‹ Histoire de la révolution d'AngleterreChapitre 91 sur 150 · ATTITUDE DE CROMWELL · texte numérisé non relu

ATTITUDE DE CROMWELL

Cromwell n'eut garde de loucher à cette sentence; il eût blessé le sentiment public soulevé contre le blasphémateur. Mais un autre sentiment public s'élevait aussi contre cette violation du droit commun^ contre la Chambre s'érigeant en pouvoir judiciaire^ supprimant le jury, les juges, toutes les formes légales, et eidevant ainsi aux Anglais les plus chères garanties de leurs libertés. Cromwell saisit l'occasion ; au moment même où la sentence s'exécutait, il écrivit à l'orateur du Parlement : a Très-fidèle et bien aimé, salut. Nous avons « pris connaissance d'un jugement rendu naguère par a vous contre un nommé James Nayler. Nous détestons « et nous repoussons toute idée de donner, directement a ou indirectement, le moindre appui à des personnes (( coupables de telles opinions et pratiques, ou prévea nues des crimes imputés audit Nayler. Cependant, a étant actuellement chargé du gouvernement au nom a du peuple de ces nations, et ne sachant pas jusqu'où a peuvent s'étendre de tels procédés, dans lesquels le (( Parlement est entré tout à fait sans notre concours, « nous désirons que la Chambre \euille bien nous faire (( connaître les arguments et les motifs sur lesquels elle « s'est fondée pour procéder ainsi ^ »

La Chambre fut embarrassée ; elle ne voulait ni entrer en lutte ouverte avec le Protecteur, ni abandonner la

Trials, t. V, col. 801-842;— Bu rton, Diary, 1. 1, p. 24-167, 169-174, 182-184, 217-221 , 246-258.

i Le 25 (iéc. 1656; — Carlyle, CromwelVs Letters and Speaches, t. II, p. 449.

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