‹ Histoire de la révolution d'AngleterreChapitre 19 sur 150 · PROCÈS DE GERARD ET · texte numérisé non relu

PROCÈS DE GERARD ET

rard étaient allés à Paris, s'étaient entretenus ayec le prince Robert de leur plan de complot, avaient été d'abord vivement encouragés par lui, puis introduits auprès de Charles II, et de retour à Londres, ils avaient tout préparé pour l'exécution de leur dessein. Avaient-ils instruit le roi des extrémités où ils devaient se porter, et reçu son approbation ? Hyde, à cette époque même et dans sa plus intime correspondance, le niait absolument : « Je vous assure sur mon honneur, écrivait-il le i2 juin 1654 à son ami le secrétaire d'État Nicholas, que je ne sais rien d'aucun projet pareil, et j'ai la confiance que le roi n'en sait rien non plus. Bien des gens fort légers et étourdis proposent au roi des choses fort étranges qu'il décourage poliment, et ils vont ensuite, eux ou leurs amis, se vantant partout de ce qu'ils ont entendu et de ce qu'ils peuvent faire. C'est sans doute par suite de quelque noble accès pareil qu'est arrivé ce dont on parle tant à Londres et ce qui a fait mettre en prison tant d'honnêtes gens ; mais le roi n'en sait, sur tout cela, pas plus que vous-même. » Après sa condamnation et jusque sur l'échafaud *, Gérard persista dans ses dénégations. Mais quelle que fût la mesure de sa participation au projet d'assassinat, et soit que Charles en eût été, ou non, exactement informé, le fait même était incontestable, et probablement même plus grave que Cromwell ne le laissa paraître, car il y a lieu de croire que M. de Baas, envoyé extraordinaire de Mazarin

1 Le 10 juillet 1654.

VOWELL (jriLLEi 1654;. M

à Londres vers cette époque et adjoint momentanément à la légation de M, de Bordeaux, n'était pas étranger am conspirateurs et à leur dessein, Cromwellen fut si convaincu qu'il manda H. de Baas, et l'interpella vivement à ce siijet devant son Conseil. Mais il avait trop de sens pour grossir l'affaire au delà de ce qu'exigeait sa stlreté et pour embarrasser longtemps de cet incident ses relations avec Hazarin et la cour de France qui se montraient empressés à se rapprocher de lui. Il se borna à renvoyer H. de Baas en France, en donnant baulement, à Louis XIV et à Mazarin, le motif de ce renvoi, comme il s'était borné à traduire devant la liante Cour trois det* conspirateurs. Il avait échapi>é au péril, déployé, soub les yeux de l'Europe comme de l'Angleterre, 1 vigilance efficace de sa police, et prouvé aux royalistes qu'il ne les ménagerait point. Il ne chercha rien de plus. Il possédait ce secret difficile de l'art de gouverner qui consiste à apprécier justement, dans chaque circonstance, ce qui suffit, et à s'en contenter'.

Il savait aut^si ne point s'enfermer servilement dans sa propre politique, et emprunter à celle de ses euuemis ce qui était bon et pouvait le servir. Il avait congédié le

1 State-Triali, t. V, col. 617-540:— Tburloe, Slalt.Paptr$, 1. II. p. 309, 331, 330-334, 338, 350-357, 363-384, 413, 437, 510-514, 53Jii— CUrendan, Hât. of the Rcbellion. 1, xiv, c. 35-38; Stale-Pàpn-i, t. Iir, p. UT;— A IruBoccounl of il.e bJoody andinhuman eanipiracy. etc., dans la Collection Harleian Misctllany, t. X, p. 310-351 ; — Heath, A brief Chronide. etc., p. 6fl3, 607;— Godwin , Hitt. of the CommoniBtalth, t. IV, p. 75-79 ; — Forster, Slal'smtn of the Commonweallh, t. V, p. 343-345 (Docume'ilî hisloriqufs, n* II.'.

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