‹ Histoire de la révolution d'AngleterreChapitre 90 sur 150 · LE PARLEMENT POURSUIT · texte numérisé non relu

LE PARLEMENT POURSUIT

soins soit |>ar leur pente naturelle^ Gromwell entra déddément en campagne^ et son premier coup fui dirigé contre ce Parlement même qui devait le faire roi. C'était peu de ravoir mutilé et humilié ; il fallait faire fortement sentir à rAn^etarre le vice redoutable de cette assemblée unique qui^ malgré son abaissement^ se regardait toujours comme dépositaire de la souveraineté nationale^ et au sein de laquelle tous les pouvoirs^ sans distinction et sans limite^ venaient encore quelquefois se confondre et se déployer tyranniquement. La Chambre fournit elle-même à Cromwell Toccasion de faire éclater e^ péril aux yeux du pays. Un sectaire^ James Nayler, d'abord soldat^ puis quaker^ et insensé parmi des insensés^ prétendait que le Christ^ descendu de nouveau sur la terre, s'était incarné en lui, et à ce titre, il se livrait à toutes sortes de manifestations et d'actes extravagants ou licencieux; des femmes, des vagabonds fanatiques le suivaient partout, chantant ses louanges et presque Tadorant. Il fut arrêté à Bristol et conduit à Londres où ' la Chambre, au lieu de le renvoyer devant les juges ordinaires, se fit faire, sur ce qui le concernait, un long rapport, le manda à sa barre, et décida qu'elle le jugerait elle-même. Ce fut moins une question de liberté de conscience qu'une lutte entre le vieil esprit de rigueur cruelle et Tesprit naissant de modération pénale en matière de blasphème et d'offense à la foi chrétienne.

décembre (sans date de jour) 1656) ; Archives des Affaires étrangères de France.

LE QUAKER NAYLER (1656). 275

L'affaire occupa Ain Ééance»; la Chambre soutint qu'elle avait^ aussi bien que les trois pouvoirs réunis de Tancién Parlement^ le droit de vie et de mort ; les fanatiques voulaient qu'elle en usât pleinement : « Cet liomme « s'est fut Dieu.-^C'est notre Dieu qui est ici supplanté, a ~Ne serons-nous pas jaloux de Fbonneur de Dieu a comme nous le sommes de notre propre honneur?— <t Pourquoi siégei^vous dans ce fauteuil sinon pour dis* n cerner qui est pour Christ et qui est contre lui ?--Me8 a oreilles ont tressailli^ mon coeur a frémi en entendant « ce rapport.Mîue le blasphémateur soit lapidé.— Je « vous en conjure; point de délai; je ne veux pas me « taire, de peur que ma conscience ne me poursuive « dans ma chambre, dans mon lit, dans mon tom* « beau. B Ainsi parlèrent une foule de membres, et parmi eux quelques-uns des plus considérables, Skippow, Butler, Downinjjr, Drake ; et si quelques officiers, comme Desborough, et quelques jurisconsultes, comme Whitelocke, n'avaient pris la parole, ce fou blasphémateur eût probablement été pendu sans autre forme de procès : sur cent soixante-dix-huit votants, quatre-vingtdeux membres, parmi lesquels Richard Cromwêll lui*» même, opinèrent en ce sens. Nayler fut condamné à être mis au pilori, à avoir la langue percée d'un fer rouge, à être fouetté publiquement, et à rester en pri* son, aux travaux forcés, aussi longtemps qu'il plairait au Parlement*.

J Joumàls of the Housc of commons, t. VII. p. 448-469; — State-

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