‹ Histoire de la révolution d'AngleterreChapitre 38 sur 150 · CROMWELL OUVRE · texte numérisé non relu

CROMWELL OUVRE

Sidney^ Huichinson, ou ne réussirent pas^ ou ne se mirent pas sur les rangs ; mais Bradshaw^ Haslerig^ Scott et plusieurs autres^ aussi fermes quoique moins connus^ l'emportèrent sur les candidats du Protecteur. Les presbytériens furent nombreux; ils arrivaient^ non en opposants décidés^ mais indépendants et peu bienveillants. Une même condition était imposée à tous^ et par l'article XII de l'Acte constitutionnel du Protectorat^ et par le procès-verbal même de leur élection : « Les élus n'auront pas le pouvoir de changer le gouvernement tel qu'il est maintenant établi^ dans une seule personne et un parlement *. »

Dès la première réunion^ sur une invitation de Lambert qui^ au sortir du sermon^ engagea les membres présents à se rendre dans la Chambre peinte où le Protecteur les attendait, quelques symptômes d'humeur apparurent; quelques membres crièrent : «Ne bougez « pas. » C'était un dimanche; on ne pouvait rien faire ce jour-là. Cromwell n'entendait nullement manquer à ce devoir; il se borna à recevoir le Parlement et à prier les membres de se réunir le lendemain dans la même salle, où il leur ferait des communications qu'il jugeait nécessaires pour le bien de la République*.

1 Pari. Hist., t. XX, p. 250-255, 291-294 ;—Carlyle, CromwelVs Letters and Spceches, t. II, p. 251; — Godwin, Hist. oftheCommontoealth, t. IV, p. 100-112 ;— Forstet, Statesmen oftheCommonwealtkj t. III, p. 15&-162; t. IV, p. 262-264.

* Joumals ofthe House of commons, t. VII, p. 365 ; — Qoddard's Diary of the Parliament for 1654, dans le Burtoris Diary, t. I, In,troduction, p. xviii»

LE PARLEMENT (3 siptihbmi 1654). 87

cr Messieurft^ » leur diMl le lendemain, a vous vous ff réunissez ici dans la plus grave circonstance, je crois, m que TÂngleterre ait jamais vue ; vous êtes chargés « des intérêts de trois grandes nations; bien plus, je « puis le dire sans hyperbole, vous êtes chargés des

a intérêts de tous les chrétiens du monde Vous avei

« à guérir et à fonder. i> U écarta les souvenirs du passé qui , au lieu de guérir , dit-il, pouvaient rouvrir des blessures ; mais il s'arrêta à peindre la situation du pays quand le gouvernement du Protectorat avait commencé : cr Dans Tordre civil, où en étaient nos affaires? Un noa ble, un gentleman, un fermier laboureur, c'est là le a bon état de la nation, l'état qui a fait le renom de a TAngleterre depuis des siècles : cet état n'était-il pas « foulé aux pieds avec colère et mépris par les Nivea leurs? Consciencieusement ou non, les Ni^eleurs voua laient mettre tous les rangs, toutes les propriétés, « toutes les fortunes sur un pied d'égalité, rendre le a locataire aussi riche que le propriétaire. Quand ils y a auraient réussi, cela n'aurait pas duré longtemps; « après avoir fait leurs affaires, ces mêmes hommes au- « raient célébré et défendu, à leur tour, la propriété et a la fortune ; mais, en attendant, le mal de leur prin- « cipe pouvait s'étendre beaucoup, car ce sont là des « paroles agréables à tous les pauvres et bien venues de

« tous les mauvais siyets Et dans l'ordre spirituel,

a notre condition était encore plus déplorable. » U fit le tableau du déchaînement de toutes les rêveries qui, sous prétexte de religion, aboutissaient à la licence, au blas-

phème ou à la folie : « La grâce de Dieu est tournée en a libertinage ; Christ et l'esprit de Dieu sont devenus un « manteau pour toute sorte de vilenies et de concep-

fit lions dépravées Et le magistrat n'a rien à voir

a dans tout cela; il n'a à s'occuper que de Thomme ex-

0 térieur: l'homme intérieur ne le regarde pas Et

a c'est au nom de la liberté de conscience qu'on forme « ces prétentions! La liberté de conscience et la liberté (c civile^ deux biens aussi glorieux à défendre qu'aucun <f de ceux que Dieu nous a donnés^ prostituées à pafit tronner de telles infamies!... C'est pourtant là tout ce

fit qui était au milieu de nous Renverser, renverser,

« renverser, c'est tout ce qu'il y avait dans les esprits a et les cœurs des hommes.... Et pour ajouter à nos a misères, nous avions la guerre au dehors, la guerre « avec les Portugais, la guerre avec la Hollande, la

« guerre avec la France; de cruelles souffrances

« pour le commerce de la nation, et des charges que « la bourse de la nation n'aurait pu supporter longoc temps 11 fallait succomber à tous ces maux ou

« bien y appliquer un remède. Un remède a été appli- « que : c'est le gouvernement actuel. Je dirai peu de « chose à ce sujet; le fait est clair et visible pour tous ;

« qu'il parle pour lui-même Pourtant il me sera

a permis, j'espère, humblement devant Dieu et modes- « tement devant vous, de dire quelque chose en faveur « du gouvernement. Je ne veux que vous mettre un fit peu au courant de ce qu'il a déjà fait et du point où fit en sont aujourd'hui nos affaires Le gouvernement

Page 1