REACTION ET BRUITS
trois révérences que Son Altesse nous rendit pareillement^ nous nous ayançâmes sur l'estrade^ et nous lui remîmes, avec un compliment, nos lettres de créance qu'il reçut sans les ouvrir, sans doute parce que nous en avions remis le matin la copie et la traduction à M. Thurloe. Nous lui adressâmes alors nos remercîments pour la bienveillance qu'il avait montrée à l'occasion de notre traité de paix, nos félicitations sur sa nouvelle dignité, nos offres de bons offices, de la part de Vos Hautes et Puissantes Seigneuries, et nos vœux pour la sûreté et la prospérité de son gouvernement. 11 nous répondit par de grands et positifs témoignages de bon vouloir pour vos H. et P. Seigneuries, et pour la paix. Sur quoi, lui ayant renouvelé nos remercîments, nous présentâmes à S. A. vingt de nos gentilshonunes, qui nous avaient précédés dans la salle, et vingt autres qui nous avaient suivis, pour qu'ils eussent l'honneur de lui baiser la tnain ; mais au lieu de cela, S. A. s'avança sur le bord de l'estrade, fit un salut à chacun de ces gentilshommes, en leur tendant la main à distance, comme pour leur faire accueil. Nous fûmes ensuite reconduits de la même manière *. » L'audience ne se fût guère passée autrement si Cromwell eût été roi ^
Aussi le bruit courait-il partout qu'il allait l'être, qu'il l'était même déjà et qu'il avait été couronné en secret.
i Thurloe, State-P<ipers, t. II, p. 154 ; — Cromwellicma, p. 136.
> Bordeaibx àBrienne, l"et 5 janvier 1654 (Documents historiques, n"> III).