‹ Histoire de la révolution d'Italie en 1848Chapitre 3 sur 37 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

CH APl THFi PREMIER.

Considérations générales. — Causes premières du mouvement Italien. — Contrecoup en Italie de la Révolution de 89. — Divisions du parti libéral. — Société des Umtaires et des Rayons. — Le Carbonarisme. — Fusion des différents partis en 1815. — Conspiration permanente et réactions sanglantes. — Insurrection de 1851 et ses suites. — Nouvelles exécutions de 1841 a 1844. — Supplice des frères Candiera.

On ne saurait se former une idée juste de la révolution italienne, et en envisager en même temps les conséquences inévitables, sans examiner en détail les événements dont la péninsule a été le théâtre, sans en rechercher la vérir table origine, en remontant quelque peu vers le passé. Je m'efforcerai de remplir cette double tâche, plutôt en consultant la froide raison de l'historien, qu'en cédant aux passions de l'homme de parti, et cela malgré le spectacle des malheurs de ma patrie, dans l'attente de cette lutte

suprême entre elle et l'Autriche, qui doit décider de son sort!

Qu'on demande en-deçà des Alpes les causes du réveil de l'Italie; on ne manquera pas de répondre que c'est à Pie IX qu'il est dû principalement. Je montrerai dans le cours de cet écrit ce qu'il faut penser du rôle joué vis-àvis de mon pays par le chef de l'Église, et, en attendant, je me bornerai à faire remarquer que le mouvement Italien est trop général et trop profond à la fois pour que l'on puisse en attribuer le mérite, je ne dirai pas à un seul homme, mais à une seule génération. Ses causes datent de loin; car elles se rattachent à tous les martyres politiques qui ont ensanglanté l'Italie depuis cinquante ans, martyres qui se relient eux-mêmes à l'agitation immense créée dans le monde par la révolution Française de 89. Je n'ignore pas qu'il existe en Italie une école qui nie celte éclatante vérité, allant même jusqu'à dire que la révolution Française, au lieu de nous faire avancer dans le chemin de la liberté, n'a servi qu'à effrayer les princes, et partant, à les arrêter dans la voie des réformes, où ils étaient entrés spontanément. Mais quelles étaient ces réformes? Elles étaient du même genre que celles opérées par les princes actuels, avant que n'éclatât la glorieuse insurrection de Palerme, c'est-à-dire, de ces réformes purement administratives qui n'impliquent aucun droit, qui, par conséquent, peuvent être accordées aussi bien par le gouvernement le plus despotique, que par le plus libéral. Ce fut donc la Révolution française, qui, en Italie, comme partout, inaugura une ère nouvelle pour les peuples; mais comme les souverains, de réformateurs

qu'ils s'étaient vantés d'être jusqu'alors, devinrent subitement réacteurs, l'échafaud politique fut dressé, et, ainsi qu'il arrive toujours en pareille circonstance, en faisant couler le sang le plus généreux, les nouvelles idées n'en acquirent que plus de force. Elles auraient même fini par triompher, si le parti libéral n'avait pas été profondément divisé.

En effet, dès la première arrivée des Français en Italie, les libéraux s'étaient partagés en deux camps, celui de la liberté, et celui de l'indépendance. Les premiers, imbus des principes de la révolution Française, et désirant à tout prix soustraire leur patrie au joug du despotisme, se résignaient, pour arriver à leurs fins, à passer par la domination étrangère, tandis que les autres, tenant avant tout à l'indépendance nationale, avaient encore moins de haine contre leurs despotes, que contre les Français envahisseurs de leur pays. Et, en vérité, l'attitude et la conduite de l'armée française en Italie n'étaient pas faites pour inspirer aux patriotes beaucoup de confiance dans le libéralisme de la France républicaine, tant étaient grandes l'insolence et la cupidité de la plupart de ses chefs ; sans compter que leurs soldats ne traitaient pas l'Italie moins cruellement que ne le faisaient les Autrichiens. Aussi, il se forma bientôt, d'un bout à l'autre de la péninsule, des sociétés secrètes également hostiles aux deux puissances belligérantes, fondées qu'elles étaient sur le principe de l'exclusion absolue de toute domination étrangère. Je ne rappellerai que les deux principales : celle des Unitaires, qui, à l'idée de l'indépendance joignait celle de l'unité nationale, et la société des Rayons, appelée ainsi, parce

que ses comités, établis de proche en proche dans les chefslieux de province, s'étendaient partout, en rayonnant du centre à la circonférence.

