UVRE TROISIÈME. {1640-1Q
vance et comme victime d'un dévouement sans affection et sans espoir. Il fut nommé secrétaire d'État Colepepper, bien moins influent^ mais distingué par sa hardiesse et les ressources de son esprit dans les débats j devint chancelier de l'échiquier. Hyde seul , contre le vœu du roi , refusa obstinément toute charge, non par crainte, mais par prur dence, et jugeant qu'il le servirait mieux en gardant l'indépendance extérieure de sa position. Les trois amis entreprirent de gouverner les affaires du toi dans la chambre, et Charles promit de n'y rien tent^ sans leur conseil (*).
En même temps d'autres serviteurs, moins utiles et plus empressés, accouraient vers lui de tous les points du royaume , pour défendre son honneur et sa vie, menacés , disait-on, par le parlement. Malgré la décadence du régime féodal, les sentiments qu'il avait fait naître animaient encore beaucoup de. gentilshommes. Oisife dans leurs châteaux, peu accoutumés à réfléchir et à débattre, ils méprisaient ces bourgeois parleurs et raisonneurs, dont la sombre croyance proscrivait le vin, les jeux, les plaisirs de la vieille Angleterre , et
{}) ClarendoD, i7is^ oftherehell., t. II, p. 297 et suiv. — Mémoires, t. I, p. 129, dans ma ùAkcHon. - Mémoires de Warwick , p. 162, Und.
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qui prétendaient dominer le roi que leurs pères n'avaient pas eu même l'honneur de servir. Fiers des souvenirs de leur propre indépendance , ils s'inquiétaient peu des besoins nouveaux de la liberté publique. Comme le peuple, ils avaient murmuré contre la cour et la tyrannie ; mais après tant de concessions du prince, leur imprévoyance et leur loyauté s'indignaient de l'insolente obstination des novateurs. Ils arrivaient à Londres en armes 9 parcouraient fièrement les tavernes^ les rues y et se rendaient souvent à Whitehall pour offrir au roi leurs services en sollicitant quelque faveur. Là, d'autres hommes se joignaient à eux, attirés par un dévouement moins pur et plus aveugle encore , les officiers réformés que le licenciement de l'armée avait laissés sans solde ni emploi, la plupart soldats de fortune , instruits dans les guerres du continent, dissolus, serviles et hardis, irrités contre le parlement qui leur avait enlevé leur état, contre le peuple qui détestait leurs mœurs, et prêts à tout faire pour tout maître qui les voudrait employer, n'importe à quel dessein. De jeunes légistes, des étudiants du Temple, protégés de la cour, ou avides de s'associer à ses plaisirs, ou croyant faire preuve, en embrassant sa cause, de noblesse et d'élégance, grossissaient ce