CHAPITRE V
Le Comité la regardant dangereuse a tarreté^ qua la diligence du commendant de la garde national il arrêterait la dite Bochard et que de suite il la conduirait en la maison de charité pour i rester jusqua nouvelle ordre (i).
Les Sans-Culottes ne s'en tiennent pas là. Furieux de la mésaventure de leurs chefs, ils essaient de soulever le peuple ; les chefs s'assemblent chez MéauUe, et, comme Ton craint qu'ils ne trompent la Convention en lui écrivant que la commune est en rébellion, un courrier lui est dépêché pour la prémunir contre leurs faux rapports.
Le lendemain, 18 thermidor, à deux heures du matin, arrive de Paris un agent du parti modéré, le citoyen Rousset, qui était parti le 5 prairial pour aller solliciter la punition des oppresseurs et avait porté à Gauthier-des-Orcières les preuves de leur tyrannie. Un membre du Comité de surveillance, qui se trouvait de garde, arrête la voiture et le-voyageur, prévient ses collègues, et comme Rousset déclare que sa voiture contient des papiers appartenant au représentant Boisset, le Comité, assemblé sur le champ, met la voiture en séquestre et envoie Rousset en prison, sous prétexte qu'il est parti sans passeport.
Cette brutalité exaspère les bons citoyens. Le soir, grand tumulte à la Société populaire ;
(i) (2opic textuelle du registre du Comité, séance du lythermidoran II.
échange de menaces et d'invectives entre les Jacobins et les tribunes. Des troubles sont à craindre pour la nuit. La municipalité veille à l'hôtel de ville et des patrouilles assurent la tranquillité publique.
Le 19 thermidor, Témotion générale augmente. Des bruits sinistres circulent de bouche en bouche : une nouvelle septembrisade se prépare ; les listes des victimes sont déjà dressées ; des hommes armés vont arriver de Gex pour protéger le massacre. Le Comité de surveillance constate ainsi ces propos insandieres :
// a paru au Comité les deux citoyenne Marie Dupont et Josette Dupont qui on déclarer que la citoyenne Gay vueve leur a dit que le représentant Meaulle faisoit venir des troupes pour faire guilliotiné tous les détenus etdiferent citoyen de la commune (i)
// a paru la citoyenne Griliet coutelière qui a déclarer que l'ont avoit fait une liste pour faire guilliotiné et que cétoit la citoyenne Page coifeuse qui lui avoit dit et de suite la citoyenne Page coifeuse a parus au Comité qui a déclarer que cétoit la citoyenne Goulioux^ matelasîere qui avoit la liste le Comité a fait venir la citoyenne Goulioux pour lentendre la dite Goulioux a parus au Comité qui a déclarer que cétoit vrais que Vont lui avoit dit mais quelle ne lavoit pas vu le Comité lui a invité a revenir le lendemain pour tacher a découvrir ceux qui lui avoit dit le Comité a arrêté qu'il feroit toutes les recherches nesesaire pour
(i Séance du 19 thermidor an II.