La société des Unitaires prit naissance à Bologne, en 4795, et ne tarda p étendre ses ramifications dans le centre et dans le nord de la péninsule. En 4800, elle était déjà assez puissante pour tenter une insurrection contre Tannée française échelonnée dans la Romagne et les Marches. Ce fut à Ancône qu'elle éclata, et son chef fut le général Lahoz; mais le manque d'unité dans le mouvement la fit avorter, en coûtant la vie à son chef. J'engagerai mes lecteurs à lire les détails touchants donnés à ce sujet par le célèbre historien Charles Botta dans ses annales d'Italie de 4789 à 48U.

Là société des Rayons fut encore plus étendue que celle des Unitaires. Elle dura pendant tout le temps que les Français occupèrent l'Italie. Elle finit, avec d'autres moins considérables , par se fondre plus tard dans le carbonarisme , association immense qui a joué un trop grand rôle en Italie pour qu'il ne me semble pas nécessaire de m'y arrêter.

Ses origines, comme celles de toutes les sociétés secrètes, sont obscures. Ce qui est certain, c'est que ses premiers sectaires connus furent ceux des Calabres, qui, se réunissant dans les montagnes et au milieu des bois où se faisait le charbon, prirent delà le nom de Charbonniers. Il est à remarquer que la nouvelle secte fut encouragée par ces mômes Bourbons, alors réfugiés en Sicile, qui devaient par la suite les persécuter de la manière la plus atroce. Il est vrai que dans ce temps-là

ils croyaient pouvoir faire servir le carbonarisme à chasser le roi Murât du royaume de Naples. Et en effet, les Carbonari, par leurs sourdes menées, encoururent bientôt les rigueurs du gouvernement de Joachim. En 4843, on attira même dans un piège infâme l'un des chefs, Federico, surnommé Capobianco. Invité à dîner par le commandant de la province, ce malheureux fût arrêté au sortir de table ; et quelques heures après, condamné à mort par un conseil de guerre, il était passé par les armes. Mais le carbonarisme devait compter, Tannée suivante, d'autres martyrs dans les Abbruzzes. Lors d'un soulèvement de celte province, au cri de vive la Constituiionl l'insurrection ayant été comprimée et des commissions militaires établies dans le pays, de nombreuses victimes furent immolées, ce qui n'empêcha pas le carbonarisme de s'étendre toujours davantage ; au point que, quelques années plus tard, il n'y avait presque pas de communes, dans le royaume de Naples, aussi bien que dans le reste de l'Italie, où une vente ne fût installée. Ce mot vente, se rapportant au commerce du charbon , équivalait à celui de section. Chaque vente avait des chefs élus par la majorité, appelés grands-maîtres ou orateurs, dépendant des ventes provinciales, relevant elles-mêmes de la vente centrale, qui était au carbonarisme ce que le Grand-Orient est à la franc-maçonnerie. La discipline chez les Carbonari était aussi parfaite que leur organisation hiérarchique; mais ce qu'il y avait de plus remarquable, c'était l'esprit fraternel qui régnait entre tous les membres de l'association. Tout bon cousin, (c'était le nom que se donnaient entre eux les Carbonari),

