en confiant hardiment aux premiers les affaires de la couronne et de l'État.

Des négociations furent entamées. Le marquis de Hamilton, toujours pressé de s'entremettre entre les partis , en fut l'agent le plus actif. Le comte de Bedford, homme modéré, influent dans la chambre haute, et fort estimé du public , s'y prêta avec dignité. Les meneurs des deux chambres se réunissaient souvent chez lui ; il avait leur confiance , et paraissait en droit de traiter en leur nom. Le roi, qui consentait plutôt qu'il ne vou-

(«) Clarcndon , nist. ùf the rcfceW., t. H, p. 114.

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