‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 155 sur 254 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Et l'homme vertueux, malgré son innocence, Dans les cachots e'toit jeté.

Le sommeil avait fui cette triste demeure Où régnoient en tyrans des vizirs corrompus, Où, lorsque sur l'airain le marteau sonnoit l'heure, Il sonnoit un crime de plus.

Ces tigres inhumains, pour seconder leurs crimes, Avoient même appelé des complices nouveaux ; Encore un seul instant, et nous étions victimes Sous la hache de leurs bourreaux.

Mais le Dieu, qui sans cesse à notre sort préside, A voulu terminer des jours si nébuleux; Et Boisset, paroissant, de ce volcan perfide A bientôt amorti les feux.

Aussitôt qu'on l'entend, renaît la confiance ; Les tyrans subjugués sont frappés de terreur; Le peuple satisfait se livre à l'espérance, Et lui demande le bonheur.

Bientôt il a frappé les brigands homicides ; Le patriote échappe à leurs férocités ; Bientôt il met un frein aux projets parricides Qu'entre eux ils avoient concertés.

Alors d'un jour brillant l'on aperçoit l'aurore ; A des transports nouveaux tous les cœurs sont livrés ; On; embrasse, on se fête, on se rembrassc encore; De bonheur tous sont enivrés.

L'habitant des cités, celui de la campagne Sous les mêmes drapeaux sont bientôt réunis, Et tous prêtent serment d'être de la Montagne Les bons et fidèles amis.

Despotisme insolent, ton règne affreux expire, Renonce à l'espérance, ici tout est changé ; La vertu se console, et le peuple respire En attendant qu'il soit vengé.

Périsse jusqu'au nom de l'infâme anarchie ; Il faut, pour être lîl)re, être esclave des loix ; Chérissons la justice, adorons la patrie. Conservons la haine des rois.

De ses propres poignards, perçons le fanatisme ; Que les bons soient connus, les coupables punis ; Jurons guerre éternelle au noir fédéralisme ; Jurons d'être toujours unis.

Mais si les oppresseurs, ramenant l'esclavage, Parvenoient à régner encor dans ce canton, Jurons que de Brutus nous aurons le courage Ou le désespoir de Caton.

Gabriel Moyria (i). r

Un ordre de mise en liberté portant : Les frères Moyria, ne fut appliqué qu'au père et aux

oncles du poète. Celui-ci, laissé en prison avec sa i

mère à Nantua, n'obtint sa délivrance définitive j

que le 26 vendémiaire an III, et encore, d'après '

son biographe, grâce à Tintervention du général |

Jeannet devenu son beau-frère. Boisset, poète |

(I) 4p. in-8.-Ph.L. D. f

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