‹ Histoire de la révolution d'Angleterre (volume 5)Chapitre 10 sur 113 · LIVRE ra^MIEB. (16)51629.) g · texte numérisé non relu

LIVRE ra^MIEB. (16)51629.) g

^omettait d'être hieureuse et libre sous un roi qu'eu^n elle pourrait respecter.

Qiarles et le peuple anglais ne savaient pas à quel piMat ils étaient déjà étrangers Tun à l'autre, ni quelles causes depuis longtemps actives ^ et cbaque jour plus puissantes, les niettraient bientôt hors d'état de se coin{»rendre et de s'accorder.

Deux révolutioas, l'une visible et même éclatante, l'autre intérieure, ignorée, mais non moins certaine, s'accomplissaient vers cette époque : la première, dans la roputé européenne ;. la seconde , dans l'état social et les mœurs du peuple anglais.

C'était le temps où^ $ur le continent, la royauté, dégagée de ses anciennes entraves, devenait partout à peu près absolue. En France, en Espagne, dans la plupart des États de l'Empire germanique, elle avait dompté l'aristocratie féodale^ et cessait de protéger les libertés 'des communes, n'ayant plus besoin de les opposer à d'autres ennemis. La haute noblesse , comme si elle eût perdu jusqu'au sentiment de sa défaite , se pressait autour des trônes , presque fière de l'éclat de son vainqueur. La bourgeoisie , dispersée et d un esprit timide , jouissait de l'ordre naissant et d'un bienêtre jusque-là inconnu , travaillant à s'enrichir et

d RÉVOLUTION D'ANGLKTEnRE.

à s^éclairer, mais sans prétendre encore à prendre place dans le gouvernement de TÉtat. Partout la pompe des cours, la promptitude de Tadministration, l'étendue et la régularité des guerres proclamaient la prépondérance du pouvoir royal. Les maximes du droit divin et de la souveraineté des rois prévalaient , faiblement contestées là même où elles n'étaient pas reconnues. Enfin les progrès de la civilisation, des lettres, des arts, de la paix et de la prospérité intérieure , embellissant ce triomphe de la monarchie pure , inspiraient aux princes une confiance présomptueuse, aux peuples une complaisance mêlée d'admiration.

La royauté anglaise n'était point demeurée étrangère à ce mouvement européen. Depuis l'avénement de la maison de Tudor (*), elle avait cessé d'avoir pour adversaires ces fiers barons qui, trop faibles pour lutter individuellement contre leur roi , avaient su jadis , en se coalisant, tantôt maintenir leurs droits , tantôt s'associer de vive force à l'exercice du pouvoir royal. Mutilée, appauvrie, abattue par ses propres excès , surtout par les guerres des doux Roses, cette aristocratie, si longtemps indomptable , céda presque sans résis-

(«) En 1485.

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