MÉAULLE
Le lendemain, 20 thermidor, dans la matinée, trois cents gardes nationaux du district de Gex ar-
(1) Séance du 21 thermidor an H.
(2) Registre des arrêtés des Représentants. — Auch. de l'xVin.
rivent, sous le commandement du capitaine Mathieu ; et, le soir du même jour, Boisset fait luimême son entrée dans notre ville.
Pourquoi ces trois cents hommes du pays de
Gex, dits les trois cents bons b à poil^
étaient-ils mandés à Bourg ? Etait-ce pour favoriser un massacre de détenus et de citoyens, ou simplement pour prévenir une émeute ?
Les partisans de Blanq-Desisles et compagnie repoussent naturellement Tidée de complot et expliquent la présence de cette bande armée par la crainte d'une réaction. Pour appuyer leur manière de voir, ils disent : — que, s'il s'était agi d'un complot avorté, Méaulle, avant de partir, aurait contremandé les Gessiens; — que, pendant la journée du 20 thermidor, personne ne fut égorgé, quoique la ville fût entre les mains des autorités jacobines jusqu'à l'arrivée de Boisset ; — que Boisset jugea sans doute nécessaire la présence des Gcssiens, puisqu'il ne les congédia que le quatrième jour ; — enfin qu'un détachement de Gex avait été déjà envoyé à Belley dans un but de pacification.
A ces arguments il est facile de répondre : — 1° que Méaulle ne pouvait contremander les Gessiens sans donner l'éveil sur la véritable cause de leur marche sur Bourg et sans désespérer les frères et amis ; — 2° qu'il n'y eut personne de tué dans