LIVRE PREMIER
Avènement de Charles P^ — État et dispositions de l'Angleterre. Convocation du premier parlement. — Esprit de liberté qui s*y manifeste. — Sa dissolution. — Premiers essais de gouvernement arbitraire. — Leur mauvais succès. — Second parlement. — Accusation du duc de Buckingham. — Dissolution du parlement. — Mauvaise administration de Buckingbam. — Troisième parlement. — Pétition des droits. — Prorogation du parlement. — Assassinat du duc de Buckingbam. — Seconde session du troisième parlement. — Nouvelles causes du mécontentement public. -— Colère du roi. — Dissolution du troisième parlement.
Le 27 mars 1625 , Charles I" monta sur le trône, et aussitôt il convoqua un parlement (*). A peine la chambre dos communes était assemblée (*) qu'un
(<) Le 2 avril 1625.
(2) Le 18 juin 162:».
2 RKVOLrTION D'ANGLETERRE.
homme de bien, compté sous le dernier règne parmi les adversaires de la cour, sir Benjamin Rudyard se leva, et fit la motion qu'on ne négligeât rien désormais pour maintenir, entre le roi et le peuple, une parfaite harmonie : « Car, dit-il , nous » pouvons tout espérer du prince qui nous gou- » verne , pour le bonheur et les libertés de notre «pays (*). »
Toute l'Angleterre , en effet , se livrait h la joie et à Tespérance. Et ce n'étaient pas seulement ces espérances vagues, ces joies tumultueuses qui éclatent au début d'un nouveau règne ; celles-ci étaient sérieuses , générales , et semblaient bien fondées. Charles était un prince de mœurs graves et pures , d'une piété reconnue , appliqué , instruit , frugal , peu enclin à la prodigalité , résonné sans humeur, digne sans arrogance ; il maintenait dans sa maison la décence et la règle; tout en lui annonçait un caractère élevé, droit, ami de la justice ; ses manières et son air imposaient aux courtisans et plaisaient au peuple ; ses vertus lui avaient valu restimc des gens de bien. Lasse des mœurs ignobles , de la pédanterie bavarde et familière, de la politique inerte et pusillanime de Jacques I", V Angleterre se
('} Le22iuinl62S; Parliamentary ïlislory (deCobbett, Londres, 1806), t. n, col. 5.