‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 74 sur 113 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

» que Dieu soit avec vous et avec eux tous ! Grâce »à lui, ajouta- t-il en se déshabillant, fôte Étioîi » habit, lé cœur aussi tranquille qu'en lé quittant » pour dormir. » Il appela le bourreau , lui patdonna, pria encore un moment, po^a sa tète sur le billot et donna lui-même le signal. Sa tété tomba ; le bourreau là montra au peuple en criant : a Dieu sauve le roi î » De violentes acclamations éclatèrent ; plusieurs bandes se répandirent datis la Cité» célébrant à grands cris leur victoire ; d*âutres se retirèrent silencieusement, pleins de doute et d'inquiétude sur la justice du vœu qu'ils venaient dé voir accompli (*)•

Troublée de cette impression , la chatnbrè des communes fit tous ses efforts pour la comprimer ; rien n'irrite plus des vainqueurs que de voir qu'un ennemi mort soit encore un danger^ M. Tâylof ayant dit, dans un entretien particulier, qu'on avait commis un meurtre avec le glaive de là justice, il fut envoyé à la Tour, exclu de la chambre et déclaré incapable d'y rentrer (*j. Lord Digby avait publié son discours contre le bîll à'attaih^ der; la chambré en interdit la circulation et le fit

(1) Suae-Tfiàls.i. III, col. 1521 et suiv. — JlTémoifM de Warwicfc, p. 146, dans ma Coll^iUm.

(3) Le 27 mai 1641. Fort. His^, 1. il, col. 815.

204 RÉVOLUTION DANGLETEHRE.

brûlel* par la main du bourreau (*). Jamais sa force n'avait paru si grande ni mieux affermie ; le roi , en consentant à la mort du comte y avait aussi adopté , presque sans y regarder, le bill qui le privait du droit de dissoudre le parlement sans son aveu. Cependant la sécurité manquait aux communes , et plus leur pouvoir croissait , plus elles se sentaient poussées vers la tyrannie. Le roi, en leur livrant Strafford, s'était décrié à leurs yeux sans les rassurer, et l'inimitié, plus profonde, redoublait la méfiance. Un parti royaliste, autre que celui de la cour, commençait à se former dans leur sein. Pym, Hampden, HoUis, se voyaient contraints de s'allier chaque jour plus étroitement avec les sectaires; et cette alliance déplaisait, même à de chauds amis de la. liberté : « k quoi » bon, disait-on, embarrasser la réforme politique » de questions douteuses ? En matière de culte et » de discipline , les esprits sont divisés ; contre le » pouvoir absolu, l'Angleterre est unanime ; c'est » le seul ennemi qu'il faille poursuivre sans » pitié (*). » Quelquefois ce conseil prévalait, et la chambre, reprenant l'examen des griefs, retrouvait son unanimité. L'abolition de la chambre

(1) Le 13 juillet 1641. ïlnd., coL 754, 882.

(2) May, Hist, du Long-Pari., 1. 1, p. 223, 227, dans ma Collection,

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