‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 99 sur 254 · CHAPITRE PREMIER. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. l

richesse de ce peuple. Le feu révolutionnaire a brûlé tous ces chancres, et bientôt l'air de ce pays donnera des forces, de la vie et de la santé ; tous seront hommes et le pays sera , sans que Ton s'en doute aujourd'hui , un des trésors de la République.

Les Bressans : c'est une manufacture de cultivateurs qui ne pensent qu'à leurs bestiaux et à leurs grains de tout genre ; beaucoup de bon sens, de l'esprit que le sacerdoce a cherché à étouffer... Sous un beau ciel, ils ne pensoient pas à leurs ennemis dont voici le portrait : Riches , prêtres, moines, procureurs, avocats, seigneurs, marchands qui vouloient singeries ridicules, les sottises et l'air impertinent des gens de la ci-devant cour. Tous vouloient à l'envi paroître les demi-dieux des villes de la Bresse. Mais ce torrent révolutionnaire a noyé toute cette écume du genre . humain. Aujourd'hui le peuple des campagnes est dans une inquiétude maladive ; le peuple des villes dans un tourment enfanté par la haine, la jalousie, l'ignorance et l'orgueil.

I Les Bugistes : une partie du peuple ressemble aux Bressans; l'autre partie vit dans un air plus vif; il est plus gai, plus éveillé, plus industrieux, plus trompeur, aimant le travail pénible et forçant les rochers à produire des récoltes.... Par caractère naturel il possède une fierté républicaine ; si ce caractère est un peu âpre , c'est qu'il sent

:i ignorance ; il est irrité du mépris que lui portent ses .anemis, les riches et les soi-disant gens d'esprit qui crai- ,'nent de l'instruire

Les Gessois : c'est un caractère tout différent ; tranquilcs dans leurs petits bourgs, riches par leur industrie, loux, affables, de bonne foi, quoique près d'une ville étran-

le pleine d'agioteurs et de fripons. Les mœurs des cam-

ignes ressemblent h celles des bergers du premier âge...

Les riches sont insoucians ; ils alloient compter leur or à Genève ; et depuis la Révolution, ils désiroient devenir Autrichiens ou Suisses.

Les Valromaisans (i) ont été de tout temps si cruellement trompés par le grand nombre de moines, de procureurs, de seigneurs qui fourmilloient dans ce petit coin, qu'ils sont fripons et si méfians qu'on ne peut jamais leur faire dire ce qu'ils pensent. Les riches de ce pays se contentent du plaisir de se croire d'une autre pâte que le peuple, et sont plus qu'insoucians.

Tel est dans ce qu'il a de plus piquant le Tableau moral et physique du département de VAin. Le citoyen Billion croyait égaler La Bruyère en ressassant des sottises contre les moines et l'ancien régime.

(i) Le Val romey, vallée bugiste s'étendant d'Artemare à Holonne, entre les montagnes d'Hauteviile et d'Arvière,

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