‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 159 sur 254 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Le fameux Bonnet.de 'Belley; son prétendu dialogue avec Gouly sur Robespierre ; sa proclamation sur le projet de massacre de quarante-deux citoyens. — Mise en liberté de M. Buget. — Arrêté sur les cloches^ inexécutable dans notre pays. Vol administratif continué dans le district de Nantua. Rigueur de ce district à regard du maximum. — Méfaits des officiers municipaux de 'Bourg; prédication de R.-M. à Meillonnas contre le fanatisme. — Réorganisation administrative du département, du district et du chef-lieu. — Mea culpa de G. ; dénonciation de sa conduite par les habitants de Fleyriat. — Statues de Sélignac dénoncées par l'agent national de Simandre. Dilapidation de la sacristie de 'Brou. — Enquête ordonnée sur les actes des Terroristes. "Bourg pacifié. — Le comédien Jouffroy. Les épaulettes de Rossand.

L'un des cinq Bugistes arrêtés, signataires de la supplique du 27 thermidor, le fameux Antoine Bonnet^ l'homme universel, tour à tour ou cumulativement limonadier, fermier des fours banaux, directeur de la poste, administrateur du directoire de Belley, président de la Société des Sans-Culottes, commandant de la garde nationale, secrétaire du Comité de surveillance et agent national du district, doit fixer un instant notre attention. Sa correspondance comme agent national va nous édifier sur sa nature intrigante et sur le projet de massacre tramé à Belley comme à Bourg.

lyO DIX-HUITIEME ÉPOQUE.

Nos Jacobins avaient juré la perte de Gouly et saisissaient toutes les occasions de le dénoncer ; mais notre ancien commissaire triomphait toujours de leurs calomnies en produisant d'honorables témoignages en sa faveur (voir la troisième édition de son Compte rendu). Le neuf thermiidor inspira une nouvelle attaque des plus ridicules. Bonnet, intervertissant les rôles, accuse Gouly d'être partisan de Robespierre, et il se vante, lui, d'avoir voulu poignarder le dictateur. Voici le dialogue qu'il suppose avoir eu avec Gouly le 2 nivôse, et qu'il insère dans sa lettre du 14 thermidor au Comité de Sûreté générale :

Connois-tu Robespierre, lui aurait demandé Gouly. — R. Oui, Représentant. — D. Que penses-tu de lui ? — R. Qu'il paroît s'être bien conduit jusqu'à présent. — D. Mais ne lui connoîs-tu pas des qualités extraordinaires? — R. Je crois que Robespierre a beaucoup d'esprit et qu'il s'emploîra utilement à la chose publique. — D. Eh bien, moi, je te déclare que je suis son digne émule et que je suis charmé de l'avoir trouvé dans les hauts sentiments que je m'étois formé de lui à deux mille lieues d'ici, et que je le regarde comme l'homme unique. — R. Représentant, si je sçavois qu'il fût l'homme unique, je partirois demain pour le poignarder; il n'en faut point dans une répu-1 blique (i).

(i) Registre de correspondance de l'agent national du district de 'Bel- .ey. — Arch. de l'Ain.

La lettre entière se trouve dans le Compte rendu de Gouly, 3» édition, p. 387.

Page 1