‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 122 sur 254 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

( que sur des mesures locales ou des affaires majeures, lorsj qu'elles concernaient plusieurs individus (i).

Pour corroborer ce qui vient d'être dit du pouvoir de Jagot, citons une lettre insérée dans le compte-rendu de Gouly ; elle est de Bonnet, Fun des officiers municipaux traduits à Paris (voir ch. VIII de la précédente Époque) et sans doute relaxés par l'intervention de Jagot (2) :

Belley, 14 thermidor.

Au Représentant du peuple Jagot, Père et frère des Sans-Culottes, les expressions me manquent pour te témoigner les sentimens de reconnoissance qui m'animent. Ton nom est profondément gravé dans tous les cœurs des républicains qui te connoissent ; ils savent ce que tu as fait pour la République, ils savent ce que tu as fait pour leurs frères; ils seront toujours fidèles à tes principes républicains, et sont assurés de cette manière que tu seras toujours leur ami. Aide-leur encore h faire connoître Gouly, le désorganisateur du district (3) ;, les pièces ci-jointes te convaincront de ses intrigues.

Bonnet.

(i) Mémoires de Sénart, p. 134; cités par Bûchez et Roux, H ist. parlementaire de la Révolution, t. XXXIII, p. i3.

(2) Nous ne pouvons préciser le jour du retour des intrigants de Belley: nous voyons seulement dans une adresse à Boisset qu'ils furent, -omme ceux de Bourg, l'objet d'une ovation. « Un char de triomphe tiré par quatre chevaux, orné de feuilles de chêne, et des femmes décorées Jes couleurs tricolores » allèrent à leur rencontre. — Au citoyen 'Boisset, représentant du peuple en commission dans le département de VAin; l'>.lley. Kindelem, 20 p. in-4». — Ph. L.D.

) Gouly avoit désorganisé en nivôse, an 2», le district de Belley, en chassant tous les Hébertistcs et les fripons dont Bonnet étoit le chef, lagot l'ami intime!! {Note de Gouly.)

Un des plus alertes compagnons de Blanq- Desisles, le citoyen Faguet, appelé à lui succéder dans ses fonctions d'agent national de la commune, revint à point de Paris à Bourg pour donner une certaine originalité à la fête du 14 juillet. Voici le programme qu'il proposa et fit adopter à la séance du 23 messidor :

Art. le»-. — En exécution de la loi du 18 floréal, dont il a été fait lecture, il sera célébré dans cette commune le sextidi 26 du courant ou soit 14 juillet (vieux style) une fête en mémoire de la prise de la Bastille au 14 juillet 1789 (v. s.).

Art. il — Il sera dressé au Temple de la Raison un autel, au milieu duquel sera élevé un arbre chesne vif, surmonté du bonnet de la Liberté. Cet autel sera orné de tous les emblèmes de la République. Il sera attaché sur le corps du cAe^ne deux inscriptions, l'une portant ces mots : A l'amour de la Patrie 1 et l'autre portant ces mots : A l'Être suprême et à la Nature !...

Autour de l'autel seront élevés quatre piédestaux. Sur le premier sera placé un vieillard qui écoutera attentivement un volontaire placé sur le second, qui lui racontera toutes les victoires remportées par les armées de la République sur les esclaves réunis. — Sur le troisième sera placée une femme enceinte, entourée de ses enfants qu'elle offrira généreusement à la patrie et qui chantera des hymnes à la Liberté. — Sur le quatrième sera placée une femme de quarante ans, aux pieds de laquelle sera placé son fils mort pour la patrie et, à son côté, un autre fils ayant un sabre à la main et brûlant du désir de venger la mort de son frère. Cette femme gémira un moment sur la

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