était certain de trouver, à tout événement, aide et protection chez tout homme appartenant à la secte ; il suffisait pour cela de quelques signes, comme, par exemple, de presser la paume de la main de l'initié par le médium. Descendant jusqu'aux dernières couches de la société, la charbonnerie exerçait une influence salutaire sur le peuple pour lequel elle fut même un élément de moralisation. Car, tout bon cousin qui s'écartait de ses devoirs, non-seulement de citoyen, mais d'homme privé, était d'abord sévèrement réprimandé par les chefs, puis exclu pendant un certain temps des réunions de la vente, enfin chassé de l'association. 1) est notoire que celte société tant calomniée se fondait sur les principes du Christianisme, et que ses orateurs, s'érigeant pour ainsi dire en grands- prêtres, prenaient, pour thèmes de leurs discours aux adeptes, les maximes de l'Evangile. Tel était le beau côté du carbonarisme. Il est juste maintenant de ne pas en dissimuler les écarts. On sait que plus d'une fois les faux-frères, ou les ennemis de la cause nationale furent dévoués au poignard vengeur des sectaires ; ce qui, en fournissant des armes au gouvernement, et en compromettant la société dans l'esprit public, ne contribua pas peu, par la suite, à amener sa ruine.

J'ai dit, en commençant, qu'à l'arrivée des Français en Italie, les libéraux s'étaient divisés en deux camps. Cette division, tout en subissant des phases diverses, se perpétua jusqu'à la chute de l'Empire; mais, lorsque les princes, restaurés sur leurs trônes, eurent trahi les promesses solennelles faites aux peuples pendant leur exil, et que l'Autriche, dont U domination devait être autrement dure que

celle de la France, commença à peser sur l'Italie, les deux partis se fondirent en un seul. En effet, les traités de 1844 et 4845, en déniant à la fois toute indépendance et toute liberté aux Italiens, devaient avoir pour résultat qu'il n'y eût plus au-delà des Alpes, que des oppresseurs d'une part, des opprimés de l'autre. Les princes n'avaient pour unique préoccupation, que décomprimer le pays par tous les moyens possibles, et d'étouffer dans le sang toute aspiration libérale; les patriotes Italiens, de leur côté, ne visaient qu'à un seul but, à secouer un Joug détesté, toujours prêts à renouveler des tentatives révolutionnaires, qui ne leur offraient guères en perspective, que l'exil, la prison, 1 echafaud !

Ce fut là le douloureux spectacle présenté par l'Italie depuis 4845; les révolutions manquées de Naples et de Piémont en 1824 , ne firent qu'ajouter à ses maux et rendre encore plus profonde la séparation entre les peuples et les princes, en redoublant encore la haine des patriotes contre l'Autriche. Celle-ci, indépendamment des tortures infligées à ses sujets immédiats des provinces Lombardo- Vénitiennes, avait aux yeux de l'Italie le tort impardonnable d'être l'unique soutien de tous ces roitelets, dont le règne n'aurait pas duré une heure, sans l'appui des bayonnettes impériales.

La Révolution de 1830, que pendant un moment on crut destinée à changer la face du monde, et qui ne devait être que la protase éloignée d'un grand drame, non-seulement ne modifia en rien la douloureuse situation de la Péninsule, mais ne fit que l'aggraver; car l'insurrection de Tltalie centrale, en irritant de plus en plus nos despo-

les, et en faisant peur à l'Autriche, vint redoubler leurs rigueurs contre le parti libéral; et l'assassinat juridique de Cyruâ Menotti et de Borelli, qui épouvanta Modène au mois de mai 4831, fut l'affreux prélude d'une longue suite de crimes du même genre, consommés tour à tour, pendaût près de quatorze ans par Ferdinand II, par Charles Albert, et par Grégoire XVI. L'Autriche, plus clémente en apparence et bien plus cruelle dans le fond, aux martyrs entassés en 1823 dans les horribles cachots du Spiel* berg venait en ajouter de nouveaux, en même temps que, faisant la police des autres États de l'Italie, elle désignait sans cesse aux différents gouvernements, d'autres victimes à frapper. Il n'y avait presque point d'année qui ne vît de nombreuses exécutions dans quelques-unes de nos provinces; mais 1831, 4833, 4837, 1844 et 4844, resteront, plus que toutes les autres, gravées en caractères sanglants dans l'histoire de nos douleurs ; 4844 surtout, date fatale qui rappelle le sublime sacrifice des frères Bandiera et de leurs glorieux compagnons! Ce sacrifice, qui ne sera jamais assez exalté, mérite que nous nous y arrêtions ; car, c'est de lui que date véritablement ce réveil de l'Italie que l'on se plaît à attribuer à Pie IX, quand, ainsi que je le démontrerai plus tard, au lieu de donner l'impulsion à l'esprit public, il fut obligé de la subir, et de marcher en avant malgré lui.

