‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 66 sur 113 · LIVRE TROISIÈME. (1629-16/i · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. (1629-16/i

lait lui-même , forma d'abord un nouveau conseil privé (*) ; les lords Bedford, Essex , Warwick, Say, Kimbolton et quelques autres y furent appelés , tous populaires^ quelques uns même engagés avec ardeur dans l'opposition ^ mais tous grands seigneurs. L'orgueil de Charles y déjà blessé de fléchir devant eux, ne pouvait se résoudre à porter plus bas l'aveu de sa défaite. Cependant on insista ; les nouveaux conseillers ne voulaient pas se séparer de leurs amis ; chaque jour révélait au roi l'importance de ces chefs des communes qui lui inspiraient un si amer dédain. Eux de leur côté, sans repousser ces ouvertures, montraient pou d'empressement, moins par indifférence que par embarras. En les accueillant, ils atteignaient le but principal de leurs efforts; ils entraient, au nom du pays, en possession légale du pouvoir, imposaient un ministère à la couronne , et la soumettaient aux conseils du parlement. Mais on leur demandait de sauver Strafford et l'Église, c'estàdire de mettre en liberté leur ennemi le plus redoutable et de se brouiller avec les presbytériens, leurs plus chauds amis. De part et d'autre la perplexité était grande et la méfiance déjà trop

(*) Clarendon, Hist.ofthe rebelL, t. II, p. i6.

profoade pour céder sitôt à Tambition ou à la peur. On en vint pourtant à des propositions dii;ectes et précises. Pym devait être chancelier de Téchiquier y Hampden gouverneur du prince de Galles^ HoUis secrétaire d'État; Saint-John fut même nommé sans retard procureur général de la couronne. Le ministère devait avoir pour chef le comte de Bedford avec le titre de grand trésorier. Les hommes qui occupaient ces charges avaient offert ou déjà donné leur démission (*).

Mais pendant ces négociations suivies des deux parts avec peu d'espoir^ et peut-être aussi sans vif désir du succès, d'autres propositions parvinrent au roi, bien plus propres à lui plaire. Quelque mécontentement s'était répandu dans l'armée ; plusieurs officiers , membres des communes , l'avaient même hautement témoigné. « S'il suffit » aux Écossais, dit un jour Fun d'eux à la chambre, »de demander de l'argent pour l'obtenir, les sol- » dats anglais sauront bien en faire autant (^). » Le bruit de cette humeur parvint bientôt aux oreilles de la reine ; Henri Jermyn , son favori , se lia avec les mécontents ; par son entremise , elle les reçut

(*) Clarendon , Hist. of Ihe rebell., t. II, p. 73 et suiv. — Whitciocke , p. 39. — Sidney's PaperSy t. II, p. 664, 666. (2) Wbitelocke , p. 44.

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