PÉTITION DU PARLEMENT POUR
fussent fermées et qu'aucun membre ne pût sortir sans une permission expresse. Plusieurs sans doute auraient désiré se soustraire à la nécessité de prendre parti dans une si embarrassante question. Cent quatre-vingt-cinq membres votèrent , soixante-deux contre et cent vingttrois pour l'article qui fut adopté en ces termes : « Que « Votre Altesse veuille bien prendre les nom, titre, « dignité et office de roi d'Angleterre, d'Ecosse et d'Ir- « lande, et de tous les domaines et territoires qui en a dépendent , et en exercer le pouvoir conformément « aux lois de ces nations. » Et pour mettre immédiatement le style de l'acte en harmonie avec les convenances monarchiques , au lieu de l'appeler : « Adresse « et remontrance , » on l'intitula : « Humble pétition 0 et avis *. »
Rien ne donne à penser que, pendant ce débat, le pays en fût violemment agité, ni qu'il y prêtât une attention passionnée ; les journaux du temps , exactement censurés ou rudement intimidés, s'en expriment avec une réserve sèche et brève ; on n'y trouve que des paroles comme celles-ci : « La Chambre a adopté, d le 25 mars, une résolution de grande importance, 0 dont nous rendrons compte plus tard '. » Justement lasse et méfiante, la population se souciait peu de ses maîtres et des changements où ils lui semblaient seuls
1 Joumals of the House of commons, t. VII, p. 496-514.
* Public Intelligencer, 30 mars 1657; — Mercurius PoUHcv^f 2 avril 1657; — Grodwin, Hist. of the Comnionwealth, t. IV, p. 355.
QUE CROMWELL DEVIENNE ROI (mars 1657). i91
intéressés. C'était autour du gouvernement , parmi ses serviteurs et ses adversaires que se concentrait la passion comme Faction ; et même là , malgré Tardeur de la lutte, le doute et la réserve étaient grands. Thurloe écrivait, le 3 mars , à Henri Cromwell : « Son Altesse a « parlé aux officiers en termes très-clairs, mais aflfec- « tueux et doux, et à leur pleine satisfaction, à ce qu'on « rapporte. Cependant, je suis hors d'état de dire quelle « sera l'issue. Je n'aime pas la physionomie et le « tour actuel des affaires; un solide étabUssement « n'est, je le crains, et ne sera jamais dans l'esprit de « certains hommes. J'espère que ceux qui souhaite- « raient d'y parvenir apprendront à se soumettre à la « main de Dieu qui dispose sagement de toutes choses. » Presque au même moment*, Henri Cromwell écrivait de Dublin à Thurloe : ce Je bénis le Seigneur de ce « que Son Altesse inspire, à la plupart des membres du « Parlement, tant d'affection et de confiance qu'ils aient « cru devoir témoigner une si complète satisfaction de « la façon dont elle exerce son pouvoir, et même pence ser qu'il est de l'intérêt de la nation de lui conférer « un pouvoir encore* plus grand.... Quant au mérite a des propositions en elles-mêmes, si quelques-uns de « nos grands personnages ne peuvent les digérer, ce « n'est pas une raison pour qu'elles me plaisent moins. « Puisqu'ils ne peuvent consentir à ce qu'a fait un Parce lement fait de leurs propres mains, je les tiens pour »
* Le 4 mars ir>57.