L'Italie, après de si nombreuses tentatives révolutionnaires misérablement avortées, et surtout après tant de noble sang inutilement répandu, paraissait découragée, épuisée, et partant impuissante à sortir de son profond abaissement. Les frères Bandiera, donl 1 ami; héroïque se

brisait dans l'exil k ce navrant spectacle, sentirent qu'il fallait à leur patrie et au monde un grand exemple pour arracher Tune à sa torpeur apparente, et pour prouver à l'autre ce dont ses enfants étaient capables. Décidés dès lors à jouer leur vie, ils saisirent avec ardeur la première occasion qui se présenta pour se* jeter sur la terre italienne, et ils ne balancèrent pas un instant k affronter les terribles chances auxquelles leur entreprise, généreusement téméraire, ne pouvait manquer de les exposer. On fit courir dans le temps toute espèce de bruits absurdes. Les uns prétendaient que les frères Bandiera avaient été attirés en Calabre par le gouvernement de Naples, ou excités par des émissaires de l'Autriche; les autres accusaient les chefs du parti républicain de les avoir poussés lâchement dans une entreprise dont ils n'avaient garde de partager les dangers. La vérité est que les frères Bandiera, trop intelligents pour se laisser grossièrement tromper, et trop élevés pour suivre d'autre impulsion que celle de leur cœur, allèrent en Calabre, presque certains du sort qui les y attendait, et d'autant plus dignes, par conséquent, de l'admiration générale. Voici ce qu'ils répondaient le M juin 4844, c'est-k-dire quelques heures avant leur départ de Corfou, k la lettre que je leur avais écrite le M mai, pour les adjurer de renoncer, pour le moment, k tout projet de descente en Calabre, les pressant d'attendre une occasion plus propice, afin de tenter ensemble un hardi coup de main :

« Lorsque vous recevrez cette lettre, nous serons dans « les montagnes de la Calabre. Les journaux vous ap-

« prendront notre sort. Quel qu'il soit, garder le souvenir a de vos frères. »

Ces lignes touchantes en disent plus que les mots les plus élogieux, et je pourrais terminer ici mon récit, ne fût-ce l'intérêt immense excité par ces généreux jeunes gens, sur lesquels quelques détails ne sembleront pas superflus.

Les deux fils de l'amiral Bandiera, dont l'aîné était lieutenant de vaisseau, et le plus jeune enseigne, conspiraient depuis longtemps , d'accord avec les chefs de la jeune Italie et de la légion italique, et par l'ascendant de leur esprit, par leur persévérante activité, ils étaient parvenus k gagner une bonne partie des équipages de la flotte autrichienne, laquelle, comme on sait, est montée en grande partie par des Italiens. Us en étaient au point de pouvoir tenter une descente en Sicile à l'aide de la frégate la Bellone, lorsque, trahis tout à coup, et avertis de la trahison presqu'en même temps, ils se virent forcés de prendre la fuite, l'un de Smyrne, l'autre de Venise. Us se rejoignirent à Corfou, et quelques jours s'étaient à peine écoulés, que leur mère y accourut, poussée, non seulement par une tendresse bien naturelle, mais, dit-on, par les ordres du gouvernement autrichien, qui, voulant à tout prix ramener à lui les jeunes Bandiera, leur faisait promettre pardon plein et entier, et, chose étrange! la réintégration dans leurs grades. Mais prières et larmes furent employées en vain auprès d'eux, et la pauvre femme dût s'en retourner sans avoir rien obtenu. Pour ceux qui ont connu de près les Bandiera, il est facile de comprendre ce qu'ils durent souffrir en restant inébranlables devant la

