IW PROJETS DE CROMWELL
ierre. Ln jour^ une troupe de femmes des matelots qui servaient à bord le poiu^uivirent dans la rue en lui demandant où allaient leurs maris; Cromwell se contenta de répondre : « Les ambassadeui-s d'Espagne et de « France me donneraient volontiers chacun un million « pour savoir cela •. »
C'étaient les préparatifs de Fexécution d'un plan arrêté dans son esprit. Pour se maintenir où il était montée et |K)ur monter encore, il lui fallait, pour l'Angleten-e, de la prospérité et de la grandeur^ pour lui-même, de la gloire, et aussi de Fargent, car les mesures révolutionnaires et les majors généraux ne suffisaient {>as aux dépenses de son gouvernement. De plus, il avait besoin d'employer au loin et avec éclat la marine nationale ; les marins, officiers et matelots, lui étaient en général l)eu favorables ; ils n'avaient pas avec lui, comme l'armée de terre , la fraternité des victoires et la complicité des attentats. Quelques-uns étaient républicains, la plupart royalistes. L'Espagne et le nouveau monde espagnol laissaient seuls entrevoir, à tous ces intérêts de la politique du Protecteur, une ample satisfaction; il y avait là des expéditions, des conquêtes, des dépouilles, du commerce, de quoi occuper les esprits ardents, éloigner les mécontents, assouvir les avides. Et c'était aux dépens du
1 ïhurloe, State-Papers, t. II, p. 542, 571-574, 638, 653 ; t. III, p. 14 ;— Whitelocke, p. 621;— Dixon. Ko2>er« Blake, p. 266-272;— Oranville Penn, Memorials of sir William Penn, t. II, p. 2-27;— Bordeaux àBnen7ie{'2l décembre 1654) ; Archives des Affaires étrangères de France {Documents historiqueSj n" X).
(lays catlioli([iii> cl p»|>ist<> jtor l'vtvllciict: (ju'oii |>nii\nil nbloriir des <))ie(.-ès; d'un |>ays i|iii. Iniii iravoir dans son sciii, comme la France, nn gi'aiid nombre de ]>roU'Staiils légalement tolérés, ne voulait |>as soulfrir, sni- son territoire, la moindre pratique de la religion réformée , pas même pour des étrangers, pour les négocianiii anglai:^. L'Espagne, il est vrai, avait la première, entre les grandes monarchies du continent, i-eeonnu la République, et ne lui donnait aucun motif légitime, aucun prétexte spécieux d'agression ; mais c'était de sa [«rt faiblesse et timidité, non pas bon vouloir véritable, et Cromwell nëlait ni dujic quant aux acies d'autnii, ni fcrupuleux (juant aux siens propif's. L'n nommé Gage, autrefois prêtre, qui avait séjourné longtemps dans les Indes occidentales, lui décrivit complaisamment leur immense richesse, leur grand avenir commercial, la décadence de l'administralion espagnole, la facilité que tix)uverail l'Angleterre à pousser très-loin s«î8 succès si elle frappait heureusement un premier coup. Cromwell se rt'solutù attaquer l'Ks])agnc en \méri(|ue : l'escadre et les troupes de débar(|uemenl, connnaiidées par IVuii et Venables, avaient cette desUnation ; Saint-Domingue, l'orto-Rico, Cuba, et , sur le continent américain, Carthagène étaient les points spécialement désignes à louift entreprises : « Nous n'entendons vous lier, portaient 0 leurs instructions, par aucun ordre précis ni à aucune « méthode spéciale; nous vous communiquons seule- « ment les faits et les vues qui nous ont frappés ; le (( dessein général est d'acquérir un établissement dans