‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 112 sur 254 · CHAPITRE III. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. l

pontife du nouveau culte. Robespierre rentra chez lui, inquiet et pensif. Le seul acte, digne d'éloge peut-être, qu'il eût accompli, devenait la première cause de son discrédit et de sa ruine (i). »

Le décret du i8 floréal an II n'institua pas seulement la fête en Phonneur de TÊtre suprême; il en institua d'autres soit pour célébrer les « glorieux événements » de la Révolution, soit pour solenniser les trente-six décadis de Tannée républicaine. Il est donc utile de citer les principaux articles de ce décret :

Art. I^"*. — Le peuple français reconnaît l'existence de l'Être suprême et l'immortalité de l'âme.

Art. IV. — Il sera institué des fêtes pour rappeler l'homme à la pensée de la Divinité et à la dignité de son âme.

Art. V. — Elles emprunteront leurs noms des événements glorieux de notre Révolution , des vertus les plus chères et les plus utiles à l'homme, des plus grands bienfaits de la nature.

Art. VI. — La République française célébrera tous les ans les fêtes du 14 juillet 1789, du 10 août 1792, du 21 janvier 1793, du 3i mai 1793.

Art. VII. — Elle célébrera aux jours de décadis les fêtes dont rénumération suit :

A l'Être suprême et à la Na-

ture.

Au Genre humain.

Au Peuple français.

Aux Bienfaiteurs de l'humanité.

(i) M. Terrier de Loray, Tableau populaire de la Révolution et de la Terreur, p. 354,

Aux Martyrs de la liberté .

A la Liberté et à l'Égalité.

A la République.

A la Liberté du monde.

A l'Amour de la patrie.

A la Haine des tyrans et des traîtres.

A la Vérité.

A la Justice.

A la Pudeur.

A la Gloire et à l'Immortalité.

A l'Amitié.

A la Frugalité.

Au Courage.

A la Bonne Foi.

Au Désintéressement.

Au Stoïcisme.

A l'Amour.

A la Foi conjugale.

A l'Amour paternel.

A la Tendresse maternelle.

A la Piété filiale.

A l'Enfance.

A la Jeunesse.

A l'Age viril.

A la Vieillesse.

Au Malheur.

A l'Agriculture.

A l'Industrie.

A nos Aïeux.

A la Postérité.

Au Bonheur.

A l'Héroïsme.

La fête de l'Être suprême fut partout célébrée le 20 prairial; voici comment elle fut réglée à Bourg par délibération de la veille :

Vu le décret du i8 floréal (art. i5), qui porte qu'il sera célébré dans toute l'étendue de la République française le 20 prairial une fête dédiée à l'Etre suprême;

Le Conseil général de la commune, considérant qu'il importe de donner à cette fête une splendeur et une pompe dignes de la nation française ;

Arrête, ouï le substitut de l'agent national, qu'elle sera, conformément au décret de la Convention, célébrée dans cette commune demain décadi, 20 prairial, dans l'ordre qui suit :

Art. I". — La générale, battue dans toutes les rues, à huit heures du matin, annoncera la fête.

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