‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 75 sur 113 · LIVRE TROISIÈME. (1640-i6û · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. (1640-i6û

étoilée, de la cour du Nord, de la cour de haute commission, de toutes les juridictions arbitraires, fut définitivement prononcée, et le roi y consentit après deux jours d'hésitation (*)• La réforme politique, telle du moins qu on l'avait d'abord souhaitée et conçue , semblait accomplie ; mais que servait de l'avoir écrite dans des statuts si la garde en était soudain remise à ses ennemis ? Les hésitations du roi, les bruits de complots, les défections aperçues ou pressenties dans l'armée et le parlement réveillaient toutes les alarmes ; en perdant le pouvoir, les chefs des communes s'estimaient perdus, eux et leur cause : pour le retenir, Tappui du peuple était nécessaire ; et le peuple , dévoué aux presbytériens, réclamait à son tour sa part du triomphe. Toutes les motions contre TÉglise reparaissaient alors ; les Écossais commençaient même à solliciter ouvertement l'uniformité du culte des deux nations. Ces tentatives échouaient encore ; et leur mauvais succès , l'embarras que jetaient dans les chambres tant de passions et de desseins encore mal unis , donnaient à leurs démarches une apparence d'incertitude et de fetigue dont quelques uns se promettaient le repos. Mais

(1) Le 5 juillet 1641. ParL Hist., t. II, col. 8r>3-855.

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la lutte religieuse s'engageait de plus en plus ; les sectaires s'enhardissaient^ l'Église était chaque jour plus ébranlée. Dans la chambre haute mème^ son plus ferme soutien ^ tout attestait sa décadence : les lords spirituels n'étaient plus, selon Tahcien usage, mentionnés séparément en tète des bills ; le clerc de la chambre affectait , en lisant , de tourner le dos au banc des évéques ; et dans les cérémonies publiques , les lords temporels s'arro- |>eaientla préséance (*). Ces symptômes n'échappaient point au parti presbytérien, et il renouvêlait incessamment ses attaques , dominant les réformateurs politiques qu'il maintenait en possession du pouvoir, et, malgré des revers apparents , faisant chaque jour un pas vers le succès.

Le roi rappela tout à coup son projet d'aller en Ecosse^ où l'exécution du traité de paix, enfin près de se conclure, réclamait, dit-il^ sa présence. On apprit en même temps que la reine, donnant sa santé pour prétexte, se disposait à partir pour le continent. L'armée mécontente se trouvait sur la route du roi, et les relations de la reine avec le continent étaient depuis longtemps suspectes. Ce double voyage, brusque et simultané, fournit aux

(«) Neal , Hist, of the PurU., t. II, p. 410-411.

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méfiapces l'aliiQent qu'elles cherchaient. Les méfiances étaient légitimes. Sans force ni crédit k Londres 9 entouré de courtisans inytile$ qu dfi conseillers saisis d'effroi ^ Charles avait porté ses regards vers le royaume de ses pères et les rois absolus de TEurope. En Ecosse, et soit qu'il s'agît de rÉglise ou de la couronné , il se proposait ^e tout céder^ de gagner ainsi la faveur du peuple, et

de combler de grâces les grands seigneurs. Dans Tarmée^ son passage et ses paroles ne pouvaient

manquer d'accrottre le nombre de ses partisans. Quant au continent , ses vues étaient moins précises; cependant, sans méditer ni prévoir même la guerre, il cherchait déjà ^e l'argent et des alliés. Les communes p'exprimèrent point leurs soupçons i mais elles demandèrent que la reine pe quittât point Londres, et qu'il plût au roi de retarder son départ (*). Charles laissa voir quelque humeur, affectant de regarder ce vœu comme un caprice sans motif. Pour faire croire qu'il n'attachait à sa réponse nulle importance, il renvoya les communes aux commissaires écossais qui le saliicitaient , dit-il , de hâter son Voyage , et à !a reine elle-mémâé Les Écoisais se prêtèreni volôn-

(1) Le 26 Juin 1641.

tiers à un délai ; la jreine promit de bonne grâce qu'elle ne s'éloignerait point (*). Un moment rassurées, les communes pressèrent vivement le licenciement de Tarmée, jusque-là retardé à dessein. Des lettres de la chambre garantirent aux troupes le prompt paiement de leur solde. Pour y suffire, de zélés citoyens firent fondre leur vais*selle ; de nouveaux emprunts furent ordonnés, de nouveaux impôts établis (*)^ Cependant le licenciement s'opérait avec lenteur faute d'argent, et aussi par la mauvaise volonté de beaucoup d'officiers (®). Le roi s'en applaudissait en secret; les communes retombaient dans leur angoisse. Le délai convenu expira. La chambre eu sollicita un second, mais sans succès (^) ; le roi annonça qu'il allait partir. On essaya de demander la nomination d'un gouverneur du royaume, pour que les affeires ne fussent pas suspendues ; mais cette idée n'eut aucune suite (^). Le roi se contenta de nommer le comte d*Essex capitaine général au sud de la Trent,

(«) Pari Hist., t. II, col. 846, 851-852, 885, 890.

(2) May, sut. d» Long-Patl., 4. F, p. 206. - Pari. Hist,, t. H, coL 841-843. Le taux de Tintérét de Temprunt oavert à cette époque fut filé à 10 pour 100.

(3) Qaretidon, liist, ofthe retoU,» t. Il, p. 309.

(*) Le 8 août 1641 . Pari. Hist., t. Il, col. 897, 899. ;«) Ibid.y col. 892.

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