douleur d'une mère tendrement aimée. Le sort en était jeté : après avoir résisté aux supplications maternelles, ils devaient rester sourds à la voix de leurs amis, et, pour subvenir aux frais de leur entreprise, ils vendirent tout ce qui ne leur était pas strictement nécessaire. Ils partirent enfin au nombre de vingt ; dans leurs rangs se trouvaient le brave Ricciotti, qui s'était fait un renom dans la guerre d'Espagne, et le jeune Dominique Moro, ancien enseigne de vaisseau. Après une traversée de trois jours, ils abordèrent nuitamment à quelques milles de Crotone. Des intelligences avaient été pratiquées par eux en Calabre ; mais, soit que le lieu du rendez-vous ne fût pas bien indiqué, soit qu'ils fussent arrivés trop tôt ou trop tard, ils ne trouvèrent à l'endroit désigné qu'un très petit nombre de partisans, qu'ils crurent même devoir engager à se retirer. Entrés dans les bois, un de leurs compagnons, appelé Boccheciampe, les quitta tout à coup pendant une halte et tandis qu'ils dormaient : on sût plus tard que, accouru à Crotone, il y avait donné l'éveil aux autorités, qu'il avait mis ainsi sur la trace de la troupe. Celle-ci ne tarda donc pas à être attaquée par des forces supérieures et, quoiqu'elle se battît en désespérée, dans deux rencontres différentes, elle finit par être prise et désarmée, après avoir perdu un des siens et eu deux blessés. Amenés d'abord à S. Giovanni-in-Fiore, ensuite à Cosenza, les prisonniers furent bientôt jugés par une commission militaire, qui ne craignit point d'en condamner quatorze k la peine capitale. Toutefois, pour cinq d'entr'eux la peine de mort fut commuée en celle de l'emprisonnement perpétuel. Voici les noms des neuf martyrs : Altilius et Engins Ban*

diera, Nicolas Riçciotti, Dominique Moro, Anacharsis Nardi, François Berti, Jaques Rocc$, Jean Veuerucci et Dominique Lupatelli. Traînés au supplice le 25 juillet au matin, au milieu d'une population profondément attristée, et entourés d'un grand appareil militaire, ils demandèrent à commander le feu, en refusant de se laisser bander les yeux et de se mettre à genoux. Cette héroïque fermeté en imposa tellement aux soldats qu'ils hésitèrent longtemps à remplir leur odieuse tâche, et ce ne fût que sur les paroles de Riçciotti, qu'ils se décidèrent à ouvrir le feu. « Soldat moi-même, leur cria-t-il, je sais que les soldats « doivent obéir aux ordres de leurs chefs. » — « Tirez « donc , ajouta Attilius Bandiera, et surtout visez au « cœur. » A ces mots, une première décharge retentit, et les neuf victimes tombèrent baignés dans leur sang, en criant : Vive l'Italie! Trois d'entr'eux, blessés seulement, ne cessèrent <fc répéter ce cri sublime que lorsque de nouveaux coups en eurent fait des cadavres.

On n'ignore pas le frémissement douloureux qui parcourut toute l'Europe à la nouvelle de l'affreuse boucherie de Cosenza, et le cri de malédiction qui s'éleva, de la Sicile aux Alpes, contre Ferninand II. Or, j'aime à le répéter, ce fut \k le signal du mouvement extraordinaire que l'on vit gagner de proche en proche l'Italie tout entière, et qui, cimenté par le sang de ses martyrs, devait aboutir à une immense révolution, destinée elle-même à amener tôt ou tard le triomphe de notre cause I

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