‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 100 sur 254 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Epuration Je la Société des Sans-Culottes de 'Bourg; protestation des évincés, leur adresse à la Convention. — Le district demande la liberté de M. Duport de Revonnas. Méaulle livre au tribunal révolutionnaire de Paris trois détenus de Nantua. Soixante religieuses et cinquantecinq prêtres sont encore en prison à Bourg au mois de juin 77.94. Les assassinats juridiques de Lyon approuvés par Méaulle. — Tentatives de meurtre sur Collot-d'Herbois et Robespierre. Discours prononcé à cette occasion par 'Baron-Challier. Un village incendié en Provence par ordre d'un représentant . —Le blé manque à Bourg; la municipalité s'empare Je celui qui est sous scellés dans les maisons des émigrés et des suppliciés. Le docteur Vaulpré, détenu aux Claristes, en sort, sous la garde du concierge et par ordre de l'agent national, pour voir un malade.

En digne successeur d'Albitte, Méaulle donne sa confiance aux Sans-Culottes les plus exaltés. Ceux-ci, mécontents de l'effet produit sur les patriotes modérés par la disgrâce des officiers municipaux, obtinrent par Tintrigue la dissolution de la Société populaire et sa réorganisation sous le nom de Société des Sans-Culottes épurée de Bourg régénéré. Le proconsul accomplit cette transformation vers le i ^^ prairial; car la société dissoute tint sa dernière séance le 3o floréal an II (19 mai 1794'.

Les victimes de Tépuration n'hésitèrent pas à démasquer, dès le 4 prairial, Télite factieuse de la commune, du district et du département. Leur

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plainte au Comité de Salut public exposa succinctement les actes odieux auxquels avaient plus ou moins participé Blanq-Desisles, Rollet-Marat, Chaigneau, Convers, Albant, Merle, Martine, Baron-Challier, Juvanon, Gallien, Duclos, Bocard, Frilet, Gay, Laymant, Dorfeuille, Millet, Vauquoy. Ces faits nous sont assez connus ; nous ne citerons que les réflexions générales de cette courageuse protestation :

Citoyens Représentans,

Nous sommes, depuis plus de six mois, sous l'oppression la plus arbitraire, la plus affreuse. Huit à dix individus, couverts d'un masque populaire et dont la plupart sont membres des autorités constituées , ne se servent de leur pouvoir et de leur influence que pour diviser le peuple , porter les plus grandes atteintes à la liberté individuelle des citoyens, et leur imposer un joug d'opinions contraires à tous les principes consacrés dans la déclaration des droits de d'homme. Ils circonviennent les représentans du peuple envoyés dans le département de l'Ain pour l'affermissement du Gouvernement révolutionnaire , prêtent aux actions les plus innocentes les couleurs les plus noires, afin de justifier les actes tyranniques qu'ils se permettent continuellement d'exercer. L'on ne peut plus voir en eux qu'une faction d'ennemis publics dont les passions et les vices, déguisés sous mille formes, détruiront bientôt toute harmonie entre les administrateurs et les administrés , et feront naître une discorde générale et funeste à la chose publique. . .

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