‹ Histoire de la révolution d'AngleterreChapitre 37 sur 150 · CROMWELL SE DÉCIDE A FAIRE · texte numérisé non relu

CROMWELL SE DÉCIDE A FAIRE

et Bordeaux se récrièrent^ chacun à son tour^ à la vue de telles prétentions : a Demander raffranchissement de rinquisition et la libre nayigation dans les Indes occidentales^ dit Cardeilas^ c'est demander les deux yeux de mon maître; rien ne peut être fait à cet égard que selon la pratique des anciens temps.» — « Des demandes si exorbitanteSy répondit de son côté Bordeaux^ ne se peuvent considérer que comme un prétexte dont M. le Protecteur veut se servir pour se dégager de la parole qu'il avait ci-devant donnée de s'accommoder avec la France. » Les deux négociations continuèrent avec des oscillations diverses; tantôt Cromwell atténuait ses prétentions; tantôt des concessions plus étendues lui étaient offertes; on en vint, surtout du côté de la France, à des projets de traité minutieusement rédigés et débattus; mais ni avec Tune, ni avec l'autre des deux puissances, rien ne fut conclu; Cromwell les tenait Tune et l'autre en suspens, et devenait de plus en plus l'objet de leurs jaloux empressements*.

Ainsi recherché, au dehors, par tous les États , et vainqueur, au dedans, de tous les partis, en présence de Tordre civil raffermi et de la paix rétabUe par son pou-

1 Thurloe, State-Papers, t. I, p. 705, 760-761;— Correspondance de Bordeaux avec Brienne et Servien (2 juillet, 5, 6, 13, 21, 24 et 27 août 1654), Archives des Affaires étrangères de France; — Correspondance de Cardehas et de V archiduc Léopold avec Philippe IV, et Délibérations du conseil d'État d'Espagne (6/13 et 21 mars, 12 avril et 26 août 1654) ; Archives de Simancas. — (Documents historiques, n» VIII.)

ELIRE UN PARLEMENT. 85

voir, il se crut en mesure d'affronter sans péril l'épreuve que lui imposait l'article Ylle de l'Acte constitutionnel du Protectorat, et il ordonna pour le 3 septembre 1654, jour anniversaire de ses victoires de Dunbar et de Worcester, la réunion d'un parlement librement élu.

C'était la première fois, depuis quatorze ans, que l'Angleterre avait un parlement à élire , et le système électoral était lui-même nouveau; TActe constitutionnel l'avait emprunté presque en entier au plan que Vane était sur le point de faire voter par le Long Parlement le jour même où CromwcU Tavait chassé. Quatre cent soixante députés, quatre cents pour l'Angleterre et le pays de Galles, élus deux cent cinquante et un par les comtés, cent cpiarante-neuf par les villes et bourgs ; plus trente pour l'Ecosse et trente pour l'Irlande ; tous les citoyens possesseurs d'une fortune, réelle ou personnelle, de 200 liv. st. (5000 tr.), investis du droit de suffrage ; nulle condition d'éligibilité, si ce n'est d'être homme d'une intégrité reconnue, craignant Dieu, de bonnes mœurs et âgé de vingt-un ans; quiconque avait pris parti contre le Parlement depuis le le' janvier 1641 et tout catholique exclus du droit d'élire et d'être élus : tel était le système. Trois partis se disputèrent vivement les élections : les partisans du Protecteur, les républicains, et les presbytériens (|ui a\aient fait la guerre au roi, mais qui regrettaient la monarchie. Tous les hommes importants du gouvernement de Cromwell, à l'exception de lord Lisle, furent élus; parmi les républicains éprouvés, Vane, Ludlow,

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