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» non plos ma réponse sur l'heure ; je-vous l'en- » verrai aussitôt que la gravité de l'affaire me le » permettra (*). » Peu importait aux meneur^ des communes ; sans rien attendre j ils déployèrent tout à coup des projets que la remontrance même ne laissait pas entrevoir. Ils avaient jusque-là redressé des griefs ^ invoqué les anciennes lois ; ils proclamèrent des principes ^ demandèrent impérieusement des innovations. Un bill était en débat pour des levées de troupes destinées à l'Irlande ; on inséra dans le préambule <x qu'en aucun cas y » sauf celui d'une invasion étrangère , le roi ne » pouvait ordonner la presse de ses sujets pour le » service militaire^ droit incompatible avec la li- » berté des citoyens (*). »Un autre bill fut proposé, portant que l'organisation de la milice et la nomi^ nation de ses chefs n'auraient lieu désormais qu'avec le concours et de l'aveu du parlement (^). Par l'influence des presbytériens et peu de jours avant le retour du roi, on avait reproduit et adopté le bill qui excluait les ecclésiastiques de toute
(») Parh Hist.y t. U, col. 942-943.
(2) Glarendon, UiU, of the rebeU,, t. Il, p. 273 et suiv. — Pari. Hist., t. II, col. 969. — May, HisL du Lmg-ParL, 1. 1, p. 286, dans ma ColleçUon,
. <3) Le 7 décembre 1641 . May, Uisi. du Long-Pari., t. I, p. 297. — Glarendon , Hist. of the rebell., t. II, p. 280-284.
fonction civile ;' mais les lords le tenaient en suspens : les communes s'en plaignirent avec colère : ce Nous sommes, dirent-elles, les représentants de » tout le royaume ; les pairs ne sont que des indi- » vidus investis d'un simple droit personnel. Si vos » Seigneuries refusent de consentir aux actes néx> cessaires pour le salut du peuple, les communes, » unies à ceux des lords qui sont plus touchés de f> ses périls, s'adresseront seules à sa Majesté (^).» Et les lords populaires, les comtes de Northumberland , d'Essex , de Warwick consentaient à ce langage (^). Hors des chambres, le parti se ralliait à ses chefs avec la même ardeur ; la remontrance fut publiée (^) ; la cité déclara qu'en recevant le roi avec tant de pompe , les citoyens de Londres n'avaient point entendu trahir leurs vrais amis, et qu'ils voulaient vivre et mourir avec le parlement (^) ; une pétition des apprentis étala les sou^ frances du commerce, les imputant aux papistes, aux évéques, aux mauvais conseillers (^). Dans les comtés se formaient des associations dévouées à la
(<) Le 23 octobre 1641. ParL Hist, t. lî, col. 916. i}) Joumois ofthe lumse of CommonSf 3 décembre 1641 « (3) Le U septembre 1641 . Pari. Hisi., t. Il, col. 970. (*) May, Hist. du Long-Pari., 1. 1, p. 260, dans ma Collection, {^) Clarendoii) Hist. ofthe re^U.y t. II, p. 286. — Rusbworlh, art. 3, 1. 1, p. 462.
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défense de la liberté et de la foi. De toutes parts on accourait à l'appui des communes ; des bruits sinistres provoquaient, en leur faveur^ de nouvelles marques d'adhésion ; tantôt la vie de Pym était menacée ; tantôt les rebelles d'Irlande préparaient une invasion ; sur quelque visite mystérieuse, sur un mot recueilli dans la rue, des complots étaient dénoncés, des serments d'union prêtés avec éclat ; et tandis que la chambre redemandait chaque jour sa garde, la multitude, chaque jour plus pressée autour de Westminster, lui en formait une qui proclamait à grands cris leurs périls communs .
Contre des prétentions si hardies, soutenues par des passions si tumultueuses , Charles, de son côté, s'empressait de rallier tous ses partisans , et les serviteurs intéressés du pouvoir absolu, et les défenseurs loyaux du roi, quelle que fût sa cause, et les citoyens qui naguère combattaient la tyrannie , mais que ramenait à la couronne la crainte des innovations et des excès. Ceux-ci formaient presque seuls, dans la chambre des communes, le parti royaliste naissant. Lord Falkland, M. Hyde et sir John Colepepper marchaient à leur tôte ; Charles résolut de se les attacher. Déjà, avant son voyage en Ecosse, il avait eu avec Hyde de se-
crêtes eiitrevues ; et par la sagesse respectueuse de ses avis y par son aversion de toute nouveauté , surtout par son dévouement à l'Ëglise, Hyde avait gagné sa confiance (^). Lord Falkland lui plaisait moins ; il méprisait la cour, estimait peu le roi , ne s'était point rapproché de lui j même depuis sa rupture avec les novateurs, et les combattait plutôt pour défendre la justice offensée que pour servir le pouvoir menacé. Charles le craignait et se sentait mal à Taise en sa présence. Cependant il y avait nécessité. Hyde , son plus intime ami , se chargea de la négociation. Falkland refusa d*abord ; sa scrupuleuse vertu l'éloignait des fauteurs de la révolution; mais ses principes, ses vœux, les élans de son imagination un peu rêveuse le reportaient sans cesse vers les amis de la liberté. Il allégua son antipathie pour la cour, son inhabileté à la servir, sa résolution de n'employer jamais ni men* songe, ni corruption, ni espions, « moyens utiles, » nécessaires peut-être , disait-il, mais dont je ne » me souillerai point. » Surpris et piqué d'avoir à solliciter un sujet, Charles insista pourtant. Hyde fit valoir le tort immense que ferait au roi un tel refus. Falkland se laissa vaincre, découragé d'à-
(t) Mémoire dQ Clarendon, 1. 1, p. 122, dans ma Collection.