‹ Histoire de la révolution d'AngleterreChapitre 95 sur 150 · REPONSE DE CROMWELL · texte numérisé non relu

REPONSE DE CROMWELL

jour mémo où le Parlement célébrait un jeûne solennel pour api)eler les lumières d'en haut sur le fçrand débat qui Toccupait^ une centaine d'ofQciers^ conduits par plusieurs des majors généraux, Lambert, Desborough, Fleetwood, Whalley, Goffe, se présentèrent devant le Protecteur, et le conjurèrent de ne pas accepter le titre de roi : « Ce titre, lui dit le colonel Mills, qui « portait la parole au nom de ses camarades, ne plait « point à l'armée ; il sera un sujet de scandale pour le a peuple de Dieu et de joie pour ses ennemis; il est a plein de péril pour votre personne et pour les trois a nations ; il prépare les voies au retour de Charles a Stuart. »

Cromwell leur répondit sur-le-champ : a Le premier a qui m'ait parlé du titre de roi, c'est le même qui est a aujourd'hui Porgane des ofllciers Ici présents. Quant « à moi, je ne suis jamais entré, à ce sujet, dans aucune « intrigue. II y a eu un temps où vous ne rechigniez « point à ce mot de Roi, car l'acte sur lequel est fondé « le gouvernement actuel me fut présenté avec ce titre ; a je vois ici quelqu'un qui pourrait l'attester; je re- « fusai de l'accepter. Commeni il se fait que mainte- « nant ce même titre vous fasse frémir, c'est ce que « vous savez mieux que moi. Pour mon compte, j'en « fais aussi peu de cas que vous; c'est une plume à un « chapeau. En toute occasion, vous avez fait de moi « votre souffre-douleur; vous m'avez fait dissoudre le « Long Parlement, qui s'était, il est vrai, bien gâté en « siégeant si longtemps. Vous m'avez fait convoquer un

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« Parlement^ une Convention nommée par vous; et « qu'a-t-elle fait? Elle a saisi d'etTroi la liberté et la proc( priété. Si un homme avait douze vaches^ œs gens-là « pensaient que celui qui n'en avait point était en droit « de partager avec son voisin. Qui eût pu dire que quela que chose était à lui slls avaient continué? Il a fallu a les dissoudre. Un parlement a été ensuite convoqué : a il a siégé cinq mois^ et à peine en ai-je entendu 0 parler pendant ce temps-là ; il Ta employé à mettre en « question l'acte fondamental. 11 a fallu dissoudre ce (c Parlement. Peu après, vous avez jugé nécessaire a qu'il y eût des majors généraux. A son origine, cette « proposition, amenée par des insurrections récentes et « générales, était bien fondée; et yous, majors géné- 0 raux, vous avez bien rempli votre office. Vous pouce viez continuer : qui vous a poussés à présenter à la <c Chambre un bill à ce sujet, comme vous l'avez fait a naguère, et à vous attirer un échec? A peine aviez- « vous exercé quelque temps votre pouvoir que vous e avez impatiemment demandé la convocation d'un « Parlement. J'étais contre ; mais vous aviez la con- « fiance que, par votre force et votre crédit, vous feriez « élire des hommes selon le désir de votre cœur. Vous « y avez échoué, et le pays a été offensé; cela est évia dent. 11 est temps d'en venir à un règlement définitif « du gouvernement, et de mettre de côté ces procédés c( arbitraires si désagréables à la nation. Par les actes « mêmes de ce Parlement, vous voyez bien qu'il y faut « un frein, un contre-poids; ce qui est arrivé à James

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