‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 109 sur 254 · CHAPITRE H, 17y · texte numérisé non relu

CHAPITRE H, 17y

DISCOURS prononcé à la séance de la Société des Sans- Culottes épurée^ de Bourg régénéré, le 9 prairial^ an 1 de la République^ une^ indivisible et démocratique par Baron dit Challier, administrateur du département et président de la dite Société (i).

Citoyens,

Un grand attentat vient d'être commis. La France a frémi d'horreur Des membres du Comité de salut public, de ce comité zélé défenseur des droits du peuple, ont été assassinés par des scélérats, O bonheur ! leur crime n'a pas ctc consommé. Où les trouverez-vous, ces assassins du peuple ? où les trouverez-vous, ces monstres ? Ce ne peut être que parmi les aristocrates, les Hébertistes et autres gens de cette espèce.

Castes ennemies du genre humain, jusqu'à quand souillerez-vous la terre de vos forfaits ; jusqu'à quand, vils fauteurs du fédéralisme, de la séduction et de la calomnie, emploierez-vous les poignards contre les vrais amis du peuple et contre les chauds défenseurs d'une mère dont vous cherchez à déchirer le sein ? C'est lorsque la victoire est en permanence sur toutes nos frontières, c'est dans les moments où les Comités emploient tous leurs instants pour sauver le peuple ; c'est lorsque la vertu et la probité sont i l'ordre du jour ; c'est dans ces instants que vous, indignes .uppôts de l'aristocratie, voulez jeter un crêpe sur la Ré-

(i) L'orateur, dans une lettre du même jour adressée à son ami Masse, ie Culloz, dit à propos de ce discours :

L'assassinat de Collot-d'Herbois va donner une nouvelle énergie

. patriotes. Je t'envoie un discours que Je prononcerai ce soir à la ouiété. Si tu le trouves digne de l'impression, tu le feras imprimer; 'cut-être fera-t-il cesser le rabâchement de nos aristocrates... » (Manusrits de Baron-Challier, copies authentiques, 20 pages cloche). — C»» D.

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publique, et que, couverts du masque du patriotisme, vous employez avec perfidie les mots de vertu et de probité à la tête de ces pétitions qui sortent de vos repaires, pour tromper le sans-culotte toujours de bonne foi ; c'est alors, dis-je, que vous cherchez à plonger le poignard dans le sein de nos représentants.

Vous vous trompez, aristocrates ; vos efforts seront vains, le souverain et la loi vous anéantiront.

Citoyens, l'heureuse étoile qui plane sur l'horizon de la France a laissé commettre ce nouveau crime, pour nous montrer dans tout son jour la scélératesse des ennemis de la patrie; mais l'Éternel qui punit les forfaits redoublera notre courage, et vous verrons clairement ce que nous devons attendre de ces castes proscrites, nées pour le malheur de l'humanité, etc., etc. (i).

Arrêtons ce débordement d'invectives, et déplorons les passions politiques : Un homme du peuple, n'obéissant qu'à son patriotisme, tire sur un gredin et le manque; on crie au complot royaliste; cinquante-trois têtes tombent, et il se trouve des fanatiques qui ne sontpas satisfaits, qui voudraient toutes les têtes des castes ennemies !

Il faut dire qu'à cette époque la férocité républicaine passait toute limite. A Paris, le sang coulait en telle abondance que pour en ôter la vue continuelle au quartier de la Concorde, on transporta l'échafaud à la barrière du Trône. Dans le Midi, le représentant du peuple Maignet, digne émule de CoUot-d'Herbois et de Carrier, fait piller, fusiller,

(I) 4p. in-4°. -0«D.

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